Les consommateurs de cannabis ont une irrigation anormale du cerveau

Cannabis et irrigation du cerveau

Une étude de novembre 2016 sur le cerveau de 982 consommateurs de cannabis, avec un trouble de consommation, a trouvé qu’ils avaient tous des niveaux de flux sanguins anormaux, supérieurs ou inférieurs à la moyenne selon les régions du cerveau.

Beaucoup avaient également des niveaux de sang anormaux dans les zones affectées par la maladie d’Alzheimer comme l’hippocampe.

L’étude a été publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, une revue sérieuse consacrée à la maladie d’Alzheimer, et qui étudie régulièrement les possibilités de traitement de la maladie avec le cannabis.

Les chercheurs ont donc comparé les cerveaux de 982 consommateurs de cannabis avec ceux de 92 non-consommateurs. Les différences d’irrigation sanguine du cerveau étaient suffisantes (0,05%) pour clairement identifier si un cerveau appartenait à un consommateur ou un non-consommateur. La zone la plus touchée était l’hippocampe droit, et pouvait révéler à 95% la distinction entre les deux groupes.

L’hippocampe est une région du cerveau qui joue un rôle prépondérant dans la mémoire et la navigation dans l’espace. Les troubles de la mémoire observés chez certains consommateurs sont souvent reliés à cet effet du cannabis sur le cerveau. On pense également que l’hippocampe joue un rôle important dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

« Nos travaux suggèrent que la consommation de cannabis influence le cerveau, en particulier les régions importantes dans la mémoire et l’apprentissage, et connue pour être affectées par Alzheimer » a expliqué la co-auteure de l’étude, le Dr Elisabeth Jorandby.

L’éditeur-en-chef du Journal of Alzheimer’s Disease a, lui, déclaré que « la consommation régulière de cannabis, à travers les légalisations, révélera le large éventail des bienfaits du cannabis sur la santé humaine. Cette étude indique des effets troublants sur l’hippocampe qui pourraient être avant-coureurs de problèmes au cerveau ».

Le Dr Daniel Amen, créateur d’une clinique d’où venait certains patients de l’étude, suggère que « nos recherches montrent que le cannabis peut avoir des effets négatifs significatifs sur la fonction cérébrale. Les médias ont donné l’impression que le cannabis est une drogue récréative sûre, cette recherche remet en cause directement cette notion. Dans une autre étude [sortie en novembre], les chercheurs ont montré que la consommation de cannabis triplait le risque de psychoses. La prudence est de mise ».

La prudence est donc de mise, comme pour toute substance psychoactive. Il nous manque malheureusement les détails de consommation des 982 personnes, pour voir à partir de quel moment la consommation engendre un tel effet sur le cerveau. L’étude parle d’ailleurs de Persons with a diagnosis of cannabis use disorder by DSM-IV and DSM-V criteria, donc de consommateurs avec une consommation abusive et une dépendance.

Un article du Figaro fait le lien entre cette étude et l’augmentation récente du nombre d’AVC chez des sujets jeunes aux Etats-Unis et en Europe, sujet principal des études de Valérie Wolff, neurologue aux hôpitaux de Strasbourg et qui lancera une étude en France sur le sujet, que nous suivrons bien sûr de près.

La seule chose qu’on pourrait reprocher au Figaro dans cet article, outre sa vidéo d’une bêtise crasse et sans rapport avec le sujet, est ce morceau de phrase : « aucune étude clinique n’a encore démontré un quelconque intérêt thérapeutique de ce produit ». On les invite donc volontiers à lire 5 bienfaits méconnus du cannabis sur la santé ou Le Royaume uni classe le CBD comme un médicament. Le cannabis n’est certainement pas une plante miracle, mais nier totalement les possibilités de traitement ne sert pas vraiment la cause prohibitionniste au vu des récentes recherches sur le sujet.

Le timing de cet article est également intriguant. Alors que le JDD relayait l’appel de 150 personnalités marseillaises à légaliser le cannabis dimanche dernier, Le Figaro choisit aujourd’hui de faire remonter une étude de novembre 2016. Coïncidence ?

 

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