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Cannabis en France

Comment parler cannabis avec son enfant ?

comment parler cannabis avec un adolescent

Le cannabis peut être source de conflit générationnel, d’inquiétude, de réunion ou de gueulante puissante entre adolescents et parents. Il n’y a pas de méthode miracle pour réussir à parler cannabis avec son enfant, mais nous vous proposons ici quelques solutions pour aborder le sujet de la drogue avec un adolescent. Cet article a été réalisé avec une psychologue du 15ème arrondissement de Paris qui n’a pas souhaité que son nom soit associé avec notre média. Nous la remercions tout de même pour son temps 🙂

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Comment savoir si mon enfant fume du cannabis ?

La plupart des adolescents se voit proposer leur premier joint entre la 4ème et la 2nde. Pour déceler une consommation, le dialogue, l’observation ou la ruse.

La déclaration cash

« _ Maman, j’ai fumé un bédo et j’ai trouvé ça dé….. »

Notre psychologue nous recommande dans ce cas de ne pas s’énerver contre l’adolescent. Il pourrait se braquer et ne plus jamais parler de sa consommation. Une bonne solution est plutôt de s’asseoir avec lui et d’en demander un peu plus sur sa consommation (cf. paragraphe plus bas).

Le pochon ou la barrette retrouvés par hasard

Evènement tragique de la vie du jeune fumeur, la découverte surprise du pochon dans la poche du jean par les parents. Dans ce cas, la discussion de l’étape 2 s’impose immédiatement ou du moins, sous peu.

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L’adolescent rentre plus tard à la maison

-Tu finis a quelle heure ce soir?
-16 heures, mais ne viens pas me chercher, on va sortir après les cours.

Si la question « où ? » ne vient pas immédiatement à l’esprit, elle est importante. La vie extérieure de l’ado est tout à fait normale, cela ne doit donc rien changer. En revanche si l’ adolescent est de retour vers 19h avec les yeux explosés, les doutes s’éveillent. Lorsquee des sorties du même type se multiplient, il y’a surement une consommation de drogue légale (clope ou alcool) ou illégale derrière. Mais il peut aussi être innocent et juste aimer le grand air.

Si l’odeur ne le trahit pas, la parole détendue, son sourire et sa décontraction inhabituelle doivent vous mettre sur la piste. A ce moment il faut l’écouter et déceler ce qui a changé. L’humour et le sentiment de confiance pourront pousser l’ado à s’ouvrir sur le sujet.

Comment évaluer sa consommation de cannabis

Ici, il y aura différents type de parents : ceux qui ne connaissent pas du tout le produit et ses effets, ceux qui connaissent les effets et tolèrent sa consommation ou ceux qui sont totalement fermés sur le sujet.

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Je ne connais pas du tout le produit et ce qui en découle

Tout d’abord, nous vous invitons à vous informer sur le produit, par exemple en nous lisant 🙂 Pour les flemmards, voici un petit récapitulatif : le cannabis est interdit en France mais est la drogue illégale la plus consommée par ses citoyens. Il peut avoir des effets néfastes sur le cerveau s’il est consommé en grande quantités durant l’adolescence. Les experts de la santé recommandent de ne pas consommer de cannabis avant 25 ans, âge auquel le cerveau finit son développement. Dans les pays où le cannabis est légal, il est très souvent autorisé au même âge que l’alcool, entre 18 et 21 ans selon les législations. Le prix moyen du marché noir de «l’herbe» est de 10 € le gramme et de 5€ le gramme pour du «shit» (appelé aussi haschisch,hash, résine, etc…). On considère élevée la consommation d’un adolescent s’il dépense plus de 30 € par mois dans le cannabis.

Je connais le produit et je tolère sa consommation ou non

Cette approche est une bonne initiative si l’adolescent est plus proche d’un jeune adulte qu’un pré-pubère. En revanche, avant 16 ans, le cannabis consommé de façon abusive peut avoir des conséquences sur le développement du cerveau. Il n’est donc pas conseillé d’autoriser sa consommation. Il faut que les parents usent de leur savoir pour conseiller, avertir et sanctionner l’enfant s’il déraille.

