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Cannabis en France

150 personnalités marseillaises demandent la légalisation contrôlée du cannabis

Marseille appelle à la légalisation du cannabis

Dans une tribune publiée hier dans le Journal du Dimanche, 150 personnalités marseillaises demandent la fin de la « prohibition du cannabis », qui est pour eux responsable des « trafics très organisés » qui gangrènent la ville de Marseille et des nombreux règlements de compte qui ont fait 27 morts en 2016.

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Parmi les signataires, Patrick Menucci, qui demande depuis de nombreuses années, à l’Etat, de faire évoluer sa législation sur le cannabis, mais aussi de nombreux médecins et référents sanitaires qui s’inquiètent des conséquences sur la santé publique de la consommation d’une drogue possiblement frelatée, et de sa surconsommation sans politique de prévention sanitaire.

Pour tous, l’interdiction du cannabis est un échec, autant du point de vue de la répression inefficace, que du gaspillage des forces policières et judiciaires.

Les signataires appellent donc à une « légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays ». Cette régulation par l’Etat permettrait notamment de mettre fin aux réseaux mafieux, de réaliser des économies substantielles relatives à la justice et à la police, de taxer la vente de cannabis qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, et d’organiser une nouvelle production qui créerait des emplois dans l’agriculture.

Dans le contexte actuel des élections présidentielles, cette tribune veut sensibiliser les potentiels candidats à un sujet peu abordé, alors que près de 5 millions de Français fument au moins un joint par an.

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Côté Les Républicains, le candidat François Fillon reste pour l’instant sur une ligne très dure sur ce sujet. A gauche, Benoît Hamon est le seul candidat PS à avoir inscrit dans son programme la légalisation du cannabis, alors que Jean-Luc Mélenchon, qui ne passera pas par les primaires de la Gauche, s’est également exprimé très clairement en faveur d’une régulation du cannabis par l’Etat.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

5 Commentaires

5 Commentaires

  1. Infodrogue

    9 janvier 2017 à 14 h 41 min

    Il est essentiel de réfléchir à partir de données stables basées sur le bon sens et non sur des opinions « simplistes » rabâchées à travers une propagande incessante : « la prohibition a échoué », « la guerre à la drogue est un échec, place à la paix », « il faut couper l’herbe sous les pieds des dealers », « il faut assécher les réseaux criminels », « il faut attaquer les dealers au portefeuille »… Etc.
    Si c’était la « prohibition » qui est la cause de cette consommation, comment pourrait-on expliquer que les pays qui ont une législation très stricte sur ce sujet comme la Suède, la Finlande, la Norvège, la Grèce, Chypre, la Roumanie… Bref les autres pays d’Europe qui ont une législation similaire, soient les pays où la consommation est la plus faible d’Europe (moins de la moitié de la moyenne européenne) ?
    Comment pourrait-on expliquer que la consommation de cannabis ait baissé pendant 8 années consécutives (de 2005 à 2012) alors même que la loi n’a pas changé depuis 1970 ?
    Pour qu’une société puisse survivre, il est indispensable que le comportement de ses membres soit régi par des lois. Ces lois sont faites pour protéger l’individu comme les membres de la société afin d’en assurer la survie.
    Comme exemple simple, on pourrait se demander ce qui se passerait s’il n’y avait pas de code de la route : bien sûr que de griller un feu rouge pourrait n’avoir aucune conséquence s’il n’y avait personne de l’autre côté ! Ceci pour répondre à ceux qui disent que « fumer un joint de temps en temps chez soi est sans danger pour les autres », ce qui, au demeurant est faux et témoigne d’une profonde ignorance de ce qu’est le cannabis.
    Mais accepteriez-vous de circuler en voiture si le code de la route n’existait pas, si vous risquiez à chaque virage de trouver quelqu’un en face de vous ?
    La nécessité d’une loi qui interdise les comportements dangereux s’impose donc d’elle-même de par le simple bon sens.
    Il reste donc à décider si « oui » ou « non » le cannabis est dangereux pour la société…
    Et là TOUTES les études scientifiques sérieuses le confirment : le cannabis est dangereux pour l’individu comme pour la société dans laquelle il vit ! Et ces dangers sont pour la plupart largement sous-estimés, voire ignorés par la plupart des gens, qui sont abreuvés sans cesse par une propagande qui est loin d’être innocente !
    Pour parler des dangers de la consommation de cannabis il y a :
    • Les conséquences physiques,
    • Les conséquences psychiques et
    • Les conséquences génétiques c’est à dire qui vont altérer les générations futures.
    Tout cela est su, documenté et ne peut être remis en cause : les conclusions des études ne sont pas de vagues conditionnels mais des certitudes.
    Toutes les expériences de légalisation/dépénalisation qui ont été tentées à travers le monde se sont soldées par un échec cuisant et n’ont jamais fait diminuer la consommation. Comment pourrait-on imaginer qu’il en serait autrement en France ? Comment peut-on raisonnablement ignorer les multiples tentatives en ce sens, en particulier pour les états des USA qui ont légalisé récemment ?
    Je ne parle pas ici des « fanfaronnades largement relayées par les médias concernant « le pognon qu’ils gagnent » mais de statistiques réelles concernant l’évolution de la consommation depuis la légalisation : les résultats sont sans appel ! Voir le rapport officiel de l’HIDTA du 1er septembre 2016 sur les conséquences de la légalisation au colorado…

