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Cannabis en France

Jean-Luc Mélenchon pour la légalisation du cannabis

Jean Luc Mélechon

Le candidat du Front de gauche Jean Luc Mélenchon a récemment confirmé qu’il est favorable à la légalisation du cannabis. 

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Jean Luc Mélenchon a trouvé le moyen de s’exprimer librement sans passer par les chaines d’informations traditionnelles. Il répond désormais à des twittos par vidéo interposées. Il sort actuellement une série de vidéos de 48 minutes appelées FAQ, dont l’épisode de la semaine dernière dans lequel il répondait aux diverses questions des internautes.  Magie du montage, Jean Luc Mélenchon propose même ci-dessous une vidéo résumant son point de vue sur le sujet.

 

Mélenchon est pour la légalisation du cannabis…

La déclaration est solennelle :  » je suis contre le cannabis, c’est pour ça que je suis pour sa légalisation ». Jean Luc Mélenchon se pose avant tout en défenseur des aspects sanitaires de la légalisation. Cette vision du cannabis était également celle de Pepe Mujica, le Président uruguayen qui a décidé de mettre en place une légalisation du cannabis sous monopole d’Etat.

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Son premier argument va notamment sur les campagnes de prévention. Le cannabis n’étant pas légal en France, aucune campagne de prévention n’est possible. Les paquets de clope héritent, quant à eux, de nouveaux design affreux et leur prix monte quasi-annuellement. Coté prévention, l’Etat met pour le moment à disposition des « Consultations Jeunes consommateurs » sur la base du volontariat.

Deuxième argument, le trafic de drogue qui alimente les marchés criminels. Mr Mélenchon soulève un point sensible sur le temps dédié à la lutte contre le cannabis par les policiers et les magistrats. Selon le rapport de Terra Nova publié en 2014, les dépenses concernant la lutte contre le cannabis atteindrait 568 millions d’euros par an.

Troisième argument : l’explication de son changement de position lors de sa confidence finale. Par cette petite anecdote, il invite les internautes à se poser la même question et à la répéter à un entourage hostile à la légalisation.

avec quelques lacunes

Tout d’abord, le sujet est tellement vaste que le traiter en 4 minutes n’est pas chose facile. JLM a tout de même le mérite de s’y coller. On soulignera que les voisins de lieu de deal sont des hypocrites car ils vont également pécho en bas de chez eux, et ça c’est mal…

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Nous voudrions surtout revenir, sur la prévention. Quels types de préventions pour les consommateurs en bas âge? Comment accompagner les personnes en surconsommation? Comment limiter les taux de THC dans les produits? Autoriserez-vous l’autoculture? Comment le cannabis serait il distribué sous votre présidence?  Qui gérera la qualité du cannabis distribué? Quels seront les droits du consommateur lambda ?

Jean Luc Mélenchon n’aborde pas les aspects économiques et sociaux. Il les a peut-être déjà en tête, mais n’en parle pas pour l’instant en tout cas. Le candidat du Front de gauche a encore 5 mois pour étayer ses propos et donner plus de détails. Peut-être attend-il également le futur rapport canadien sur la légalisation du cannabis qui devrait arriver le 21 décembre.

Jean Luc Mélenchon affirme par ailleurs avoir changé d’avis après la lecture d’articles sur les systèmes de légalisation à l’étranger. Un potentiel lecteur de Newsweed ? 🙂

 

Théo est diplômé en journalisme de l'IICP. Passionné par l'économie et l'industrie du cannabis, il s'est spécialisé sur ces sujets, avec un peu de thérapeutique à l'intérieur.

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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