Sacrée fin d’année pour le cannabis en Nouvelle-Zélande !

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La semaine dernière, le Parlement néo-zélandais approuvait la loi de légalisation du cannabis médical. Quelques jours plus tard, le pays décriminalisait l’usage et la possession de drogues de façon informelle. Aujourd’hui, le gouvernement confirme la tenue d’un referendum sur le cannabis récréatif et précise sa date : il se tiendra en marge des élections législatives du 21 novembre 2020. Si l’issue du referendum s’avère positive, la Nouvelle Zélande deviendra le deuxième pays de la région et le quatrième pays du monde à légaliser le cannabis récréatif – sous couvert que d’autres pays ne le fassent pas entre temps ce qui est fort probable.

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Le referendum

Le referendum était une exigence des Verts en échange de leur soutien (sans participation) au gouvernement de coalition après les élections législatives de 2017, sans lequel le gouvernement était minoritaire à l’Assemblée. Il avait déjà était annoncé lors de l’accord et est désormais confirmé par le ministre de la Justice Andrew Little: “Nous savons quand il aura lieu, nous nous sommes engagés à ce que les résultats soient contraignants, maintenant il s’agit simplement de régler les détails ». Chloe Swarbrick, député des Verts, a précisé qu’un système de régulation basé sur des preuves scientifiques serait proposé en amont pour que les gens sachent exactement sur quoi ils voteront.

Suzanne Kendrick, membre du comité pro-légalisation MakeItLegal, précise que le Nouvelle-Zélande s’ouvrirait à un marché à fort potentiel. Prohibition Partners, une firme de consulting britannique, l’estime à 634 millions de dollars dans son rapport sur l’Océanie. “Nous avons le climat parfait pour ça. Nous avons la culture. Nous avons les compétences agricoles » ajoute Suzanne Kendrick. « L’économie parallèle existe déjà mais l’argent va aux mains de peu. Si le cannabis sort de l’ombre, cet argent pourrait bénéficier aux communautés au travers des taxes »

La décriminalisation

Il y a peu, le gouvernement néo-zélandais a introduit une série de réformes en réponse à l’augmentation des overdoses de drogues synthétiques. Il va notamment durcir les peines pour le trafic de ces drogues mais, en parallèle, il s’est engagé à suivre une démarche sanitaire pour les consommateurs. Un amendement apporté à la loi sur l’usage de stupéfiants spécifie que la police « ne doit pas poursuivre en justice pour simple possession et usage personnel là où une approche thérapeutique est préférable ou là où il n’y a aucun intérêt public à le faire ». En d’autres termes, le choix de poursuivre ou non les individus est laissé à la discrétion de la police ce qui lui permet de concentrer son activité sur les trafiquants. Cette marge de manœuvre s’applique à toutes les substances illicites.

Le ministre de la Police, Stuart Nash, rappelle toutefois que l’usage d’une substance illicite « reste illégal et les gens ne devraient pas être trop complaisant vis-à-vis des risques de poursuites ». « Pour l’instant la police peut user de sa discrétion en ce qui regarde les consommateurs qui souffrent d’addiction et de troubles de santé mentale. Nous cherchons à trouver un équilibre entre décourager la consommation de drogues et reconnaitre que beaucoup d’usagers ont besoin de soutien de la part du système de santé ou d’éducation sur la réduction des risques. Nous ne voulons pas que nos prisons soient remplies de gens qui ont des problèmes d’addiction, nous voulons que ces gens aient accès à un traitement » ajoute-t-il.

Le gouvernement a annoncé qu’il considérait une décriminalisation plus formelle comme le recommande l’enquête du gouvernement sur la Santé Mentale et l’Addiction en Nouvelle-Zélande. Parallèlement, de nouveaux fonds seront alloués aux centre de désintoxication et en particulier à ceux situés dans les régions les plus touchées par les pics d’overdoses. “Il est temps de faire ce qui marche” a déclaré le ministre de la Santé néo-zélandais David Clark.

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