Les Nations Unies critiquent les légalisations du cannabis dans le monde

Rapport 2017 des Nations-Unies

Le Bureau International de Contrôle des Narcotiques (INCB) des Nations  Unies a sorti son rapport 2017, étudiant l’évolution de divers sujets tels la vente et l’usage de drogues dans le monde, et suggérant des solutions à un certain nombre de problèmes. Alors que l’INCB appelle ouvertement à une approche plus humaine de l’interdiction des drogues, elle rejette et condamne les expériences de légalisation du cannabis.

En introduction du rapport, le président de l’INCB, Viroj Sumyai, décrit le rôle de l’agence et des politiques internationales sur les drogues.

« Les politiques sur les drogues doivent suivre une approche qui cherche à promouvoir la santé et le bien-être de l’humanité. Les trois conventions internationales de contrôle des drogues fournissent un périmètre large pour que la communauté internationale atteigne ce but. »

Mais dans le rapport, l’INCB rappelle spécifiquement que la Convention de 1961 sur les Narcotiques restreint la légalisation des drogues et n’autorise que l’usage médical et pour la recherche des substances dont le cannabis. L’agence désapprouve nommément les réformes sur le cannabis de l’Uruguay, du Canada, des Etats-Unis, de la Jamaïque ou des Pays-Bas qui cherchent (enfin) à avoir une production légale de cannabis.

 

« Le Bureau réitère que toute mesure qui autorise la consommation de cannabis à des fins non-médicales est en violation avec l’article 4, paragraphe (c) et l’article 36 de la Convention de 1961, et de l’article 3, paragraphe 1 (a) de la Convention de 1988. L’INCB réitère également que la limitation de l’usage de substances contrôlées à des fins de recherche ou thérapeutiques est un principe fondamental auquel aucune dérogation n’est autorisée dans la Convention de 1961. »

Par ailleurs, le rapport de l’INCB revient sur l’épidémie d’opiacés aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Australie, et appelle à ouvrir les options de traitement contre l’addiction tout en décriant « l’accès limité à l’assurance maladie [qui] continue à entraver la gestion de l’addiction et la prestation de soins et de traitements adéquats » aux Etats-Unis. Assez cocasse lorsqu’on voit que le cannabis est utilisé aux Etats-Unis pour traiter l’addiction aux opiacés.

Nous nous étions déjà posé la question de savoir comment le Canada allait pouvoir respecter les conventions internationales tout en légalisant le cannabis. La réponse était simple : soit prouver que la légalisation ne posait aucun soucis de santé publique et faire infléchir la Convention, soit s’en retirer. Ou se dire que les Conventions signées n’engagent que ceux qui veulent bien les respecter et que l’INCB n’a pour seul rôle que de sortir un rapport par an.

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