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Cannabis en France

Partis de gauche et le cannabis

Partis de gauche et cannabis

Au PS (Parti Socialiste) et parmi les groupes Divers Gauche, nous avons aujourd’hui 9 candidats déclarés, plus 8 possibles. Les avis sont divers. Nous différencions ici :

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Candidats déclarés à la primaire organisée par le PS

Jean-Luc Bennahmias – pour la légalisation

Jean-Luc Bennahmias, membre de l’Union des démocrates et des écologistes et président du Front démocrate, est pour la légalisation. Il déclare, je cite, “Pour ma part, je considère qu’une légalisation extrêmement contrôlée et un usage thérapeutique encadré – tout en conservant bien évidemment l’interdiction pour les moins de 18 ans comme pour l’alcool et le tabac – permettraient de sortir de l’impasse dans laquelle la logique de la « guerre à la drogue » nous enferme”.

Gérard Filoche – pour la légalisation

Dans sa tribune  » Régulation contre la société de violence : un autre monde est possible », Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et membre du bureau national du Parti socialiste, expose la nécessité d’un appareil judiciaire irréprochable et d’une régulation de la vente de cannabis par l’intermédiaire d’associations, dont la raison d’être serait de fournir en cannabis leurs adhérents de manière encadrée. Bref il est pour la légalisation en s’inspirant de ce qui se fait en Espagne avec les Cannabis Social Club.

Sidi Hamada-Hamidou

Sidi Hamada-Hamidou est éducateur, Mahorais, membre du Parti radical de gauche (et pas du PS). On s’excuse par avance pour ce monsieur, mais nous n’avons pas réussi à trouver sa position sur le sujet malgré nos demandes sur son Facebook.

Benoît Hamon – pour la légalisation

Benoît Hamon, député des Yvelines, ancien ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et membre du bureau national du Parti socialiste est pour la légalisation.

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Il a tout récemment déclaré sur France Info : « je pense surtout qu’il faut qu’on s’attaque à la vraie gangrène, à savoir l’économie du cannabis », en réagissant à l’attaque dont ont été victimes quatre policiers en lisière de la cité difficile de la Grande Borne dans l’Essonne. « C’est pour ça que ma position, c’est la légalisation du cannabis, pas simplement la dépénalisation d’usage. Afin que demain, nous puissions tuer ces trafics. La plupart des acteurs sait que s’il n’y pas de légalisation, c’est-à-dire si on ne casse pas ces économies parallèles, nous ne reprendrons pas la main sur ces territoires. Si on veut ramener la République, il faut en passer par là. Je sais que c’est un débat difficile, moi j’ai tranché », a encore déclaré M. Hamon.

Il propose donc de légaliser le cannabis, avec une distribution contrôlée par l’Etat, pour « tarir l’économie souterraine et les violences ».

Marc Jutier – pour la légalisation

Marc Jutier, ingénieur, membre du Parti socialiste, président de Fraternité Citoyenne, écrivain et conférencier est pour une légalisation encadrée à la française :”La loi de 1970 et son article L.630 qui réprime toute tentative de remise en cause de la loi, empêche tout débat public. Il faut, dans un premier temps, développer une politique d’information et de prévention débarrassée de la censure de l’article L. 630. Ensuite, il faut une distribution réglementée par la Seita pour le cannabis avec la possibilité d’en acheter uniquement de petites quantités à la fois (toute publicité et tout marketing interdit).” et précise “De façon générale, il faut dissuader de l’usage de la drogue par le passage d’examen de connaissance des méfaits de chaque drogue qui ne pourrait être délivré qu’à des personnes de plus de 21 ans.”

Marie-Noëlle Lienemann

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, ministre du Logement à deux reprises, membre du bureau national du Parti socialiste n’a pas pris position sur le sujet pour le moment. Nous avons contacté son équipe de campagne mais reçu aucune réponse d’eux pour le moment.

