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ONU : entre inertie politique et conservatisme, le cannabis en ballottage défavorable

Cannabis à l'ONU

Fin janvier 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaissait pour la première fois l’utilité et le potentiel thérapeutique du cannabis, et demandait aux gouvernements de la planète d’assouplir le statut de cette plante en droit international. Aux mains des politicien.ne.s depuis un an, la proposition de l’OMS, pourtant modérée et consensuelle, pourrait passer à la trappe de l’Histoire… au risque de creuser un peu plus la fracture entre politiques internationales des drogues, et réalités vécues sur le terrain par les patient.e.s, les professionnel.le.s de santé et les chercheur.euse.s.

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La proposition de l’OMS, fondée sur une revue complète de la littérature scientifique et des données de terrain par un comité international d’experts et expertes indépendant.e.s, est taillée sur mesure pour satisfaire les États. Elle ne forcerait aucun gouvernement à assouplir ses lois sur le cannabis, et en même temps elle permettrait aux pays qui le souhaitent de faciliter l’accès et la disponibilités du cannabis ou de ses dérivés à des fins médicales. Elle adopte une approche inclusive quant aux formes pharmaceutiques, n’excluant pas la forme herbale, et ne montrant de préférence pour aucune formulation particulière : le choix est laissé aux pays, s’ils le souhaitent, de choisir le type de médecine cannabique qu’ils souhaitent autoriser (y compris les usages traditionnels, comme la médecine Ayurveda en Inde qui comporte déjà plus d’une centaine de préparations différentes de la plante). La recommandation de l’OMS permettrait aussi de simplifier la vie des pays ayant déjà mis en place un programme d’accès au cannabis médicinal, en réduisant les formalités ultra-complexes à tous les niveaux qui sont principalement dues à la classification actuelle du cannabis dans les Conventions internationales. Or c’est précisément la classification du cannabis que l’OMS recommande de modifier dans ses conclusions de 2019, comme conséquence de la reconnaissance symbolique de l’utilité thérapeutique.

Pourtant, alors que l’OMS a passé trois ans à peaufiner une proposition ne froissant aucun des camps et prenant en considération les témoignages de toutes les parties prenantes, il semblerait que l’inertie et le conservatisme politique soit au point de gagner le bras de fer contre la raison scientifique et la souffrance des patient.e.s.

L’OMS, l’Uruguay et la Jamaïque au secours du cannabis médicinal. Et les autres ?

En mars dernier, le forum de l’ONU (Commission des stupéfiants) qui devait ratifier ces recommandations de l’OMS a décidé de repousser la décision à mars 2020. À l’époque déjà, bien peu des nombreux pays ayant réformé leur politiques sur le cannabis médicinal s’étaient exprimés pour soutenir l’OMS. Seul l’Uruguay avait eu le courage de défendre la reclassification en déclarant “ne pas être en accord avec le fait de repousser la nécessaire discussion des recommandations de l’OMS” rejoint par la Jamaïque pour qui le délai représentait une “grande déception”. Étrangement, des États à l’avant-garde des politiques d’accès au cannabis à des fins médicales comme les Pays-bas, Israël, Colombie, et même le Canada, sont restés plutôt silencieux (voire critiques) de l’OMS. En un an, la situation ne s’est guère améliorée ; il semble désormais que les gouvernements soient en train de se coaliser pour qu’en mars prochain la discussion des conclusions de l’OMS soit une nouvelle fois retardée.

Une telle “flemme décisionnelle” s’explique aussi par la bulle dans laquelle évoluent les gouvernements. Alors que le droit international du cannabis impacte directement la vie des citoyen.ne.s lambda aux quatre coins du globe, peu de pression sociale s’est exercée. 

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Sur d’autres enjeux importants comme le changement climatique, les droits des peuples autochtones, ou l’interdiction du glyphosate, la pression des mouvements sociaux et de la société civile dans son ensemble, l’observation constante et critique des processus de décision, et a été, et continue d’être clef inévitable au décrassement de l’ONU, peu d’écho s’est fait ressentir sur la question cannabis. En France pas plus qu’ailleurs, hormis Newsweed, aucun journal de grand tirage n’a publié d’analyse, de dossier spécial, de tribunes communes entre patients et médecins, ni les chaînes de télévision consacré de débat aux conclusions, pourtant historiques, de l’OMS. Une telle absence de mobilisation et soutien social est sans doute interprété comme une “carte blanche” par les gouvernements, pour continuer à ne rien faire.

Une occasion unique depuis 1961, victime de la flemme des politiciens… et de la flemme des personnes concernées à se mobiliser ?

KRZ

Kenzi est un chercheur interdisciplinaire franco-algérien basé à Barcelona. Spécialiste du droit international du cannabis, il promeut la réforme des politiques publiques en matière de drogues. Il est co-fondateur de NORML France, du think-tank FAAAT, et de CATNPUD (réseau des personnes usagères de drogues de Catalogne). Prônant la recherche-action (collaboration du monde universitaire et des citoyen.ne.s) comme catalyseur des changements politiques et sociaux, Kenzi s’intéresse au dialogue entre droit international et initiatives locales, articulant son travail autour des questions d’éthique, de droits de l'Homme, de commerce équitable et de développement durable, pour tout ce qui concerne les plantes, mycètes, substances et produits psychoactifs et/ou déclarés illicites.

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