Suivez-nous

Cannabis en France

Cannaparade : Benoît Hamon défend la rationalité de la légalisation du cannabis

benoit hamon cannabis

Après avoir participé à la Cannaparade, samedi dernier, Benoît Hamon a tourné une courte vidéo dans le métro parisien dans laquelle il présente la légalisation du cannabis comme « la seule réponse rationnelle en matière de santé publique et de lutte contre les trafics ». La vidéo est disponible sur les réseaux sociaux.

PUBLICITE

Une approche rationnelle

Dans cette courte vidéo, Benoît Hamon défend une approche pragmatique des politiques du cannabis. S’il soutient la légalisation du cannabis c’est avant tout qu’il considère qu’elle apportera de meilleurs résultats que les politiques prohibitionnistes actuellement en vigueur. En termes de santé publique d’abord pour « identifier, accompagner, connaître » les consommateurs et ainsi mieux traiter et limiter les addictions mais également en termes de sécurité publique pour « éviter les morts, les guerres de clans, les guerres de quartier qui peuvent exister pour le contrôle du trafic du cannabis ».

« Légaliser le cannabis c’est ce qui relève de la solution rationnelle, raisonnable à un fléau de santé publique et d’ordre publique plutôt que garder une position morale qui consiste à dire « la drogue c’est pas bien » », explique l’ancien ministre socialiste. « Seuls les esprits conservateurs et les autruches du tout sécuritaire s’arcboutent sur la pénalisation inefficace de la consommation du cannabis ».

Cannabis et politique

Cela fait déjà plusieurs années que l’ancien candidat socialiste à la présidentielle de 2017 se dit en faveur d’une légalisation du cannabis. Déjà en 2016, alors qu’il était candidat à la primaire de la gauche et député des Yvelines, Benoît Hamon s’était officiellement positionné pour la légalisation du cannabis – thème qu’il avait abordé dans l’Emission Politique de David Pujadas et Léa Salamé puis promu par le biais de vidéos explicatives. Candidat aux présidentielles, il avait été jusqu’à inclure la légalisation du cannabis dans son programme mais n’avait remporté qu’un maigre score de 6,5%.

Parmi les autres candidats à la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon s’était également dit favorable à la légalisation du cannabis. Avec certains députés de la France Insoumise, il avait même été jusqu’à déposer un amendement pour la légalisation du cannabis en lieu et place de l’article 58 du projet de réforme de la Justice consacrant l’extension de l’amende forfaitaire au délit d’usage de stupéfiants. Un pied de nez en quelque sorte. La sénatrice Esther Benassa qui avait elle aussi participé à la Cannaparade l’année dernière s’était également opposée au projet. L’amende forfaitaire a finalement été promulguée en mars dernier étouffant le débat sur des politiques non-répressives de lutte contre la consommation de cannabis.

PUBLICITE
Cliquez pour commenter

Vous devez être connectés pour poster un commentaire Connexion

Laisser un commentaire

Cannabis en France

Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

PUBLICITE

Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

PUBLICITE
  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

Continuer la lecture

Trending

Ne manquez aucune news, abonnez-vous à notre newsletter !

1 newsletter par semaine, pas de pub !

0