Israël veut devenir le leader de l’industrie high-tech du cannabis

Israël et l'industrie du cannabis

« Même si nous aimons beaucoup le cannabis, c’est un événement non-fumeur ». L’avertissement a lancé le premier jour des présentations et des tours de tables à la Cannatech, une conférence de 3 jours sur l’industrie du cannabis qui se déroulait début mars en Israël. Aucun space cookie n’était servi au déjeuner, plutôt des pitas et des bourekas turcs.

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Alors que la légalisation s’installe doucement en Israël et que les entrepreneurs et amateurs de cannabis lorgnent sur un marché qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars au niveau mondial, le but de cette seconde édition de Cannatech était d’ériger ce petit pays comme un réservoir de savoir-faire dans les domaines de la technologie, de la médecine et de l’agriculture.

Certaines start-up israéliennes ont déjà fait leur trou. Syqe Medical a développé un inhalateur capable de contrôler précisément les doses de cannabis et a récemment annoncé un investissement de 20 millions de $ de Philip Morris. Eybna isole et développe des variétés de cannabis adaptées à des affections spécifiques. Le cultivateur de cannabis médical Tikkun Olam a développé une plante sans effet psychoactif. Et Kalytera veut développer des médicaments pour traiter l’ostéoporose en synthétisant certains composés chimiques du cannabis.

« Nous voulons construire une cannatech, comme il existe déjà un excellence financière, publicitaire et toutes autres technologies pour lesquelles est connue Israël » dit Clifton Flack, le co-fondateur de iCan, l’organisateur de l’événement.

Et Israël a de quoi le faire. C’est un Israélien, Rafael Mechoulam, qui a isolé pour la première fois le THC, la substance psychoactive du cannabis, en 1964. Figure forte de l’industrie actuelle, Mechoulam a tenu à rappeler le besoin de plus d’études sur le cannabis. L’usage de cannabis comme traitement a été légalisé en 1993 en Israël et a commencé à se répandre en 2007, alors que l’usage récréatif est toujours illégal.

Aujourd’hui, 22000 patients disposent de prescriptions de cannabis médical. En janvier, le Ministre de la Santé ultra-orthodoxe a déclaré vouloir éliminer les délais d’attente pour obtenir le traitement en boostant l’offre de cannabis médical, en le rendant plus facile à prescrire, et en augmentant le nombre de fermes autorisées (il y en a 8 actuellement) et de distributeurs.

Un argument en faveur d’Israël, au moins pour l’instant, est que la recherche scientifique et les essais cliniques impliquant du cannabis, sont autorisés, à la différence des Etats-Unis où la prohibition fédérale empêche la plupart des études.

« Tout est fait ici pour devenir l’épicentre de la recherche sur le cannabis » dit Flack.

L’inconvénient, cependant, est qu’avec une population de seulement 7 millions d’habitants, Israël dispose d’un pool de patients limité pour les essais cliniques, ainsi qu’un marché restreint pour les produits au cannabis. Et comme il est illégal d’exporter la plante ou les graines, aucun espoir de pouvoir les vendre à l’étranger.

L’opportunité reposerait alors sur l’export de savoir-faire et de techniques. Le défi serait de faire coïncider l’expertise développée en Israël avec des entreprises internationales qui s’en servirait sur des marchés étrangers.

« La principale opportunité en Israël est que des fonds d’investissement arrivent et s’embarquent dans la recherche scientifique développée ici. Mais c’est un domaine qui a besoin de temps, et qui est gourmand en capital » dit Eli Gordis, intervenant à la Cannatech qui a co-fondé le Alta Fund, une société de capital privée. « Notre intérêt à court-terme et de trouver des entreprises qui utilisent ce qui a été développé pendant les 10 ou 20 dernières années, et de trouver des entreprises aux Etats-Unis qui vendent sur le marché médical ou récréatif et qui souhaiteraient puiser dans les techniques de culture développées ici ».

Le secteur tech du cannabis reste limité pour l’instant. Alors que certaines start-ups israéliennes ont déjà levé plusieurs milliards de dollars d’investissement annuel, les business liés au cannabis n’ont attiré que quelques dizaines de millions de dollars, principalement de la part de business angel plus que de fonds d’investissement.

« Les investisseurs institutionnels n’y touchent pas car c’est toujours illégal selon la foi fédérale » dit Jeffrey Friedland, président d’Intiva, une entreprise du Colorado qui a réalisé quelques investissements en Israël, au Canada et aux Etats-Unis. « Lentement, certaines petites institutions prennent la température et commencent à s’impliquer, mais cela reste un défi. »

En fait, la plupart des gros fonds d’investissement israéliens étaient absents de la conférence, ce qui n’a supris personne. La plupart des ces fonds ne s’impliquent pas dans l’agri-tech.

La culture d’entrepreneurs d’Israël et ses programmes de renommée mondiale sur la plante positionnent le pays pour capter l’attention d’investisseurs et de multinationales impliquées dans l’agri-tech, mais cela prendra du temps, notamment pour tester les potentielles utilisations médicales et les techniques de culture.

Via http://qz.com/637973/israel-wants-to-be-the-tech-hub-for-the-world-cannabis-industry/

 

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