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Cannabis en France

Petits partis politiques et cannabis

Petits partis politique et cannabis

EELV (Europe Ecologie Les Verts) : 4 candidats à la primaire – pour la légalisation

Les quatre candidats actuels à la primaire interne EELV sont Cécile Duflot, Karima Delli, Michèle Rivasi et Yannick Jadot. Lors du premier débat pour la primaire, les quatre candidats ont répondu être pour la légalisation du cannabis en France. Bref tout le monde est sur la même longueur d’onde chez EELV.

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« Légaliser et encadrer comme c’est le cas dans de nombreux pays européens » pour Karima Delli.

« Il faut une politique responsable en matière de drogues. Et une politique responsable, c’est la légalisation et une politique de santé publique, comme avec le tabac, comme avec l’alcool » estime Cécile Duflot.

Yannick Jadot voit « deux sujets liés au cannabis » : « l’addiction et les trafics ». « C’est en légalisant qu’on résout ces problèmes » préconise-t-il.

Enfin, Michèle Rivasi est pour « la légalisation, l’encadrement et le contrôle ».

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LO (Lutte Ouvrière) : Nathalie Arthaud – indécise

La position de LO n’est pas claire à ce sujet. Le parti a publié il y a quelques années une note mi-figue, mi-raisin indiquant qu’il était difficile de dire si la dépénalisation serait un vrai progrès. Nathalie Arthaud a récemment déclaré que “la répression ne marche pas” et que la question de la légalisation, notamment du cannabis ne doit pas être exclue mais précise qu’elle est “une militante anti-drogue et estime que “la jeunesse a mieux à faire que de chercher des paradis artificiels”. Bref ce n’est pas très clair…

NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) : Philippe Poutou – pour la légalisation

Philippe Poutou et son parti se sont prononcés dès 2011 en faveur de la légalisation qui est selon eux, le «seul moyen pour faire réellement de la prévention et de l’aide à la diminution des risques». Le Nouveau Parti Anticapitaliste pense que ne «plus faire du consommateur un délinquant» est «le préalable à toute politique de santé qui vise à réellement aider les gens dans l’usage de drogues».

PCF (Parti Communiste Français) : Pierre Laurent – pour la dépénalisation

Le PCF a publié une charte en 2012 intitulée « pour une autre politique des addictions » en faveur de la dépénalisation du cannabis (mais pas de la légalisation). Le possible candidat communiste, Pierre Laurent, interrogé à ce sujet à la même époque déclarait que « La question de l’usage des drogues est un problème de santé publique, pas un problème de sécurité. La loi en vigueur, si elle vise à limiter la consommation de cannabis, est en échec puisque la France est un des pays où les adolescents consomment le plus » et s’est prononcé « pour dépénaliser progressivement l’usage » du cannabis car « le mode répressif ne fait pas reculer la consommation » tout en plaidant pour « une politique de santé publique, d’éducation au risque ».

PG (Parti de gauche) : Jean-Luc Mélenchon – pour la dépénalisation

Jean-Luc Mélenchon a très longuement décrit l’effort de légalisation au Canada dans son blog. Mais il n’a pas pris parti très clairement dans un sens ou dans un autre, ni dans son programme, ni dans ses déclarations, si ce n’est d’avancer une critique contre la prohibition : “Parfois, les questions posées sont très lourdes, notamment en ce qui concerne la crainte d’un report vers d’autres drogues plus dures, tant du côté des consommateurs que des dealers et réseaux mafieux. Pour ma part, je n’y crois pas. Le prix et les conditions sociales de l’usage jouent un très grand rôle dans la consommation. Évidemment, il faut aussi tenir compte aussi de l’impact en matière de sécurité routière. Une question à vrai dire déjà posée. Au final, l’expérience de l’alcool, dont les effets d’addiction et de morbidité ne doivent jamais être oubliés, montre que la prohibition n’est pas la solution pour contrôler les risques avec le plus d’efficacité.“

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Néanmoins il a récemment déclaré début 2016 dans une interview Le Grand Jury RTL/ Le Figaro /LCI « À titre personnel, je suis pour la dépénalisation du cannabis. Ne serait-ce que pour briser les reins du trafic. »

1 commentaire

1 commentaire

  1. Lebas

    20 octobre 2016 à 0 h 53 min

    Bonjour,
    Je tiens à préciser que le programme l’Avenir en Commun, conduit par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, retient la décision de légaliser et prendre le contrôle de la distribution du cannabis.
    Cette décision est motivée d’une part par la nécessité de mettre fin au trafic qui génère une délinquance insupportable dans certains quartiers et d’autre part de contrôler la distribution afin que les recettes générées servent à la prévention et à l’éducation. Merci de modifier votre approche, les temps changent, ce ne sont plus les partis qui décideront, mais les citoyens! On a tous à gagner dans cette bataille-là!

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Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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