Dabber peut produire des toxines cancéreuses
Des chercheurs de l’Université de Portland ont trouvé du benzène et d’autres produits chimiques potentiellement cancérigènes dans la vapeur de terpènes, produite en reproduisant les conditions du dab.
Cette étude soulève quelques inquiétudes sur l’innocuité du dabbing, une pratique en vogue parmi les consommateurs de cannabis. Cette pratique consiste à placer un extrait de cannabis sur une surface chaude et d’en inhaler la vapeur. Jusqu’ici, les inquiétudes se portaient plutôt sur les fortes concentrations de cannabinoïdes dans ces extraits, jusqu’à 99% de THC.
Les risques de l’extraction portent également sur la réalisation même du produit qui, lorsqu’elle n’est pas réalisée en respectant les règles de sécurité adéquates, peuvent conduire à des explosions en raison de l’utilisation de gaz inflammable.
« Etant donné la légalisation du cannabis qui s’étend aux Etats-Unis, il est impératif d’étudier la toxicologie de sa consommation pour guider de futures politiques » explique Rob Strongin, professeur à l’Université de Portland et responsable de l’étude. « Les résultats de ces recherches indiquent clairement que le dabbing, même s’il est considéré comme une forme de vaporisation, peut en fait relâcher des quantités significatives de toxines ».
Strongin et son équipe ont donc étudié le profil chimique des terpènes, les molécules qui donnent ses arômes au cannabis et à d’autres plantes, en les vaporisant d’une façon similaire à un consommateur de dab.
Les terpènes sont de plus en plus utilisés dans les liquides pour e-cigarettes, comme nous l’avons vu récemment à Vapexpo. De précédentes recherches par la même équipe avaient déjà trouvé des résidus chimiques toxiques dans la vapeur des e-cigarettes lorsqu’elles étaient réglées sur des températures élevées.
Les différentes expériences réalisées ont montré de hauts niveaux de benzène, un produit chimique cancérigène, et de méthacroléine (MC), un irritant connu qu’on retrouve aussi dans la fumée de cigarette.
Les points de vigilance remontés par l’équipe de chercheurs sont double :
- la dégradation des terpènes lorsqu’ils sont chauffés à de hautes températures, et qui forment la méthacroléine et le benzène
- la difficulté de contrôler la température du nail met les utilisateurs en danger en s’exposant au « dégazage » de produits nocifs. La présence de méthacroléine augmente avec la température. A 322°C, il n’y pas de MC
L’équipe de chercheurs doit désormais se pencher sur l’étude de la dégradation d’extraits de cannabis « entiers » utilisés en dabbing et dans les vaporisateurs à base d’huile de cannabis.
Le PDF de l’étude complète se trouve ici.
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