Top 10 : rap français et cannabis

Rap français et cannabis

Le rap et la fumette, c’est une grande histoire d’amour qui ne date pas d’hier. De nombreux rappeurs, depuis les débuts de cette musique en France, ont répété jusqu’à plus soif qu’ils étaient particulièrement friands de cannabis. D’abord par un morceau consacré au thème pour la première génération (Pass pass le oinj de NTM, Le Shit Squad pour IAM, etc) puis via des allusions de plus en plus présentes au gré des textes.

Si la mode est passée à la cocaïne ces derniers temps (pas pour revendiquer la consommation mais la vente, souvent fantasmée d’ailleurs, m’enfin c’est pas le sujet), les références au THC et tous ses dérivés restent une valeur sûre du rap français, et cela ne semble pas prêt de s’arrêter.

L’addiction : Alkpote

En général Alkpote n’a pas franchement l’habitude de faire des morceaux à thème, ce qui est assez logique vu son style d’écriture qui repose avant tout sur des enchaînements de phrases outrancières souvent drôles. Mais si l’on a tendance à retenir le côté cul et cru de ses rimes, le second élément le plus récurrent est assurément la très forte consommation de THC du rappeur d’Evry, et ça depuis toujours. Vu qu’il est un acharné des rimes sur plusieurs syllabes, c’est sans doute celui qui a cité le plus de variété de weed tout au long de ses morceaux, ne serait-ce que parce que c’est une source intarissable d’inspiration pour ses assonances. L’autre particularité c’est qu’il assume, au micro comme en interview, être « addict », sans aucun complexe. Il a précisé qu’il avait écrit ses meilleurs textes quand il était défoncé, tout en précisant qu’il n’en était pas spécialement fier.

L’habitude : Sinik

Désormais retraité du rap (il s’est reconverti en patron de salon de tatouage), Sinik avait lui aussi tendance à mentionner régulièrement son amour des gros joints, dans un bon nombre de morceaux, qu’ils soient egotrips, descriptifs ou autres. Souvent de manière amusée ou désinvolte (« petit collage à droite et décollage à trois »), mais aussi de façon beaucoup plus grave et sombre, en insistant sur les mauvais côtés (« j’ai grandi l’esprit en décalage, la drogue n’a rien de douce quand elle te scotche au carrelage »). Le point culminant a été le story-telling Mon Pire Ennemi, où il personnifie le cannabis comme un faux frère qui attire les gens avant de les trahir.

La constance : Rim’k

Rim’K a, comme bien d’autres présents dans ce top, très souvent fait allusion à sa consommation régulière de cannabis au détour de nombreuses rimes dans des morceaux qui ne portaient pas forcément principalement sur ce thème, et ça depuis ses débuts dans la musique. Mais il a également consacré des sons entiers au sujet, depuis la fin des années 90. Outre le story-telling parodique Réservoir Drogues où lui et son compère AP s’associaient à Monsieur Skunk et Monsieur Popo pour tuer Monsieur Coke et ses comparses, on compte entre autres L’apérispliff, Big Fumée, Demain j’arrête pas, Cellophané, on en passe. C’est devenu un passage obligé à chacun de ses projets et le moins que l’on puisse dire c’est que le bonhomme est systématiquement inspiré. Sans parler des clips qui font saliver tous les fumeurs, qu’ils soient tournés en Hollande ou pas.

Récemment il a même développé le concept Weed Life, avec des t-shirts dédiés.

Le trafic : Lim

Comment oublier l’interlude sur l’album de son groupe Movez Lang et son classique « ça sent le shit, on peut dire que ça sent LIM » ? Avec lui, on bascule clairement du côté trafic affirmé et revendiqué haut et fort, dans un nombre impressionnant de morceaux. Ici c’est la quantité qui retient l’attention : pendant près de dix ans, il était très difficile de trouver un seul couplet du rappeur de Boulogne qui ne fasse pas au moins une petite allusion au fait de vendre du shit. Contrairement au conseil « never get high on your own supply », le MC a toujours mis en avant le fait de fumer lui-même à outrance, partout, tout le temps. Ce n’était pas une posture de sa part, il avait réellement un joint à la bouche dans absolument toutes ses interviews jusqu’à il y a peu de temps.

