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Cannabis en France

La prohibition française du cannabis est un outil raciste

Prohibition française du cannabis est raciste

Edito. La France est à des années-lumières d’entamer une réelle réflexion sur le cannabis. Le cannabis médical a été jeté aux oubliettes pour cette année, le statut du CBD laissé aux mains de la Cour de Justice de l’Union Européenne plutôt que confié à une autorité régulatrice, et l’usage adulte agité par temps d’élection puis remis bien sagement au placard pour 5 ans.

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Ailleurs, les lignes bougent. Le chantre de la prohibition mondiale des drogues, les Etats-Unis, revient Etat par Etat sur cette interdiction qui a causé plus de dommages pour les populations que la drogue seule, comme le résumait Kofi Annan : « Les drogues sont dangereuses, mais les politiques actuelles sur les stupéfiants sont une menace plus grande car la répression est devenue une priorité sur les droits individuels et de santé. »

L’histoire raciste de la prohibition du cannabis

Le cannabis n’a pas été interdit parce qu’il était dangereux, mais parce qu’il permettait de cibler des communautés qualifiées de dangereuses. L’architecte de la prohibition d’alors, Harry J. Anslinger, déclarait : « La plupart des consommateurs de marijuana aux États-Unis sont des Noirs, des Hispaniques, des Philippins et des artistes. … La marijuana amène les femmes blanches à rechercher des relations sexuelles avec des Noirs. … Fumer fait croire aux darkies qu’ils sont aussi bons que les hommes blancs. »

Ces préjugés raciaux ont ensuite été exploités par l’administration Nixon lorsqu’elle a intensifié la guerre contre la drogue en 1970 et déclaré le cannabis « ennemi public n°1 ». L’ancien conseiller de Nixon, John Ehrlichman, l’a reconnu plus tard : « La campagne de Nixon en 1968, et le mandat de Nixon ensuite à la Maison Blanche, avait deux ennemis : la gauche pacifiste et les Noirs. Vous comprenez ce que je dis ? Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal le fait d’être contre la guerre ou d’être Noir, mais en faisant en sorte que le public associe les hippies avec le cannabis et les Noirs avec l’héroïne, et en criminalisant les deux très lourdement, nous pouvions déchirer ces communautés. Nous pouvions arrêter leurs leaders, faire des descentes dans leur maison, interrompre leurs meetings, et les calomnier jour après jour aux journaux télé du soir. Savions-nous que nous mentions sur les drogues ? Bien sûr. »

Faire de la légalisation du cannabis un outil d’égalité

Actons que la légalisation du cannabis ne suffira pas à mettre sur un même pied d’égalité une personne blanche et une personne noire, en France ou ailleurs. Elle cessera toutefois de faire du cannabis un outil d’échec et participera à ouvrir des opportunités aux personnes historiquement lésées par l’interdiction du cannabis.

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Cette interdiction est appliquée de manière disproportionnée. Chaque année, plus de 140 000 Français sont arrêtés pour une infraction simple au cannabis, sans aucun effet ni sur le trafic ni sur la consommation. Nous n’avons pas en France d’associations comme l’ACLU qui a pu montrer que les Noirs sont 9 fois plus susceptibles d’être arrêtés pour cannabis aux Etats-Unis, à niveau de consommation équivalent entre toutes les ethnies. Mais les contrôles d’identité en France relèvent du même mécanisme, avec une surreprésentation des Noirs et des Arabes et une discrimination systématique pratiquée par la police dans certains quartiers.

L’amende cannabis en France, que je me plais à appeler amende Poulliat du nom du député qui l’a plus que maladroitement portée, est du même acabit. Cette amende cible explicitement les consommateurs de cannabis pour les sanctionner d’une amende. Le Procureur de Rennes, Philippe Astruc, ne le cache pas : « Moins il y aura de demande et plus on pourra agir efficacement contre l’offre ».

Bien évidemment, je ne partage pas cet avis. L’essentiel de l’activité policière en France s’attaque depuis 50 ans à la demande, sans succès sur l’offre. Mais si les contrôles de police sont déjà racistes, qui va souffrir davantage de cette amende qui fichera les infractions pour 10 ans avec inscription au casier judiciaire ?

Sur ce sujet, LREM perpétue donc une dynamique raciste et ne le voit pas.

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Le refus de s’interroger sur l’interdiction du cannabis va de pair avec celui de prendre en compte les violences policières qui visent essentiellement les mêmes personnes. L’interdiction du cannabis est aujourd’hui un outil répressif de ciblage des minorités raciales, de justification de « l’efficacité » policière sanctifiée par la politique du chiffre et de reproduction sociale.

George Floyd est mort parce qu’il était Noir. Adama Traoré est mort parce qu’il était Noir. Si peu de politiques font le parallèle entre la situation américaine et la situation française, et si des différences existent évidemment entre les deux pays, le cannabis est une des pièces du puzzle qui amènera à plus d’égalité. Pas seulement pour les usagers médicaux qui en ont besoin. Pas uniquement pour les entreprises qui seront créées. Pas simplement pour les consommateurs adultes qui l’apprécient. Mais aussi parce que toutes les vies comptent.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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