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Deux universités américaines reçoivent un don privé de 9$ millions pour mener des recherches de grande ampleur sur le cannabis

recherche cannabis

La recherche scientifique sur le cannabis a connu un nombre important de limitations du fait de la prohibition. Bien qu’aujourd’hui les recherches sur les cannabinoïdes se multiplient, certaines entraves persistent. La question du financement par exemple reste problématique : les financements publics sont limités et les financements privés soulèvent la question de potentiels conflits d’intérêts.

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La Harvard Medical School et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) viennent de recevoir un don de 9 millions de dollars à se partager de la part d’un investisseur privé : The Broderick Fund for Phytocannabinoid Research. C’est le don privé le plus important fait à ce jour pour la recherche sur le cannabis aux Etats-Unis.

Les limitations de la recherche

Le cannabis et ses dérivés sont toujours classés dans l’échelon le plus restrictif de la liste américaine des substances contrôlées. La recherche est autorisée au niveau fédéral mais dans des conditions extrêmement strictes. Les chercheurs ne peuvent travailler qu’avec du cannabis cultivé par la DEA et non pas avec les produits présents sur le marché.

Bien que l’agence ait pris des dispositions pour permettre plus de recherche, les recherches indépendantes ne peuvent toujours pas être subventionnées par des fonds publics du fait du statut contrôlé du cannabis. Elles reposent donc en majorité sur des fonds privés et limités qui ne permettent pas de mener des études de grande ampleur et dont l’indépendance des résultats n’est pas garantie.

John Gabrieli, un professeur en sciences cognitives du MIT associé au projet explique qu’il est « incroyablement difficile » d’obtenir des financements pour la recherche sur le cannabis : « Ça a été illégal partout jusqu’à très récemment. Sans les coups de pouce philanthropiques, répondre à toutes ces questions pourrait prendre des années ».

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Un don « philantropique »

“L’absence de recherche scientifique de base permet aux gens d’avancer des hypothèses sans fondements qui sont soient anecdotiques soit basées sur des sciences anciennes. Pendant des générations nous n’avons pas été capables d’étudier le cannabis pour toutes sortes de raisons sociétales. Cela doit cesser maintenant, tout comme la prohibition » explique Charles R. “Bob” Broderick, le généreux donneur. Ce dernier a investi massivement dans l’industrie émergente du cannabis aux Etats-Unis et au Canada – notamment dans Aphria et Tweed Marijuana, la filiale de Canopy – à travers son fonds d’investissement Uji Capital.

Bien qu’il profiterait évidemment de résultats positifs, les chercheurs et les universités de Harvard et du MIT ont garanti qu’il n’aurait pas d’influence sur le processus de recherche et s’engagent à publier les résultats même si ceux-ci montrent que le cannabis est inefficace ou nocif. Par ailleurs, les deux universités sont des institutions crédibles et respectées qui appliquent des politiques d’indépendance par rapport à leur financement.

Des chercheurs d’autres universités ont également salué l’initiative : « La recherche dans cette sphère a vraiment mis du temps à se développer » explique Dr. Igor Grant, directeur du Centre de Recherche sur le Cannabis Médical à l’Université de Californie de San Diego. Il estime que ce don « permettra [aux universités] d’aller de l’avant avec ce genre de recherches qui sont en général difficiles à financer ».

Les études en préparation

Les étudiants du MIT prévoient d’utiliser des extraits de plantes pour étudier les effets du cannabis sur les personnes atteintes de schizophrénie. Il s’agit de comprendre la corrélation entre la maladie et la pré-disposition des malades à la consommation quotidienne de cannabis. Les chercheurs veulent étudier les effets du THC et du CBD sur la cognition des patients schizophréniques et examiner si une exposition chronique à ces molécules est susceptible d’entraîner des changements dans la structure des cellules impliquées dans la schizophrénie.