Je ne tolère absolument pas la consommation de cannabis

Drogues info service invite à ne pas transférer ses peurs et ses angoisses personnelles aux enfants. L’interdit n’existe plus une fois sorti du domicile. Si l’adolescent a apprécié les effets de cette drogue, il en reprendra. Ce n’est pas parce que l’ado est défoncé qu’il ne comprend pas. Parlez calmement avec lui sans le stigmatiser, ni le violenter. Dans cette situation, l’étape de pose du cadre et le respect de celui-ci sera très importante (cf. ci-dessous).

Je n’arrive pas à savoir si mon ado fume

Des petites questions humoristiques mais bien placées vous aiderons à déceler une connaissance du produit. A vous d’enchaîner sur la discussion constructive.

Quelques questions que les parents peuvent poser sur le cannabis

Ces questions font partie du dialogue à mettre en place avec son adolescent. Elles permettent d’estimer le niveau de connaissance de l’ado et sa consommation. Ouvrir le dialogue ne veut pas dire autoriser sa consommation. Mais c’est une première étape pour cadrer ensuite ce qu’il peut ou ne peut pas faire.

Tu sais ce que c’est le cannabis ? Tu en as déjà pris ? Comment as-tu trouvé les effets?  Comment as-tu découvert ça ? Tu fumes avec qui ? Tes amis fument beaucoup ?  Tu en as déjà acheté ? Combien par mois ? Qui te fournit ? Tu fumes souvent ? Tu préfères le shit ou la beuh ? As-tu conscience du trafic que tu fais fonctionner ? Tu utilises du tabac dans tes joints ? Fumes-tu tout seul ?

Nous insistons fortement sur la dernière question. Une drogue perd de son aspect récréatif et se rapproche plus de l’addiction lorsqu’elle est consommée seule.

Imposer un cadre réglementaire du cannabis au domicile

Notre psy d’un jour invite les parents à ne pas consommer avec leurs enfants, mais plutôt à poser un cadre strict correspondant à la situation familiale. Voici ses quelques recommandations, avec ses mots :

  • interdiction de fumer dans la chambre ou dans la maison en général : « si les parents tolèrent ça, ça ne sert plus à rien de se battre »
  • interdiction de sortir pour fumer tout seul : « un ado qui sort 10 minutes ou qui se presse pour sortir le chien, c’est suspect »
  • prendre les dispositions pour surveiller l’argent de poche, voir le supprimer si dérives il y’a : «  s’il arrive encore à s’en procurer, ça voudra dire qu’il a travaillé pour ça »
  • interdiction de fumer pendant les cours : « mais bon ça, on ne peut pas changer grand-chose »
  • vérification quotidienne des yeux sans insister si le regard est fuyant

Bilan

Sans le brusquer, parler du cannabis a son adolescent permet entre autres de désamorcer le conflit autour du sujet. Il aura peut-être la chance d’être épargné au collège, mais peu de chance d’échapper à une proposition au lycée. La pose d’un cadre, et la confiance qui va avec, sont nécessaires jusqu’à sa majorité. Si un adolescent dépense plus de 50 € par mois en cannabis, à vous de réagir.

Les faux-pas à inviter sont les mêmes que dans l’éducation quotidienne. Le flicage à outrance et le manque de confiance peuvent miner la relation avec l’ado. Les solutions évoquées sont fréquemment d’ouvrir le dialogue et d’essayer de comprendre la consommation de l’ado. Comprendre n’est pas excuser, et peut aider à orienter son ado vers des voies plus sûres.

L’Etat met à disposition des équipes de prévention via les Consultations Jeunes Consommateurs. Elles sont malheureusement difficilement joignables par téléphone et le tchat est constamment occupé. Les équipes municipales sur la jeunesse ou les associations françaises du cannabis peuvent alors prendre le relais.

Théo est diplômé en journalisme de l'IICP. Passionné par l'économie et l'industrie du cannabis, il s'est spécialisé sur ces sujets, avec un peu de thérapeutique à l'intérieur.

1 commentaire

1 commentaire

  1. roy

    10 janvier 2017 à 20 h 22 min

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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