Tealer : l’interview

Tealer

Tealer, c’est avant tout une histoire de potes. Deux colocs qui se sont amusés à livrer des t-shirts via leur 06 et qui ont su profiter de l’engouement suscité par cette audacieuse vente à domicile pour créer une des marques street françaises les plus en vue aujourd’hui. Celui qui irait pour la première fois dans leur shop rue d’Alexandrie, coincé entre les traditionnelles boutiques du Sentier, comprendrait très vite le concept de la marque : des fringues fraîches, aux inspirations multiples, mais toujours dans le vent. Les allusions à la weed sont évidentes pour les initiés, moins pour les quarantenaires qui accompagnent leur teenager acheter le dernier hoodie.

Snoop nous accueille. Il travaille aujourd’hui sur le développement de la marque Tealer. Après une visite des trois étages du shop, sous-sol avec rampe de skate compris, nous nous rendons dans leurs bureaux situés à quelques centaines de mètres rue Saint-Denis, et rentrons dans la fourmilière Tealer.

L’équipe est aujourd’hui composée d’une vingtaine de personnes, de 20 à 45 ans, affairées dans l’open space à créer le prochain visuel, lancer des campagnes Facebook ou monter de nouveaux partenariats.

Comment en êtes-vous venu au « weedwear » ?

Snoop : L’ADN de Tealer, c’est Dealer de T-shirt. A la base c’était un lieu, un numéro qui tournait, t’appelais et on venait te livrer ton t-shirt. L’idée de lancer nos propres t-shirt est venue de l’émission « T-shirt stories » sur ARTE. On s’est dit pourquoi pas nous, avec des t-shirts qui nous ressemblent.

Du coup les motifs print, c’est vraiment votre base ?

S : Oui c’est un peu notre marque de fabrique. Aujourd’hui, tu peux toujours faire imprimer en direct un t-shirt dont le motif est sorti 4 ans auparavant.

Qui décide des designs des vêtements et des accessoires que vous proposez ?

S : Chacun participe à la création des visuels et des accessoires, avec un droit de véto réservé aux boss. Dernièrement, on est particulièrement fier du bang Tealer. On a un seul bang, d’une seule couleur. Cet accessoire a été conçu par l’ensemble de l’équipe. Les accessoires doivent être cool et amusants, là où les vêtements sont confortables et sans forcément de référence à la weed.

Entre weedwear et streetwear, quelle est finalement la cible de Tealer ?

S : Tealer c’est un ensemble. On est nous-mêmes composés de fumeurs et de non-fumeurs, de skateurs, de surfeurs, de snowboarders. Nos profils sont très différents. Et c’est ça qui fonctionne. On n’a pas qu’un ADN. On s’adapte à nos envies et à ce que demande la mode. Et je pense que ça se ressent dans ce qu’on propose.

On connaît Tealer en France, mais la marque Tealer est-elle connue ailleurs ?

S : On est pas mal présent en Europe, en Italie, en Espagne, en Allemagne. On forme des partenariats de distribution dans toute l’Europe. On aimerait se développer aussi dans les pays plus à l’est comme la Pologne ou la République Tchèque où de grosses communautés de skateurs existent.  Pour l’instant, si on n’y va pas, c’est davantage une question d’organisation. Le Canada, les Etats-Unis pourquoi pas on verra car ce sont des gros marchés. En Espagne, on a une boutique éphémère et un distributeur constant. Puis les Cannabis Clubs aussi de plus en plus.

On lance également de belles collaborations, avec des gros artistes internationaux, des gens qui nous inspirent. Ca nous donne une belle visibilité, et pour eux aussi.

Qu’est-ce que vous pensez de la situation du cannabis en France ?

S : La marque Tealer ne se positionne pas vraiment sur ce sujet. On a des avis personnels mais on ne fait pas de politique. En revanche, on n’a jamais eu aucune pression à cause de nos prints. Une fois, une maman pensait qu’on était vraiment des dealers et qu’on voulait faire fumer son fils. Mais c’est rare que les gens ne comprennent pas qu’on ne fait que de la fringue.

Un coffeeshop, un Cannabis Club ou un dispensaire Tealer, ce serait faisable ?

S : C’est possible mais plus sous forme de collaboration, pas vraiment en notre nom. On pourrait vendre nos vêtements et nos accessoires dans ces lieux, mais on n’aura pas de gros logo Tealer sur le fronton. La confusion serait trop grande.

A une période, les références à la beuh étaient omniprésentes sur vos prints. Elle se font aujourd’hui plus discrètes. Comment t’expliques ce changement ?

S : C’est en partie la mode qui veut ça. Y’a 4/5 ans, Wiz [ndlr : Khalifa] démocratisait en quelques sorte la beuh pour la nouvelle génération. Maintenant, on ne fait plus de grandes feuilles qui prennent tout le t-shirt. La mode est un peu passée, donc on fait plus dans le subtil. Et on a mûri aussi.

Dans le subtil ?

S : Oui. Là tu crois que c’est juste un pull jaune pastel ? Regarde bien dans la capuche, cette petite poche (il me montre une petite poche zippée située dans la capuche). A ton avis, à quoi elle sert ?

Jeff, un des deux co-fondateurs de Tealer, nous rejoint. Il faisait partie du duo d’origine avec Alex, l’autre co-fondateur.

L’époque un peu plus ghetto du shop, ça te manque ?

Jeff : Oui clairement. Après, je suis aussi content d’être sorti de notre appartement et d’avoir maintenant un bureau dans lequel on développe confortablement Tealer. Mais a l’époque tout allait super vite, on avait une idée et dans l’heure le t-shirt était prêt.  Si on se trompait c’était pas grave on recommençait. Aujourd’hui, il y’a un processus, on s’est professionnalisé. Les gens comptent sur nous aussi, les clients comme nos partenaires.

Dans 5 ans, tu te vois où ?

J : J’adore Paris mais j’espère avoir d’autres opportunités, voyager. Par exemple, ça fait un an et demi qu’on travaille pour s’implanter à Barcelone. Mon trip, ce serait de monter des teams Tealer un peu partout. Ça m’éclate de monter de nouveaux projets. Y’a pas 6 mois qui se ressemblent. Mais je pourrais tout aussi bien être à fond dans le label Tealer. Je sais pas.

La meilleure zeub que vous ayez fumé :

J : Sans exagérer, c’est la Tealer Kush. On n’y est pour rien, c’est un type en Espagne, il nous a kiffé, il a kiffé nos vêtements et du coup il nous a créé une variété. C’est un tueur, il a fait un croisement juste pour nous. Ca a donné une variété aux saveurs mandarine. T’as l’impression de croquer dedans. Elle n’est pas disponible en CSC pour l’instant. On est les seuls à connaître son goût.

La prochaine soirée Tealer c’est quand ?

J : Le 21 janvier au Showcase. Toutes les soirées, c’est vraiment un kiff. Je passe ma soirée avec des mecs que j’admirais quand j’étais gosse et avec qui je peux jouer maintenant. Un gros trip.

Pour découvrir leur univers, le site Tealer.

Interview

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