Le procureur général des USA admet que le cannabis n’est pas une drogue passerelle

Loretta Lynch

Lors d’un discours dans la ville de Richmond, Kentucky, le procureur général des Etats-Unis, Loretta Lynch, a admis que le cannabis n’est pas une drogue passerelle (une drogue qui mène à la consommation d’autres drogues), un des arguments les plus fréquemment cités par les partisans d’une non-légalisation.

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Loretta Lynch intervenait auprès d’un groupes de jeunes pour parler des dangers de l’abus d’opiacés. Dans son introduction, Lynch a été catégorique sur le fait que l’épidémie d’héroïne dans cet Etat était le fait de l’utilisation première de médicaments à base d’opiacés.

« Lorsque vous regardez quelqu’un qui a un problème avec l’héroïne, cela a souvent commencé avec des médicaments prescrits. Quelque chose de totalement légal. Quelque chose qu’on trouve dans tous les cabinets de médecin. Quelque chose que vous vous faites prescrire de bonne foi par un docteur » a-t-elle déclaré avant de prendre des questions de son audience.

La discussion s’est alors vite tournée vers le cannabis, notamment pour lui demander si la consommation de cannabis chez les étudiants pouvait mener à un abus d’opiacés.

« Il y a beaucoup de discussions à ce sujet » a répondu Lynch. « Certains Etats le légalisent, les gens cherchent un usage médical, et je comprends que ce soit aussi banal que n’importe quoi d’autre. Lorsqu’on parle d’addiction à l’héroïne, nous parlons en particulier de personnes qui ont commencé avec un problème d’addiction aux médicaments, et comme ils en demandent toujours plus, ils se tournent vers l’héroïne. Ce n’est que très rarement qu’ils consommaient de la marijuana avant les médicaments ou les opiacés ».

Et pour finir : « Nous ne voyons pas que le cannabis soit particulièrement une drogue-passerelle ».

Le commentaire de Lynch est en phase avec une étude publiée en juillet par le National Institute of Health qui montrait que la consommation de cannabis n’était pas associée avec l’augmentation de la consommation d’autres drogues.

Le cannabis pourrait même agir comme une drogue anti-passerelle. Les Etats américains ayant effectivement légalisé au moins le cannabis thérapeutique ont vu une baisse conséquente d’abus d’opiacés et de prescriptions de médicaments anti-douleurs. Les Etats-Unis ont aujourd’hui un grave problème de surconsommation d’antidouleurs opioïdes, avec près de 15000 décès par an (plus de 40 par jour).

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