Etats-Unis : combien coûte une légalisation du cannabis ?

Coût d'une légalisation du cannabis aux Etats-Unis

La démocratie américaine s’entremêle fortement avec le business. A chaque appel aux urnes, les hommes de lois proposent différentes mesures pour leurs Etats. Des entreprises privées ou des associations, concernées par les possibles changements de législature, consacrent officiellement des fonds pour influencer le vote des citoyens, à grands coups de budgets lobbying.

Chaque camp mène sa campagne pour le « oui » ou pour le « non », mais doit également fournir la totalité des comptes de campagnes et l’origine des fonds. Regardons donc de plus près ce qu’ont généré les différentes campagne pour cannabis récréatif en 2016 aux Etats-Unis.

Coût de la légalisation du cannabis en Californie

Nous vous avions déjà parlé de l’écrasante campagne des pro-légalisation du cannabis en Californie. Dans les chiffres, le budget du camp favorable à la légalisation est encore plus écrasant. Les gagnants, pro-cannabis, ont dépensé plus de 25 millions de dollars quand leurs opposants en ont dépensé 2,1 millions. La proposition 64 a été adoptée à 57, 13% le 8 novembre. Le système américain met également au grand jour les principaux donateurs ou investisseurs dans la campagne. Par exemple Sean Parker, fondateur de Napster et cofondateur de Facebook, a investi 8,6 millions de dollars dans la campagne. L’association Drug Policy Report vient ensuite.  Les sponsors du « non » comptaient notamment Julie Schauer, une millionnaire retraitée et la Smart Approach of marijuana, une association qui avait déjà fait polémique.

Coût de la légalisation du cannabis dans le Nevada

L’Etat du Nevada a également légalisé le cannabis le 8 novembre. Dans l’Etat du jeu, la campagne pour la légalisation a été plus serrée.  Au 19 janvier, les pro-légalisations ont dépensé 4,283 millions de dollars et les antis 3,773 millions de dollars. A l’image des sommes dépensées, le score fut serré, mais la légalisation a fini par l’emporter à 54,47%. On note tout de même qu’au Nevada, l’essentiel des sponsors pour la légalisation étaient des associations comme Marijuana Policy Project, une association qui soutenait totalement Gary Johnson, candidat libertarien durant les présidentielles, et qui a également fait des dons pour la campagne au poste de sénateur du républicain Rand Paul.

Le milliardaire et magnat des casinos, Sheldon Adelson a financé l’essentiel de la campagne pour le non, à hauteur de 3,65 millions de dollars. Le PDG de Las Vegas Sands Corporation aurait investi plus de 9 millions de dollars en Floride, au Massachussetts, au Nevada et en Arizona contre la légalisation du cannabis. Via sa société, il a également investi pour une campagne contre la régulation des énergies fossiles au Nevada.

Coût de la légalisation du cannabis récréatif en Arizona

L’Arizona est le seul Etat où le cannabis récréatif a été refusé par les citoyens au vote de novembre. Dans cet Etat, les mécènes de chaque camp ont investi quasiment la même somme : 6,547 millions pour les pros cannabis et 6,368 pour les contres. Parmi les gros donateurs du contre, on retrouve  notre ami Sheldon Adelson, et Insys thérapeutic à hauteur de 500 000 dollars chacun.

Un petit clin d’oeil aux mécènes anti-légalisation dans le Maine qui n’ont dépensé que 300 000 dollars contre 3,45 millions pour le camp pro-légalisation. Dans cet Etat, la légalisation l’emporte avec 50.26% des voix, un score très serré au vu des investissements de l’ordre de 10 contre 1.

Une affaire de gros sous transparente

Commençons par un bilan comptable : en 2016 sur 5 Etats, les lobbyistes ont dépensé près de 62 millions de dollars.

Continuons par un bilan moral. Le système américain a sans doute ses travers. Et on peut bien évidemment aussi s’interroger sur l’origine des fonds des associations militantes. Mais les Etats-Unis permettent justement la transparence des comptes de toutes les campagnes, de tous les Etats et sur tous les sujets. Un système ou l’argent est roi, mais où tous les financements des campagnes sont communiqués, vérifiés et publiés à disposition des citoyens.

Ça en aiderait certains en France…

Théo Caillart

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