    • NewsWeed

      9 janvier 2017 à 15 h 04 min

      Oui, enfin le Code de la route n’interdit pas la conduite pour autant, il la régule, tout en étant conscient des risques d’accident. Votre exemple est tellement mauvais que vous tombez malheureusement dans les travers inverses des personnes que vous ciblez.

      « Toutes les expériences de légalisation/dépénalisation qui ont été tentées à travers le monde se sont soldées par un échec cuisant » > vous connaissez le Portugal ?

      • Infodrogue

        9 janvier 2017 à 19 h 40 min

        Le code de la route n’interdit pas la conduite, certes, il s’agissait d’un raccourci pour parler des comportements que le code de la route interdit, comme de rouler à gauche, griller des feux rouges, passer une ligne blanche… qui ne provoquent pas nécessairement un accident s’il n’y a personne en face. Ceci pour répondre à ceux qui disent que « fumer un joint de temps en temps chez soi est sans danger pour les autres », ce qui, au demeurant est faux et témoigne d’une profonde ignorance de ce qu’est le cannabis.
        Pour ce qui est du Portugal, il n’a jamais légalisé une drogue quelconque. Cependant, alors que la plupart des pays européens ont vu une augmentation de la consommation de cannabis de 8% en 10 ans, au Portugal elle n’a pas eu lieu…
        Mais il y a eu en parallèle une augmentation de 1400% de la consommation de Méthadone, signe d’une augmentation drastique de la consommation d’opiacés, augmentation exponentielle de SIDA, une augmentation de la consommation de cocaïne, des trafics… qui en ont fait le premier narco-état européen. Merci de lire à ce propos les statistiques officielles de l’OEDT.
        Je confirme donc que toutes les tentatives se sont soldées par un échec cuisant et… que ce sont les enfants qui en ont fait les frais …

        • NewsWeed

          10 janvier 2017 à 11 h 47 min

          Vous jouez sur les mots et ne donnez aucun exemple. Vos arguments seraient-ils creux ?

          Pouvez-nous donner plus d’éléments sur > « « fumer un joint de temps en temps chez soi est sans danger pour les autres », ce qui, au demeurant est faux et témoigne d’une profonde ignorance de ce qu’est le cannabis »
          Dire qu’une chose est fausse ne le rend pas faux. Présumez que nous soyons ignorants et expliquez-nous ce qu’est le cannabis.

          Concernant le Portugal, je vous cite, « Toutes les expériences de légalisation/dépénalisation qui ont été tentées à travers le monde se sont soldées par un échec cuisant ». Le Portugal a bien dépénalisé toutes les drogues il y a 15 ans. Nous n’avons pas parlé de légalisation, mais de dépénalisation, comme vous le citez.
          Quant à l’échec cuisant, le Portugal a vu sa consommation globale de cannabis baisser, et notamment chez les jeunes qui ont vu l’âge de leur première consommation reculer. Les transmissions de MST et autres saloperies d’hépatite et de VIH/SIDA ont diminué, tout comme les overdoses (de moitié !).
          Que les consommateurs se détournent de l’héroïne pour aller vers la méthadone est au contraire le signe qu’ils retournent dans un schéma de toxicomanie « légal » suivi par les instances sanitaires, et qu’ils essaient de s’en tirer.
          Où est l’échec cuisant ?

          Le seul sujet sur lequel on s’entend avec vous est l’explosion des trafics. Mais à partir du même constat, je pense que nos conclusions divergent. Cette hausse des trafics est due avant tout au fait qu’il n’existe aucun circuit légal de production et de distribution des drogues. La dépénalisation est une solution qui s’intéresse à la demande, sans s’attaquer directement à l’offre. Une légalisation et une régulation par l’Etat permettraient peut-être de s’attaquer de front aux divers trafics (c’est en tout cas ce qu’on observe actuellement aux Etats-Unis).

          • Telpo

            10 janvier 2017 à 13 h 25 min

            L’auteur de ce post ridicule est M Robert galibert, scientologue… ceci explique cela…

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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