CBD : la France n’est plus à une incohérence près

Incohérence du CBD en France

Edito. La « récente autorisation » des e-liquides au CBD, ou en tout cas leur découverte par les médias non-spécialisés, est une belle occasion pour pointer du doigt les incohérences qui en découlent.

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E-liquide au CBD vs. Sativex

Le grand public a désormais accès à un produit de confort, le e-liquide CBD. Qu’on y recherche une réduction de ses insomnies, de son stress, une légère relaxation ou qu’on y aille par goût, tout un chacun peut vapoter son CBD sans craindre d’être hors-la-loi. On oublie alors que les personnes malades n’ont toujours pas accès au Sativex, un spray oral contenant du CBD et du THC, et qui pourrait soulager la spasticité liée à la sclérose en plaques de 5000 personnes en France.

Un business pour les agriculteurs hors-France

Le CBD contenu dans ces e-liquides vient pour la plupart de plants de chanvre industriel, dont le taux de THC respecte les règles européennes, soit moins de 0,2%. Un bon point pour notre agriculture ? Si seulement ! Les chanvriers français n’ont aujourd’hui à disposition que 22 variétés de chanvre, ne titrant pas à plus de 6% de CBD, là où les variétés suisses à moins de 1% de THC font grimper le CBD à 20%.

Egalement, l’interdiction d’utiliser les fleurs de chanvre, concentrant l’immense majorité des cannabinoïdes de la plante, et donc du CBD, oblige les chanvriers français à détruire leurs fleurs, jetant par la même occasion des millions d’euros par les fenêtres.

La conséquence ? Il y a de fortes chances que le CBD que vous vapez provienne de l’étranger.

L’interdiction de l’usage des fleurs de chanvre amène également une contradiction intéressante : le CBD vendu en produits transformés, ok. Mais proposé en fleurs ? KO.

Présentation favorable du cannabis

Pierre angulaire de la prohibition du cannabis, l’interdiction de la présentation favorable de l’usage de cannabis a notamment pour conséquence de biaiser l’information autour du cannabis. Principe à discrétion judiciaire, il pourrait par exemple être utilisé sur n’importe qui qui sous-entendrait que le cannabis a certains bienfaits.

Cette limitation de la liberté d’expression tiendra-t-elle encore longtemps alors qu’on voit de plus en plus de cosmétiques au chanvre, de poudre de chènevis, de e-liquides au CBD, et que nombre d’études relèvent le potentiel du cannabis pour traiter des dizaines de pathologies ?

On rappellera à bon escient que la présentation favorable de l’usage ou du trafic de stupéfiants est aujourd’hui passible de 5 ans de prison et de 75000€ d’amende.

Taux limite de THC au volant

La limite actuelle du THC au volant est draconienne : 1ng/mL. Ce taux est suffisamment bas pour que toute trace de THC active le test et vous rende positif. Le ministère de la Santé a pourtant communiqué sur un taux maximum de 0,2% de THC dans les e-liquides au CBD. Cela implique que nombre de consommateurs de e-liquide CBD se retrouveront demain « positif au cannabis », sans en avoir réellement consommé et sans être sous l’effet de stupéfiants.

Un casse-tête vous avez dit ?

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