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Cannabis en France

Partis de droite et le cannabis

Les partis de droite et le cannabis

Chez les Républicains, au Parti Chrétien-démocrate et au Front National, les avis divergent. Nous différencions ici :

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Les Républicains

Parmi le parti Les Républicains, 7 candidats sont aujourd’hui déclarés. Les avis sont très majoritairement contre.

Jean-François Copé – contre la légalisation

Jean-François Copé, Député de Seine-et-Marne et Maire de Meaux est contre. Il a très récemment déclaré « Si on légalise, les jeunes vont fumer ça comme des cigarettes […] et l’interdit va passer au stade au-dessus ». « On a bien en tête les ravages du cannabis sur la santé physique, psychologique, psychique, de nos jeunes », s’insurge le candidat à la primaire de la droite et du centre. « Je sais pertinemment que malheureusement la loi n’est pas respectée dans ce domaine. Mais pour moi, le sujet c’est le message de santé publique pour nos jeunes. Si nous légalisons le cannabis, alors nous donnerons le sentiment aux jeunes que ça n’a pas d’effet sur leur santé ».

Enfin il précise que ce sujet du cannabis ne doit pas être débattu en place publique : “ Je veux bien qu’on ait ce type de débat mais est-ce que c’est le plus urgent ? Je pense que nous avons suffisamment de sujets lourds à traiter aujourd’hui sur le plan de la sécurité, de l’économie et du social, pour en rajouter un nouveau pour lequel les Français vont encore se diviser, se déchirer.”

Et de poursuivre : « Il faut resserrer le périmètre de l’Etat sur ce que l’Etat doit absolument faire et libérer les énergies sur le reste ».

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François Fillon – contre

François Fillon, député de Paris et ancien premier ministre est contre. Début 2016 il déclarait sur RMC/BFMTV :  “je suis contre la dépénalisation ou libéralisation. C’est étrange, il y a d’un côté un mouvement de plus en plus dur – à juste titre -, contre le tabac et de l’autre côté on voudrait dépénaliser le cannabis”. Puis : « Il y a une augmentation de la conso notamment chez les jeunes, mais (…) l’argument qui consiste à dire que parce que la consommation augmente on va tout libéraliser ne me satisfait pas. Face à un fléau comme celui-là il n’y a pas de bonne solution. La politique suivie en France n’est pas forcément la meilleure, mais celle conduite dans d’autres pays qui ont dépénalisé le cannabis (Pays-Bas) n’a pas les résultats qu’on veut bien lui donner, a conclu François Fillon. « Aux Pays-Bas la question fait débat. On ne peut pas dire que là où c’est dépénalisé il y a moins de consommateurs. »

Alain Juppé – contre

Alain Juppé, Maire de Bordeaux et ancien premier ministre est contre. Dans son programme il propose “une amende d’une centaine d’euros, payable sur le champ, avec information de la famille” aux consommateurs de cannabis. Dans un tweet du 12 avril 2016 il précise “Dépénaliser le cannabis : un « coup » pour plaire à certains jeunes en divisant les Français. Je suis résolument contre ce signal de relâchement”

Nathalie Kosciusko-Morizet – plutôt pour la dépénaliation

Nathalie Kosciusko-Morizet, Député de l’Essonne, est trés récemment sortie du bois sur le sujet et a évolué d’une position contre par le passé pour maintenant être pour une certaine forme de dépénalisation mais contre une légalisation qui selon elle enverrait un mauvais message à la jeunesse. Elle précise « Je suis plutôt pour la dépénalisation, ça permet de continuer à envoyer un signal à la jeunesse, de continuer à dire c’est interdit parce qu’on pense que c’est problématique en terme de santé ». L’ancienne ministre de l’Écologie a assuré que cette dépénalisation permettrait de se doter de moyens de lutter contre la consommation « moins hypocrites et quelque part plus efficaces parce qu’on met une contravention ».

Bruno Le Maire – contre

Bruno Le Maire, Député de l’Eure est contre la légalisation ou la dépénalisation du cannabis. Il déclare dans une interview sur BFMTV « Le cannabis est de plus en plus addictif, il faut maintenir l’interdit sur la consommation du cannabis ». Il faut « continuer à lutter avec efficacité contre cette consommation », a-t-il ajouté.

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Nicolas Sarkozy – contre

Nicolas Sarkozy, Président des républicains et ancien président de la république est plutôt contre. Toute sa carrière il eu des positions contre, comme en 2012 ou il voyait l’hypothèse d’une dépénalisation comme “une folie”. Pourtant il a surpris en déclarant en août 2016 sur BFMTV en réponse à la question “Plutôt Ricard ou pétard” : « Je n’ai jamais fumé un pétard de ma vie, ce n’est pas du tout que je suis contre, Je fume un cigare de temps en temps », explique-t-il. « Et alors Ricard… je n’ai jamais bu un goutte d’alcool de ma vie, jamais. Vous vous rendez compte ce truc-là ? Et pourtant je me suis amusé je vous le dis. » Son entourage a tout de même précisé après coup à BFMTV que l’ancien chef de l’Etat « n’est pas contre le fait de fumer en général », la question portant sur cela plutôt que sur la seule question du cannabis.