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Arnaud Montebourg – contre

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique déclarait en 2011 être “fermement opposé à toute forme de libéralisation du cannabis” et précise que c’est “une consommation dangereuse pour la jeunesse”. En 2012, il précisait qu’il n’était pas contre l’organisation d’un référendum sur le sujet si EELV le demandait. Il a ajouté qu’il est “hors de question que l’Etat envoie un signal de dépénalisation. Je n’ai pas envie que les enfants de France puissent acheter du cannabis dans les supermarchés.Nous consacrons déjà des milliards pour lutter contre les addictions de l’alcool et du tabac.”

François de Rugy – pour la légalisation

François de Rugy, vice-président de l’Assemblée nationale et président du Parti écologiste, député de la Loire-Atlantique est pour la légalisation “à la condition qu’un contrôle des ventes soit fait dans les bureaux de tabac”. Il précise “ On ne peut pas continuer à être dans l’inaction”

Candidats non déclarés

Ces candidats n’ont pas franchement exprimé leur candidature à la primaire organisée par le PS, mais elle reste possible.

PS : François Hollande – contre la légalisation

François Hollande, notre actuel Président de la République, a pendant tout son mandat fermé catégoriquement l’ouverture d’un débat sur le sujet. On ne sait pas vraiment ce qu’il en pense personnellement, mais ses actions parlent pour lui. Cinq membres de son gouvernement ont souhaité ouvrir le débat (Duflot, Peillon, Taubira, Baylet et Le Guen) et ont été rapidement rappelé à l’ordre avec une communication du porte-parole du Gouvernement rappelant que le sujet n’était pas à l’ordre du jour.

PS : Manuel Valls – contre la légalisation

Manuel Valls, l’actuel premier ministre est catégoriquement contre. Il déclarait en 2011 « l’idée de légaliser le trafic de cannabis n’a pas de sens. Cela va à l’encontre de mes valeurs, car la drogue crée une dépendance »

Parti radical de gauche : Sylvia Pinel – pour la légalisation

Sylvia Pinel, ancienne ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, présidente du Parti radical de gauche, députée du Tarn-et-Garonne et vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est pour la légalisation. Elle explique sur le site de son parti que “la législation actuelle concernant le cannabis est un échec total. Pire encore, elle est contre-productive : la consommation n’a jamais été aussi répandue, la toxicité des produits aussi forte, la violence et les trafics aussi implantés dans nos quartiers et les coûts engendrés par la prohibition aussi faramineux. Même l’ONU a modifié son approche sur les drogues. Il est temps de prendre nos responsabilités et de ne plus réprimer mais réguler la production, la vente et la consommation de cannabis dans notre pays.”.

En marche : Emmanuel Macron – indécis

L’ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique a fait une réponse de normand sur le sujet. D’un côté, Emmanuel Macron mentionne que “le cannabis pose un problème d’insécurité, de lien avec la délinquance dans des quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes, et donc on voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue, et a une forme d’efficacité”. Il ajoute “quand on regarde l’incapacité qu’ont les magistrats de régler le problème d’un point de vue pénal, on voit qu’on est dans un système très hypocrite”. De l’autre côté il précise ‘j’entends les préoccupations de santé publique qui sont émises par ailleurs, ce n’est pas un sujet léger, donc je souhaite qu’on puisse ouvrir le sujet, et l’aborder de manière méthodique. Mais je ne suis pas contre dans un souci d’égalité et de justice”.

MoDem : François Bayrou – plutôt contre

Candidat non déclaré, pour le moment, François Bayrou soutient Alain Juppé mais pense à se présenter tout de même si Nicolas Sarkozy venait à gagner les primaires LR. Ok c’est un peu compliqué, mais en gros il n’est pas candidat pour le moment mais se réserve le droit d’y aller si la personne qu’il soutient n’y arrive pas…

Sa position est plutôt contre sans être totalement fermée. Il a récemment précisé “ Je ne suis pas fermé à la réflexion mais je crois que la légalisation augmenterait la consommation”. Pour faire « reculer ce fléau » qu’est la drogue, il faut repenser la manière de lutter contre elle. En tous les cas, c’est « la santé publique » qui doit constituer « la ligne directrice à suivre dans cette affaire ». On devra prendre en compte les résultats des expériences de dépénalisation dans des pays voisins.

 

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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