L’évasion : Nessbeal

Chez Nessbeal, le fait de fumer est souvent établi comme une toile de fond, qui imprègne des morceaux entiers sans forcément être martelé toutes les quatre mesures. Cela participe autant à l’état de grâce du rappeur qui semble nous parler d’un autre monde totalement perché, qu’au côté très triste de tous ses morceaux. Dans la seconde partie de sa carrière, il a tenté des morceaux plus ouverts et positifs, mais sans se départir de son hobby favori, ce qui a donné notamment la reprise de Kid Cudi intitulée Amnezia, consacré intégralement au fait de planer grâce à la fumette forcenée.

Le quotidien : Octobre Rouge

Les rappeurs du groupe Octobre Rouge ont décliné le thème sous presque toutes les coutures. La pénurie (P-p-pénu), le deal, les clients (Le Ien), la plantation (Hydro), et bien sûr le voyage à Amsterdam, incontournable. Le clip illustrant le morceau a beaucoup fait parler à l’époque pour son côté réaliste. A noter que dans la version audio de Week-End à Meuda, il y avait une outro où les rappeurs énuméraient absolument toutes les drogues qui existent dans le monde, avant de conclure « et avec tout ça, ils continuent de casser les couilles pour un joint ? ».

Le festif : Experty

Sans doute les moins connus de la liste, mais attention à ne pas les négliger. Sobre et Béocéa sont deux rappeurs originaires du Calvados, ce qui pourrait faire sourire certains mais qui nous amènent à un point essentiel. Contrairement aux banlieusards franciliens, ils ont accès à de l’herbe de qualité, à bas prix, et cela très facilement puisqu’un de leur pote avait sa propre petite plantation maison. Sur tous leurs projets ils ont mis en avant leur consommation récréative de cannabis sans jamais se prendre la tête. Influencés à l’époque par le mouvement hyphy de San Francisco, ils ont signés plusieurs hymnes joyeux sur la défonce.

L’anti-dépresseur : PNL

La musique de PNL est ultra-planante, et beaucoup de fumeurs apprécient leur côté cloud-rap. Mais ça, c’est juste la musique. Dans leurs textes, le cannabis est ici à la fois un remède à la misère (il y a aussi une allusion à de la cocaïne dans Je vis je visser, mais c’est la vente de shit et d’herbe qui est mise en avant 99 % du temps), mais aussi une addiction qui ne procure plus spécialement de plaisir, c’est juste un passe-temps faute de mieux, qui trompe à peine l’ennui et la déprime. Concrètement, Ademo et N.O.S ont au moins un joint à la main à chaque apparition dans la quasi-totalité de leurs clips, mais il n’y a presque jamais rien de joyeux ou de récréatif dans leur façon de le montrer. C’est juste une réalité comme une autre. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les références se font légèrement plus discrètes sur le dernier album, sauf quand les textes parlent clairement de leur vie avant le succès.

L’auto-médication : Jul

Chez Jul, fumer est une activité qui peut aller d’une ambiance de bonne humeur ou de réflexe naturel jusqu’au remède assumé contre le blues. Et vu que le rappeur pratique un rap souvent très émotif et triste, cet usage revient assez souvent, pour échapper à ses problèmes, ses angoisses, etc. Tandis que, dans des textes plus festifs, le rappeur ne développe jamais vraiment le côté positif que ça lui apporte, il se contente d’une rime. C’est en réalité voulu, comme il l’avait expliqué en interview : « je vais te dire la vérité, j’ai fait le son Amnésia pour tous ceux qui fument de la beuh. Mais moi j’aime pas… Je veux pas inciter, montrer ça aux gens. Tu vois dans ma vie, si je vois un fan dans la rue et que je suis en train de fumer, je cache tout. C’est comme si je voyais ma mère, je respecte. Ce son est pour les gens qui fument déjà, en fait. Je respecte les gens sur ce point-là. Moi ça m’aide, des fois tu vois t’es en crise, en crise noire. Tu fumes une ou deux barres, tu es bien, tu es loin… Le son parle de lui-même.»

La flambe : Kaaris

Kaaris lui, est à fond dans l’egotrip, souvent ironique ou teinté d’humour. Il fume régulièrement mais utilise les références aux joints et au cannabis en général dans des figures de style, la plupart du temps. C’est ainsi qu’on apprend qu’il aime draguer « sous amné », mettre de la beuh dans sa chicha, comparer l’allumage de son joint à celui de la flamme olympique, faire rouler ses joints par des bitches, etc.

Le firmament étant bien sûr l’enchaînement improbable : « Je te bouffe la schneck comme une viennoise, en même temps je fume ma O.G. Kush, en même temps j’attrape une grosse mouche avec une paire de baguettes chinoises ».

 

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