Les effets de la légalisation du cannabis aux Etats-Unis

Effets de la légalisation du cannabis

Les conséquences de la légalisation du cannabis aux Etats-Unis commencent doucement mais sûrement à se révéler. Une récente étude publié par le Cato Institute, un think tank libertarien américain, pour prouver ou réfuter les allégations faites par les militants des deux côtés du débat de la légalisation.

Le rapport « Dose of Reality : The Effects of State Marijuana » analyse la consommation de marijuana et d’alcool, les taxes et l’économie, les prix du cannabis, les accidents de la route, la santé publique et les effets sur les adolescents du Colorado, de Washington, de l’Oregon et de l’Alaska en comparant des données pré et post-légalisation.

Taxes et économie

Sans doute l’effet le plus notable de la légalisation du cannabis est les revenus issus des taxes. L’étude montre que les Etats qui ont légalisé la consommation de cannabis médical ou récréatif « ont récolté de façon inattendue des bénéfices importants en recettes fiscales ». Les taxes sont collectées sur les ventes de cannabis thérapeutique et récréatif, sous forme de taxes d’excise, de taxes d’Etat ou de taxes locales.

En 2015, le Colorado a généré un total de 135 millions de dollars pour les seuls consommateurs récréatifs, dont 26% ont été ensuite utilisés pour des projets de construction d’école et l’amélioration du système éducatif.

De manière similaire l’Etat de Washington a récolté 70 millions de dollars en taxes pendant sa première année de légalisation. Pour l’Oregon, dont la légalisation est entrée en vigueur en janvier 2016, les taxes s’élèvent aujourd’hui à près de 15 millions de dollars.

L’industrie du cannabis semble affecter positivement les taux d’emploi. En 2014, le chômage a fortement diminué au Colorado ,coïncidant avec l’ouverture des magasins de vente de cannabis dans l’Etat.

Le marché immobilier à Denver est en plein boom, beaucoup pensant que le succès du cannabis en est la cause, et booste les loyers.

Cannabis, alcool et consommation d’autres drogues

Lorsqu’on compare les autres effets annoncés de la légalisation, l’étude trouve une « absence de conséquences négatives significatives ». La théorie du cannabis comme drogue passerelle menant à l’alcool ou à d’autres drogues ne se retrouve pas dans les chiffres. Le Procureur général des USA a d’ailleurs récemment déclaré que cette théorie, souvent utilisée contre la légalisation, ne se vérifiait pas.

Ni le Colorado, ni Washington, n’ont vu une augmentation de la consommation d’alcool ou de cocaïne après les changements politiques. Alors que ces taux restent inchangés, les taux d’admission en centres de traitement pour surconsommation de cannabis ont diminué au Colorado et dans la zone entourant Seattle.

L’étude spécule que « ces schémas suggèrent que la croissance extrême de l’abus de cannabis ne s’est pas matérialisé, comme certaines personnes l’annonçaient avant la légalisation ».

Jeunes, crime, trafic et santé publique

Les inquiétudes concernant la consommation des jeunes et les performances scolaires ont été également prises en compte. Comme une augmentation de la consommation n’a pas été constatée, l’étude affirme que les « résultats ne suggèrent pas de changement majeur sur la consommation, qui implique donc qu’il n’y ait pas de changement majeur sur les performances scolaires ».

Malheureusement, les données sur le crime, les accidents de la route et la santé publique ne sont pas concluantes. L’étude insiste également sur la multitude de facteurs qui peuvent affecter ces données et la difficulté de ne ressortir que les chiffres directement liés au cannabis.

« Toutes les tendances observées dans l’utilisation de la marijuana pourraient fournir la preuve d’une explication culturelle derrière la légalisation : comme le cannabis devient plus banal et moins stigmatisé, les citoyens et le législateur s’opposent moins à la légalisation. En substance, l’augmentation de la consommation de cannabis pourrait ne pas être une conséquence de la légalisation, mais sa cause » conclut l’étude.

En parallèle de ce rapport, la Drug Policy Alliance a récemment mis en ligne leurs chiffres et leurs analyses sur le même sujet, sous le titre « So  Far, So Good ». Cette étude va dans le même sens et amène à des conclusions similaires : baisse mécanique des arrestations liées au cannabis, pas d’augmentation de la consommation des jeunes ou des accidents de la route, et des gains fiscaux massifs. La seule chose qui n’a pas changé est les poursuites judiciaires qui concernent avant tout les Noirs. Alors que leur consommation est la même que celle des Blancs, les afro-Américains sont toujours arrêtés de manière disproportionnée.

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