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Cannabis au Canada

Jodie Emery : « Le gouvernement canadien ne veut pas que les gens aient accès au cannabis »

Jodie Emery
Les réflexions actuelles des différentes provinces canadiennes sur la future légalisation du cannabis en 2018 inquiètent actuellement les partisans de la légalisation. Interdiction de l’autoculture, monopole d’Etat confié aux alcooliers, suppression des dispensaires privés… Les Canadiens craignent aujourd’hui que la légalisation ne rapporte qu’à un petit groupe de personnes, et pas forcément celles qui se sont battues pour.
Jodie Emery est de celles-là. Militante de longue date, aux côtés de son mari Marc Emery, elle tire aujourd’hui la sonnette d’alarme.
Quelles sont vos préoccupations actuelles concernant les plans de légalisation dévoilés par le gouvernement de l’Ontario (ici) ?
La plupart des personnes sont inquiètes de la déclaration du gouvernement de l’Ontario d’utiliser davantage de répression sur l’industrie cannabique existante, pour essayer de la remplacer par un monopole d’Etat de vente de cannabis. Cela coûtera aux contribuables des millions de dollars pour le mettre en place, et les forcera à subventionner une bureaucratie gouvernementale qui coûte des centaines de millions de dollars, alors que le gouvernement admet lui-même qu’elle ne pourra pas satisfaire toute la demande ou générer de revenus.
Etes-vous la seule à vous inquiéter ?
Il y a une forte mobilisation de différents groupes et associations. Les dispensaires de cannabis sont très inquiets par la promesse de raids et d’arrestations plus brutales. Les cultivateurs de cannabis sont aussi inquiets.
La police dit qu’elle n’a pas assez de moyens pour faire respecter les futures lois sur le cannabis, ce qui a mené de nombreuses personnes à se demander : « pourquoi la police devrait faire respecter la loi contre quelque chose qui ne sera plus illégal ? ». Il devient cependant clair pour les avocats, les militants, les patients, les producteurs autorisés de cannabis médical (qui prévoient de fournir du cannabis récréatif, même s’ils ne peuvent déjà pas fournir tous leurs patients) et les organisations touristiques, publicitaires… que les lois sur le cannabis seront très strictes et répressives à tous les niveaux de gouvernement.
Pourquoi interdire les petits dispensaires de cannabis ? N’est-il pas possible de les réguler ?
Le gouvernement veut contrôler et tirer profit du cannabis, et veut restreindre et limiter son accès. Il ne veut pas que les gens aient accès au cannabis, pour de nombreuses et complexes raisons. Les dispensaires et les militants faisant preuve de désobéissance civile ont gagné devant les différentes cours canadiennes, jusqu’à la Cour Suprême du Canada, avec finalement une réforme des lois sur le cannabis.
Le gouvernement ne veut pas admettre que sa guerre contre le cannabis était injuste, il continue donc à le diaboliser et à punir l’industrie et la culture actuelles pour justifier ses actions précédentes, et ses plans pour le futur.

Les dispensaires veulent être encadrés et légaux, et dans certains endroits comme Vancouver ou Victoria en Colombie-Britannique, le Canada a mis en place cette régulation. Il est possible de le faire mais certaines villes comme Toronto ont décidé de bannir et de criminaliser les dispensaires.

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Le gouvernement pourrait-il changer d’avis maintenant qu’il a annoncé ses plans ? Comment ?

Nous espérons que le lobbying et les voies de recours légales auront un impact. Les voies légales sont le seul moyen par lequel nous avons avancé, nous allons donc voir un certain nombre de stratégies pour défier les plans de monopole du gouvernement. Même sous la prohibition, notre communauté a grandi et gagné du terrain, donc quoiqu’il nous arrive dessus, nous continuerons à promouvoir le cannabis pour sauver des vies et améliorer notre monde.

Est-ce que l’Ontario ne serait pas déjà victime des entreprises du Big Cannabis (les producteurs de cannabis médical), alors même que le marché n’est pas ouvert ?
Il y a définitivement une grande influence des producteurs autorisés de cannabis médical, qui ont aujourd’hui la possibilité de cultiver et de vendre du cannabis aux patients grâce aux victoires des patients et des activistes. Big money a infecté le monde du cannabis au Canada, et l’inquiétude est que le Green Rush se soit transformé en Greed Rush (de la course à l’or vert à l’avidité).
Je crois au libre choix et au marché libre, mais tant que certaines entreprises font pression sur le gouvernement pour une exclusivité, ou des avantages injustes, l’industrie du cannabis sera pleine d’injustices.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Cannabis au Canada

Santé Canada suspend les licences de Canntrust et d’Evergreen

Suspension de licence pour CannTrust

CannTrust a annoncé avoir reçu un avis de suspension de licence de Santé Canada en réponse à la non-conformité de ses installations de production et de culture.

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« Les inspecteurs de Santé Canada ont remis les avis de suspension à CannTrust Inc. aujourd’hui, et saisissent et retiennent tous les produits à base de cannabis sur les deux sites », a déclaré Tammy Jarbeau, porte-parole de l’organisation gouvernementale, dans un email à MJBiz Daily.

« Santé Canada continuera de surveiller de près les actions entreprises par CannTrust Inc. et réévaluera le statut de la licence de la société à mesure que de nouvelles informations seront disponibles », a ajouté M. Jarbeau. « Santé Canada peut également déterminer que des mesures supplémentaires de conformité et d’application sont justifiées. »

CannTrust conserve pour l’instant son droit de cultiver et récolter les plantations en cours, mais pas d’en cultiver de nouvelles ou de vendre du cannabis.

Côté Evergreen Medical Supply, Santé Canada a suspendu la capacité d’Evergreen de « cultiver, transformer et vendre du cannabis, des plantes et des graines de cannabis fraîches et séchées » comme rapporté par Bloomberg.

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« Le 9 août, Santé Canada a suspendu les licences d’Evergreen Medicinal Supply afin de protéger la santé et la sécurité du public, notamment d’empêcher que le cannabis ne soit détourné sur le marché illégal, en raison du non-respect de certaines dispositions de la Loi sur le cannabis et du Règlement sur le cannabis » a expliqué Tammy Jarbeau.

Evergreen, producteur de cannabis basé en Colombie-Britannique a répondu «travailler à des mesures correctives» à la suspension de sa licence.

Les inspecteurs de Santé Canada ont effectué une inspection inopinée dans les locaux de la société à Saanichton, en Colombie-Britannique en avril. L’inspection a révélé «un certain nombre d’observations critiques et une classification globale non conforme» liée aux pratiques de production de la société, à la tenue des registres, au contrôle des stocks et au respect des contrôles de licence. L’entreprise aurait également des impayés de loyer ainsi qu’un bail expiré.

Evergreen a reçu sa licence de vente de cannabis médical en mars 2017 et a principalement pour but de produire du cannabis pour d’autres producteurs de licences agréés. Evergreen exploite une installation de 600m² et avait prévu de tripler sa surface de culture.

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