Royaume-Uni : une définition officielle des médicaments à base de cannabis

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Le Royaume-Uni a surpris tout le monde par la rapidité avec laquelle il a légalisé le cannabis médical dans le courant de l’été. Après avoir étudié les recommandations de l’Advisory Council on the Misuse of Drugs (ACMD), le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer une première définition officielle des médicaments à base de cannabis et des procédures par lesquelles ils deviendront légaux.

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Le ministère de l’Intérieur Sajid Javid a déclaré: « S’être mis d’accord sur cette définition signifie que les médecins spécialistes auront la possibilité de prescrire ces médicaments aux patients qui en ont le plus besoin dans le courant de l’automne ».

Une procédure extrêmement rapide

A peine deux mois plus tôt, Sajid David s’était engagé à rendre le cannabis médical disponible aux patients à travers le système de santé publique soit par prescription. Les médicaments qui seront considérés comme aptes à la prescription seront passés du schedule 1, qui recense les substances dangereuses sans intérêt médical, au schedule 2 qui recense celles qui ont un intérêt médical. Les substances recensées dans le schedule 2 sont toujours considérées comme potentiellement dangereuses et sujettes à détournement et sont donc soumises à un contrôle strict.

Dans le but de définir les substances qui seront reprogrammées et selon quels critères, le ministère de l’Intérieur a étudié les recommandations de l’ACMD, les dernière en dates datant du 11 septembre. Parmi les éléments à définir se trouvaient : une définition officielle des médicaments à base de cannabis, les voies d’accès aux médicaments et une orientation et un accompagnement adaptés pour les professionnels de santé. Vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur répondait à l’ACMD en approuvant toutes les recommandations émises.

Comment seront définis les médicaments à base de cannabis

Étant donné que la recherche pharmacologique et scientifique autour du cannabis n’en est qu’à ses balbutiements, l’autorisation des médicaments se fera au gré de ses évolutions. Les substances en question, pour être considérées comme des médicaments au cannabis, devront répondre aux trois critères suivants : contenir des composants du cannabis, être destinées à un usage médical sur les humains, être un produit médical ou une substance utilisée dans sa confection. Cette définition, extrêmement large, doit être considérée en parallèle des voies d’accès suivantes :

  • La prescription d’un médicament qui n’est pas encore sous licence ni autorisé à la vente en pharmacie par un médecin spécialiste (les médecins généralistes ne sont pas autorisés à prescrire du cannabis).
  • l’administration d’une substance non licenciée dans le cadre d’un essai clinique donc dans un environnement contrôlé.
  • la prescription d’un médicament qui a obtenu une autorisation de vente auprès de la MHRA, l’organe britannique de régulation des médicaments, et qui est donc disponible en pharmacie.

Les futurs médicaments légaux à base de cannabis devront avoir une composition transparente : les taux de CBD et THC ainsi que la voie d’administration devront être clairement indiqués dans l’étiquetage. Conformément à la recommandation de l’ACMD, le cannabis médical ne devra jamais être délivré sous forme fumable à cause de la nocivité de la fumée et pour empêcher tout détournement récréatif.

Parallèlement, le ministère de la Santé et les systèmes de santé régionaux doivent accompagner et former les praticiens. Ils devront également coordonner et financer des programmes de recherche pour établir une base de données cliniques autour du cannabis. Enfin, une stratégie de communication à destination du public, du monde médical et des forces de l’ordre sera mise en place pour diffuser un message cohérent.

L’autorisation des médicaments n’est donc pas immédiate et se fera au fur et à mesure des preuves apportées par la recherche clinique. Des licences pour la prescription de cannabis pourront toujours être délivrées aux patients qui sont dans des cas exceptionnels par la procédure habituelle. Les licences sont délivrées par le ministère de la Santé conseillé par un panel d’expert indépendant. Néanmoins la procédure est réputée être longue et coûteuse.

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