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Cela pourrait permettre de fonder ou de démentir une fois pour toutes les hypothèses concernant le lien causal entre schizophrénie et cannabis et de dégager des conclusions sur les conséquences éventuelles d’une exposition chronique chez les jeunes. D’autres chercheurs du MIT examineront les effets du cannabis sur l’attention et la mémoire de travail. Enfin, d’autres encore étudieront si des composants du cannabis peuvent être efficaces dans le traitement de l’autisme et de la maladie d’Huntington, une maladie neurologique dégénérative.

A Harvard, le don de 4,5 millions de dollars servira à enquêter sur les effets des différents cannabinoïdes sur la mémoire, l’appétit et le stress. « Le cannabis a presque 100 cannabinoïdes différents. Nous en savons très peu sur l’effet spécifique de chacun d’entre eux sur le système nerveux » explique Bruce Bean, un professeur de neurobiologie à Harvard associé au projet. Il précise que certaines études suggèrent que le cannabis soulage la douleur et aide au sommeil mais qu’on ne sait pas avec exactitude quels ingrédient provoquent ces effets. Ces données pourraient ouvrir la voie à des recherches plus approfondies.

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Etudes

Etats-Unis : 3 millions de dollars de subventions pour étudier les cannabinoïdes comme alternative aux opioïdes

Cannabis en remplacement des cannabinoïdes

Le gouvernement fédéral américain a octroyé 3 millions de dollars de subventions pour la recherche sur les avantages thérapeutiques des cannabinoïdes, autres que le THC, comme solution de remplacement aux opioïdes délivrés sur ordonnance et ayant entraîné une grave crise aux Etats-Unis.

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Dans un avis publié le 18 septembre 2019, le National Institutes of Health (NIH) a expliqué pourquoi ces études étaient nécessaires et énuméré les bénéficiaires de subventions et les sujets sur lesquels ils étudieront. Les recherches incluent des tests sur l’utilisation du cannabidiol (CBD) pour le traitement de la douleur liée à l’arthrite, qui seront dirigées par la faculté de médecine de l’Université de New York.

«Le traitement de la douleur chronique repose largement sur les opioïdes, malgré leur potentiel de dépendance et de surdose et le fait qu’ils ne fonctionnent souvent pas bien s’ils sont utilisés à long terme», explique Helene Langevin, directrice du Centre National de santé complémentaire et intégrative (NCCIH). « Il existe un besoin urgent d’options plus efficaces et plus sûres ».

Au total, neuf subventions ont été octroyées. Le NIH a déclaré que ces fonds aideraient à identifier d’autres options de traitement de la douleur et fourniraient des informations sur l’impact de la consommation de composés du cannabis tels que le CBD et d’autres cannabinoïdes moins connus, ainsi que des terpènes trouvés dans la plante.

« La plante de cannabis contient plus de 110 cannabinoïdes et 120 terpènes, mais le seul composé étudié de manière approfondie est le THC », indique le communiqué de presse.

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Bien que le THC soit connu pour traiter certaines formes de douleur, le NIH craint que ses effets intoxicants ne limitent son applicabilité médicale.

« Le THC peut aider à soulager la douleur, mais sa valeur en tant qu’analgésique est limité par ses effets psychoactifs et son potentiel d’abus », a déclaré David Shurtleff, directeur adjoint du NCCIH. « Ces nouveaux projets examineront des substances du cannabis qui ne présentent pas les inconvénients du THC, en examinant leur activité biologique de base et leurs mécanismes d’action potentiels en tant qu’analgésiques. »

Les agences de santé fédérales ne sont pas les seules institutions intéressées à en apprendre davantage sur les composés du cannabis autres que le THC. Le 18 septembre 2019, un comité sénatorial a publié un rapport de dépenses dans lequel il était recommandé de mener des recherches sur le CBD et le cannabigérol (CBG) tout en critiquant le système fédéral de classification des drogues qui empêche actuellement de telles recherches.

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