proche LR : Henry Guaino – contre

Le Député des Yvelines n’ayant pas réussi à se présenter à la primaire LR, a déclaré vouloir se présenter indépendamment. Il est contre et explique à L’AFP « C’est vraiment un désastre moral, cette idée de légaliser le cannabis, les drogues douces comme si elles étaient douces, comme s’il n’y avait pas de rapport entre drogues douces et drogues dures ! » « Mais comment va-t-on élever nos enfants, si on continue de cette façon ? » s’est-il exclamé. »Je sais, quand j’entends Mme Duflot, pourquoi j’ai soutenu Nicolas Sarkozy et pourquoi je ne voulais pas que cette gauche-là – celle de Mme Duflot et de quelques autres – soit au pouvoir », a-t-il insisté.

Parti chrétien-démocrate

Jean-Frédéric Poisson – contre

Jean-Frédéric Poisson, Président du parti chrétien-démocrate et Député des Yvelines est contre. Sur son blog il a fait en 2012 un long article sur ce sujet dont voici quelques extraits “les Verts relancent dans le débat public la « question » de la dépénalisation du cannabis. Chacun savait qu’ils aiment les plantes, mais il y a des limites à tout ! La réalité est qu’aucun des arguments en faveur de cette thèse ne tient. D’ailleurs, bon nombre des pays qui ont pris cette décision s’en mordent désormais les doigts, et aimeraient bien revenir en arrière. La Suisse et les Pays-Bas par exemple. Il est puéril de considérer que les trafiquants arrêteront de trafiquer au seul motif que le cannabis sera en vente libre : les buralistes vous diront combien le trafic de cigarettes leur est préjudiciable, et il n’a jamais été aussi dense … Il est naïf de croire que les « méchants » deviendront gentils du seul fait que leur principale source de revenus aura disparu : 1/ elle n’aura pas disparu, 2/ ils trouveront d’autres façons de maintenir leurs revenus illégaux, et 3/ personne ne connaît les conséquences de toutes ces décisions sur la consommation des drogues chimiques.” Il enfonce le clou un peu plus loin dans son article : “Le cannabis d’aujourd’hui est beaucoup, beaucoup plus dangereux pour l’activité cérébrale, et conduit à la dépendance de manière beaucoup plus rapide.” Sa conclusion : “plutôt que d’assouplir la loi, (il faut) renforcer considérablement les peines contre les auteurs des trafics et les promoteurs de la consommation. Il faut donc réformer le Code pénal dans ce domaine, mais à l’inverse, très exactement, de ce que proposent les Verts.”

Front National

Marine Le Pen – contre

La présidente du Front National, députée européenne, et conseillère régionale des Hauts-de-France (anciennement Nord-Pas-de-Calais) est contre. Elle avait évoqué le sujet en 2011 lors d’une interview sur Europe 1 en déclarant “on n’arrive pas à limiter le trafic car on ne s’en donne pas les moyens, c’est aussi simple que cela. On est en train de perdre la guerre de la drogue mais pour une bonne et simple raison, c’est qu’on ne la mène pas cette guerre de la drogue. C’est [la dépénalisation] une idée profondément dangereuse et ceux qui disent “oh après tout le shit…” se trompent car en l’occurrence ces produits là sont beaucoup plus dangereux dans leurs compositions aujourd’hui qu’ils ne l’étaient d’ailleurs par rapport à l’époque où monsieur Vaillant était peut être un peu hippie et tirait un peu sur le joint”.

Elle ajoute sur la question de la dépénalisation “Nous discutons régulièrement avec des criminologues et là ou ça a été fait, ça a été dramatique. Les résultats de la dépénalisation de la drogue, ça a été l’explosion de la drogue avec des problèmes de santé publique considérable, avec les problèmes psychiatriques de la population qui se sont considérablement aggravés et avec une criminalité qui est en quelque sorte conséquence de l’absence de contrôle de soi-même qu’entraîne la prise de drogue. Evidemment, il y a des gens qui vont être raisonnable. Mais sur une personne raisonnable, il y en aura une autre qui ne le sera pas. Cette fausse bonne idée tourne depuis maintenant 60 ans et, heureusement pour le moment, les gouvernements ont eu la sagesse de ne pas lui donner de conclusion”.

L’opinion de Marine Le Pen vaut actuellement pour l’ensemble du Front National.

2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Auxine Christian

    20 avril 2017 à 0 h 48 min

    Vous ne citez l’UPR ni dans les partis de droite, ni dans les partis de gauche, ce qui est compréhensible puisque c’est un parti de rassemblement. Mais vous ne le citez pas non plus dans les petits partis. Pourquoi ?

    • the watcher

      20 avril 2017 à 9 h 36 min

      Bonjour Christian,

      Je ne comprends pas pourquoi votre commentaire ne s’affiche pas, mais j’essaie tout de même de vous répondre. A la date de rédaction de cet article, Asselineau n’était pas déclaré candidat. Il ne s’est d’ailleurs jamais prononcé sur le sujet, non ?

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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