Une patiente britannique conteste les refus de remboursement du cannabis médical par le NHS
Une patiente britannique qui se traite avec du cannabis et à qui la prise en charge publique de son traitement a été refusée à plusieurs reprises lance une campagne visant à comprendre pourquoi le Service national de santé (NHS) continue de rejeter ses ordonnances.
Lara Smith, ancienne infirmière pédiatrique de 53 ans originaire de Newcastle, a décidé de rassembler avec elle des patients qui ont épuisé toutes les options thérapeutiques conventionnelles mais qui ne parviennent toujours pas à obtenir du cannabis médical pris en charge par le NHS.
Trois demandes de prise en charge, trois refus
Lara Smith souffre d’une myélopathie cervicale, une affection de la colonne vertébrale qui provoque de vives douleurs neuropathiques, des spasmes musculaires, des tremblements et des difficultés de mobilité.
Après avoir essayé plus de 35 médicaments, dont le fentanyl, le tramadol et la kétamine, elle a commencé à consommer du cannabis sur ordonnance en 2014. Selon elle, ce traitement a considérablement atténué ses symptômes tout en lui permettant de retrouver sa lucidité mentale.
L’accès à ce traitement entraîne un coût considérable, environ 600£ (700€) par mois en huile CBD et en fleurs de cannabis via des ordonnances privées.
« Je ne dépense pas 600£ en fleurs et en huile de CBD pour me défoncer », a-t-elle déclaré à Cannabis Health. « C’est un besoin clinique. C’est littéralement pour soulager la douleur. »
Malgré les recommandations de ses médecins spécialistes, ses trois tentatives pour obtenir un financement du NHS ont échoué. Une demande aurait été rejetée en raison d’un manque de preuves étayant l’efficacité du cannabis contre les douleurs neuropathiques et de préoccupations liées au rapport coût-efficacité. Plus récemment, le Newcastle upon Tyne Hospitals NHS Foundation Trust a invoqué une infrastructure de prescription inadéquate et les directives existantes du NHS.
Le cannabis médical est légal, mais son accès via le NHS reste exceptionnel
Le Royaume-Uni a légalisé le cannabis médical en novembre 2018, autorisant les médecins spécialistes à prescrire des produits à base de cannabis dans des circonstances spécifiques. Cette légalisation n’a néanmoins pas instauré de remboursement systématique par le NHS.
Si certains médicaments à base de cannabis autorisés ((Sativex, Epidyolex, Nabilone) peuvent être prescrits pour des pathologies spécifiques, l’accès aux médicaments à base de cannabis non autorisés, en particulier les fleurs de cannabis, reste très largement tributaire du secteur privé, qui pourrait compter 140 000 patients cette année.
L’Institut national pour l’excellence en matière de santé et de soins (NICE) ne recommande pas les médicaments à base de cannabis pour les douleurs chroniques ou neuropathiques, invoquant un manque de preuves de leur bénéfice clinique et des inquiétudes quant à leur rapport coût-efficacité.
Les patients peuvent néanmoins solliciter un financement exceptionnel par le biais d’une demande de financement individuel (IFR), à condition que leur médecin démontre l’existence de circonstances exceptionnelles et apporte une justification clinique suffisamment solide.
L’ampleur de l’accès financé par les fonds publics reste extrêmement limitée.
Le 9 septembre 2026, le gouvernement britannique a confirmé dans une réponse parlementaire que les chiffres relatifs aux prescriptions par le NHS de médicaments à base de cannabis non autorisés n’avaient pas été communiqués car ils concernaient moins de cinq patients.
Une campagne collective pour identifier les obstacles au traitement
Mme Smith a désormais créé un groupe Facebook, Medical Cannabis – NHS Access Denied, invitant les patients et leurs représentants à recenser les demandes de financement rejetées. Plutôt que d’exiger un remboursement universel, elle souhaite comprendre pourquoi les patients dont les spécialistes soutiennent le traitement au cannabis continuent de se heurter à des refus.
« Quels sont les points communs ? Où se situe le blocage ? », a-t-elle demandé.
En comparant les expériences individuelles, la campagne espère identifier les obstacles administratifs, cliniques ou financiers récurrents au sein du NHS. Smith a l’intention de présenter ces conclusions à son député, ce qui pourrait amener la question devant le Parlement.
Les patients ayant les moyens de se payer des ordonnances privées peuvent accéder à des traitements que d’autres, confrontés à des situations médicales comparables, peuvent juger financièrement inaccessibles. Pour Mme Smith, la question centrale est de savoir si le cadre de financement actuel répond de manière adéquate aux besoins cliniques non satisfaits des patients après l’échec des thérapies conventionnelles.
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