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Santé

Raphael Mechoulam présente une technologie révolutionnaire pour synthétiser des cannabinoïdes acides

Raphael Mechoulam

Raphael Mechoulam, le père du cannabis médical, a souvent confié sa déception après avoir été le premier à synthétiser le CBD et le THC en 1963 et 1964, puis à réaliser des essais cliniques sur le CBD et l’épilepsie en 1980. La communauté scientifique ne s’est en effet jamais emparée de ses travaux, avant que le cas de Charlotte Figi ne remette le CBD sur la scène de l’épilepsie infantile.

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«Nous aurions pu aider beaucoup d’enfants avec le cannabidiol depuis de nombreuses années», déplore-t-il, expliquant le retard par le manque d’acceptation de ses études. Il espère néanmoins que sa dernière découverte trouve des débouchés plus rapidement.

Raphael Mechoulam a présenté lundi dernier un processus permettant de créer des cannabinoïdes acides synthétiques et stables, qui incluent des versions acides du CBD et du THC, pour le développement de médicaments visant à traiter des pathologies comme le psoriasis, l’arthrite, l’anxiété ou les maladies inflammatoires de l’intestin.

La recherche est le produit d’une start-up américaine appelée EPM, en partenariat avec Mechoulam, six universités israéliennes, le Royaume-Uni et le Canada, la plus grande entreprise de crème topique au monde et une société de laboratoire cotée en bourse.

Des applications multiples

Dans une étude publiée en 2018 par le British Journal of Pharmacology, Mechoulam et ses co-auteurs décrivaient un composé synthétique, l’ester méthylique de l’acide cannabidiolique (appelé HU-580 dans le document) qui s’avérerait plus efficace que le CDB. Les tests cliniques initiaux ont en effet montré que la version acide du CBD donnait des résultats équivalents, voire supérieurs aux traitements existants, sans les effets secondaires, donnant à imaginer «un médicament capable de traiter certains troubles de la nausée et de l’anxiété».

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L’acide cannabiolique (CBDa) d’origine naturelle est 1000 fois plus puissant que le CBD dans sa capacité à se lier à un récepteur particulier de la sérotonine qui atténue les nausées et l’anxiété. Sa grande contrainte est qu’il est fortement instable et disparaît à la chaleur, par exemple lorsque la fleur de cannabis sèche ou entre en combustion, un processus appelé décarboxylation.

«C’est une molécule intéressante qui n’a potentiellement aucun effet secondaire», a déclaré Dan Peer, directeur général du Centre de médecine translationnelle et directeur du Centre de recherche sur la biologie du cancer à l’Université de Tel Aviv.

«Cela fonctionne comme un stéroïde. Si cela n’a pas d’effets néfastes, vous avez un substitut, ce qui est formidable », a déclaré Peer, évoquant les résultats des tests qu’il avait effectués sur les cannabinoïdes acides et les maladies inflammatoires de l’intestin.

Ziva Cooper, directrice de recherche de l’UCLA Cannabis Research Initiative, a déclaré que les recherches d’EPM confirment ce que beaucoup de personnes sur le terrain soupçonnent depuis longtemps au sujet des cannabinoïdes acides, mais qui n’avaient pu le confirmer en raison de leur instabilité.

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« Leur travail est assez novateur et s’appuie résolument sur ce que nous savons des effets thérapeutiques potentiels des cannabinoïdes », a déclaré Cooper, ajoutant que le composé pourrait être particulièrement efficace pour le contrôle de la douleur. Cooper a déclaré que bien que davantage d’essais soient nécessaires pour déterminer l’efficacité et la sécurité de la molécule sur les humains, les résultats d’EPM sont jusqu’à présent « assez encourageants ».

Les implications de cette découverte sont à peu près aussi larges que celles reliées au cannabis plante. Seuls des essais cliniques permettront de savoir quelles indications seront réellement efficaces.

EPM a déjà mené des recherches sur des cellules humaines et des rats et étudié l’effet de leurs molécules sur les malades inflammatoires de l’intestion, les maladies de la peau et les maladies métaboliques, en trouvant des taux d’efficacité similaires à ceux des stéroïdes ou à d’autres médicaments, sans les effets secondaires importants que ces médicaments peuvent avoir. Ils espèrent rapidement intégrer leurs substances actives dans des produits finis.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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