Donald Trump et l’avenir du cannabis légal

Donald Trump

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche rend l’issue d’une légalisation fédérale du cannabis incertaine. Il existe pourtant des signes en faveur d’une évolution, surtout vis-à-vis des positions pro-business du président milliardaire.

La fin de la prohibition américaine du cannabis approche

Quatre nouveaux Etats ont légalisé le cannabis récréatif, ce qui porte à 8 le nombre d’Etats où l’on peut acheter librement du cannabis aux Etats-Unis, soit 1 américain sur 5Ajoutons à cela les désormais 29 Etats autorisant le cannabis médical. Comme plus de la moitié des Etats ont légalisé l’usage médical, le droit constitutionnel Américain suggère qu’il pourrait être imposé au niveau national.

Newsweed avait déjà relayé les propos de Barack Obama qui déclarait que la prohibition ne serait plus tenable si les 5 Etats passaient sous pavillon légal. Ce sera 4/5 , mais l’ogre californien devrait désormais exploser le compteur des bénéfices cannabiques.

Un changement d’administration qui inquiète

L’administration Obama a clairement évité de s’immiscer dans les affaires des Etats pionniers du secteur. C’est d’ailleurs ce qui inquiète avec le changement d’administration. Si l’équipe de gouvernance de Donald Trump choisit un modèle plus interventionniste, elle pourrait freiner les mouvements de légalisation au sein des Etats.

Dans les années 90, Trump tenait des propos libertariens en proposant une mise sur le marché légal de toutes les drogues. Elections obligent, il mesure ses propos et propose la continuité du mouvement actuel dans sa campagne, c’est-à-dire laisser chaque Etat légiférer indépendamment de la politique fédérale. Il est en revanche favorable « à 100 % » à l’usage médical.

Le problème ne vient pas forcément de Trump, mais de son équipe de gouvernance. Deux noms circulent actuellement : l’ex-maire de New York Rudy Galiani et son vice-président Mike Pence. Au premier, on attribue la politique de nettoyage des rues de New York en multipliant les contrôles policiers dans les années 90. Le second a mis en place des lois drastiques concernant la possession  de cannabis dans l’Indiana. La possession d’un joint y était passible d’un an de prison.

De plus, le désormais Président s’est fait le grand spécialiste des revirements de situation durant sa campagne. Il s’est toutefois prononcé pour retirer le cannabis du « Schedule 1 », la liste des produits les plus dangereux et sans vertu médicale, dans laquelle est placé le cannabis aux côtés de l’héroïne.

Reste à savoir si le nouveau président tiendra ses engagements. Il pourrait relancer la machine prohibitionniste en reprenant la main sur les Etats dissidents. Mais sa connaissance du business et son envie de relancer l’économie américaine pourraient l’inciter à normaliser et légaliser le marché du cannabis à l’échelle des Etats-Unis. Chaque Etat pourrait ensuite décider de suivre ou non la légalisation fédérale.

Pourquoi une légalisation fédérale est importante ?

La prohibition fédérale du cannabis aux Etats-Unis limite fortement toute étude scientifique et médicale sur le cannabis. Les entreprises du cannabis sont également interdites de services bancaires, les banques ne voulant pas prendre le risque de toucher de l’argent d’une substance interdite au niveau fédéral. Une légalisation fédérale permettrait de faire tomber certaines barrières et faciliter le travail de l’industrie, tout en laissant chaque Etat contrôler et réguler ses filières de production et de distribution du cannabis.

Théo Caillart

 

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