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Cannabis au Canada

A qui va profiter la légalisation du cannabis au Canada ?

cannabis profit canada

Après 95 ans de prohibition, le Canada deviendra officiellement le deuxième pays à légaliser le cannabis au niveau national, à compter du 17 octobre 2018. Le cannabis étant partiellement légal pour raisons médicales depuis 2001, l’industrie canadienne est déjà solidement implantée et prête à étendre son activité au domaine récréatif. Mais à qui va profiter ce nouveau marché de 5 millions de clients potentiels qui risque de devenir un des plus lucratifs du Canada ?

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Big cannabis

Big Tobacco, Big Pharma, la tendance au monopole des industries du tabac, de l’acool ou des médicaments a donné naissance à de véritables géants. Ces derniers atteignent des chiffres d’affaires dépassant le PIB de certains pays, dirigent des opérations gigantesques à l’échelle internationale, sont présents sur tous les continents, et sont en permanente concurrence pour obtenir le plus de parts de marché possibles.

L’industrie canadienne du cannabis semble se diriger vers ce même modèle. Au Canada, Canopy Growth mène la danse, et fut la première entreprise à dépasser le milliards de dollars en terme de capitalisation boursière. Canopy Growth investit constamment dans des plans ambitieux, comme récemment avec la création d’une filiale en Amérique Latine qui comprend le rachat de Spectrum Cannabis Colombia. Lors de son démarrage au TSX (Toronto Stock Exchange, le marché boursier canadien pour les grosses entreprises), la valeur de l’action était à moins de 5$. L’année dernière, elle a quasiment atteint les 50$.

Fin 2017, l’entreprise a même signé un accord avec Constellation Brands, une firme américaine d’alcool, qui a pris près de 10% du capital de Canopy Growth.

Avec Canopy Growth, qui produit déjà chaque année des dizaines de milliers de kilogrammes d’herbe et de dérivés, mais aussi d’autres comme Aurora Cannabis qui se prépare à racheter MedReleaf pour près de 3 milliards de dollars canadiens, ou encore Cronos Group qui capitalise a 1,6 milliards, l’esprit hippie du cannabis d’antan a disparu.

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Des détracteurs du cannabis devenus promoteurs

En 2016, alors même que l’usage médical est légal au Canada, environ 60 000 personnes ont été arrêtées pour des délits liés au cannabis. Selon les chiffres de la justice canadienne, la majorité des arrestations pour des drogues concernaient le cannabis, la moins dangereuse des substances interdites par le Controlled drugs and substances act, et la majorité des poursuites engendrées faisaient suite à une simple possession.

Ces données contrastent avec le succès des entreprises canadiennes du cannabis et la future légalisation du cannabis pour les adultes. Big Cannabis amasse déjà des millions de dollars et les usagers continuent à se faire arrêter. L’action policière serait également disproportionnée pour les personnes de couleur, qui selon les statistiques sont trois fois plus susceptibles d’être arrêtées pour du cannabis, alors que le taux d’utilisation est le même pour toutes les communautés et ethnies.

Les activistes canadiens déplorent une grande hypocrisie dans l’économie cannabique, et pointent du doigt de nombreux anciens acteurs de la prohibition, comme des hauts-policiers ou politiques, qui tentent maintenant d’obtenir leur part du spacecake. Julien Fantino, l’ancien chef de la police de Toronto, déclarait il y a quelques années que légaliser le cannabis était comparable à légaliser le meurtre. Aujourd’hui, il fait partie des dirigeants d’une société de mise en relation de patients et de dispensaires, avec des gens tels que Gary Goodyear et Raf Souccar, deux anciens officiels exécutifs ayant participé et profité de la criminalisation des consommateurs de cannabis.

Pas de place pour les petits

La légalisation n’est pas encore entrée en vigueur que les acteurs majeurs se devinent déjà. Et la place réservée aux petits producteurs se retrouve limitée, face à des entreprises qui ont déjà lancé la construction de sites de culture pouvant produire des quantités astronomiques de cannabis à bas-coût.

