Cannabis et allaitement : une nouvelle étude alerte des dangers potentiels
Une étude récente confirme que même de petites quantités de THC inhalées se retrouvaient dans le lait maternel. Avec quels dangers pour l’enfant ?
Parue le mois dernier dans la revue Obstetrics & Gynecology l’étude, montre qu’environ 2,5% de la dose de THC consommée finit dans le lait maternel. Et même si cela peut paraître faible, cette dose pourrait être néanmoins suffisante pour altérer le développement neurologique de l’enfant selon le Dr. Teresa Baker, à l’origine de l’étude.
« Nous n’avons aucune idée de ce que cela signifie pour la progéniture », explique Baker au sujet des 2,5%. « S’il y a une exposition chronique [pour le nourrisson], jusqu’à quel niveau est-ce sûr pour l’enfant ? ».
Bien qu’il était déjà su depuis longtemps que les cannabinoïdes peuvent passer de la mère au nourrisson, les recherches sur la quantité de THC qui se retrouve chez le nourrisson et sur la rapidité avec laquelle il sort du corps de la mère manquaient.
Etudes sur le cannabis et l’allaitement
Une étude jamaïcaine de 1991 avait suivi 59 enfants de la naissance à 5 ans et n’avait vu aucune différence entre des enfants élevés par des mères consommant du cannabis et d’autres qui n’en consommaient pas. Chose intéressante, à l’âge de 30 jours, les enfants du groupe de « consommatrices » montraient de meilleurs scores sur « la stabilité autonome et les réflexes. »
D’autres études, comme une australienne de 2014, avaient montré que le THC pouvait interrompre la formation des connexions neuronales du cerveau à l’état fœtal. Les phytocannabinoïdes comme le THC imitent les cannabinoïdes humains qui sont critiques pour le signal hormonal pendant les premiers stades du développement humain. A l’inverse, le lait maternel contient des endocannabinoïdes qui stimulent l’appétit et favorisent le lien entre la mère et l’enfant.
Pourquoi consommer du cannabis en étant enceinte ou quand on allaite nous direz-vous ? Certaines mères, dans les pays où le cannabis est légal (mais pas que), consomment du cannabis pendant la grossesse pour apaiser les nausées et autres vomissements, à la place des médicaments classiques. Teresa Baker recommande toutefois d’éviter tant que possible la consommation de cannabis pendant la grossesse ou la période d’allaitement.
« La manière dont les mères utilisent cette information pour éviter d’exposer leur nourrisson leur revient, mais je leur conseillerais d’éviter. Toujours. Je recommanderais de s’abstenir de consommer pendant 24 heures [avant de le pomper ou d’allaiter] » explique-t-elle. « Plus elles attendent, mieux c’est. »
L’étude note que le pic de THC dans le lait maternel intervient 1 heure après la consommation. Une autre a montré que le THC pouvait rester jusqu’à 6 semaines dans le lait maternel.
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