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Canopy Growth, à elle seule, a déjà plus de 55.000 mètres carrés d’espace de production, qui va monter à 118.000 d’ici peu. L’entreprise possède déjà Tweed, Bedrocan et Spectrum Cannabis, et est dans une logique d’investissement à long terme qui laisse deviner un désir de domination totale du marché. Il est peu probable que cette nouvelle facette du cannabis, le corporate weed, laisse énormément de place aux petites initiatives.

Par ailleurs, un bon nombre de personnes ayant développé une expertise du cannabis ont déjà été en prison, et peinent donc à se faire une place dans un marché qu’ils ont été les premiers à développer malgré les risques encourus.

Les banques refusent également d’accorder des prêts à des anciens « criminels », d’autres purgent toujours des peines de prison pour trafic international, pendant que les entreprises légales s’étendent au-delà des frontières américaines. A la question « les individus ayant été condamné pour des offenses liées au cannabis pourront-ils participer à l’industrie du cannabis? », le gouvernement canadien a répondu qu’il  « pourrait prendre en compte certains facteurs pour protéger la santé et la sécurité des concitoyens », et que « parmi ces facteurs se trouvent l’historique d’activité criminelle des candidats ».

En bref, le gouvernement canadien pourrait empêcher les plus expérimentés du cannabis d’accéder au business légal, sous prétexte de « protection du système de ravitaillement légal contre l’infiltration des réseaux criminels ».

La légalisation du cannabis au Canada profitera donc en premier lieu aux grosses entreprises du cannabis médical, et à leurs collaborateurs au sein du gouvernement et de l’exécution de la loi. Une petite part du marché sera probablement laissée aux plus petites initiatives, avec le risque d’exclure de facto les personnes anciennement condamnées ou déjà en minorité dans les autres industries.

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Cannabis au Canada

Santé Canada suspend les licences de Canntrust et d’Evergreen

Suspension de licence pour CannTrust

CannTrust a annoncé avoir reçu un avis de suspension de licence de Santé Canada en réponse à la non-conformité de ses installations de production et de culture.

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« Les inspecteurs de Santé Canada ont remis les avis de suspension à CannTrust Inc. aujourd’hui, et saisissent et retiennent tous les produits à base de cannabis sur les deux sites », a déclaré Tammy Jarbeau, porte-parole de l’organisation gouvernementale, dans un email à MJBiz Daily.

« Santé Canada continuera de surveiller de près les actions entreprises par CannTrust Inc. et réévaluera le statut de la licence de la société à mesure que de nouvelles informations seront disponibles », a ajouté M. Jarbeau. « Santé Canada peut également déterminer que des mesures supplémentaires de conformité et d’application sont justifiées. »

CannTrust conserve pour l’instant son droit de cultiver et récolter les plantations en cours, mais pas d’en cultiver de nouvelles ou de vendre du cannabis.

Côté Evergreen Medical Supply, Santé Canada a suspendu la capacité d’Evergreen de « cultiver, transformer et vendre du cannabis, des plantes et des graines de cannabis fraîches et séchées » comme rapporté par Bloomberg.

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« Le 9 août, Santé Canada a suspendu les licences d’Evergreen Medicinal Supply afin de protéger la santé et la sécurité du public, notamment d’empêcher que le cannabis ne soit détourné sur le marché illégal, en raison du non-respect de certaines dispositions de la Loi sur le cannabis et du Règlement sur le cannabis » a expliqué Tammy Jarbeau.

Evergreen, producteur de cannabis basé en Colombie-Britannique a répondu «travailler à des mesures correctives» à la suspension de sa licence.

Les inspecteurs de Santé Canada ont effectué une inspection inopinée dans les locaux de la société à Saanichton, en Colombie-Britannique en avril. L’inspection a révélé «un certain nombre d’observations critiques et une classification globale non conforme» liée aux pratiques de production de la société, à la tenue des registres, au contrôle des stocks et au respect des contrôles de licence. L’entreprise aurait également des impayés de loyer ainsi qu’un bail expiré.

Evergreen a reçu sa licence de vente de cannabis médical en mars 2017 et a principalement pour but de produire du cannabis pour d’autres producteurs de licences agréés. Evergreen exploite une installation de 600m² et avait prévu de tripler sa surface de culture.

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