La Marche Mondiale du Cannabis 2016 : part. 2

Marche mondiale du cannabis à Paris

Après les différents mouvements de la Marche Mondiale du Cannabis la semaine dernière à travers la France et le monde, Paris avait droit à son défilé en ce 14 mai. Ambiances et sensations au cœur d’une marche pacifique.

Une sortie de métro un poil différente que d’habitude à Bastille. Aux pourtours de l’Opéra, des groupes attendent les derniers arrivants afin de rejoindre la masse qui se forme peu à peu. « Ca sent d’ici votre cochonnerie »  me dit une mamie qui tente de traverser la place. En s’approchant du char musical, on découvre, à droite, les escaliers de l’Opéra Bastille noirs de monde.

Un stand situé au bord de la route distribue des tracts de sensibilisation sur une potentielle légalisation du chanvre et du cannabis. Contre rémunération, vous avez accès à toute la littérature francophone sur la plante verte.  Le chanvre, le cannabis du rêve  aux mille utilités d’Alexis Chanebeau était accessible pour 19€. Joint à la bouche, l’une des organisatrices me confie que le mouvement réunit beaucoup plus de monde que l’an dernier. Environ 3000 personnes étaient présentes selon les organisateurs, le Comité Ad’Hoc pour l’Organisation de la Marche Mondiale du Cannabis 2016 à Paris.

A 14 h 45, la première camionnette ouvre la voie au cortège par le boulevard Beaumarchais. Seulement une voie sur deux est allouée à la manifestation, la deuxième direction Bastille reste ouverte au trafic.

Au fil des minutes passées autour du char, on découvre un public précoce (17 /22 ans) qui viens plus célébrer la consommation de cannabis que contester la politique de répression du gouvernement.  Sur une musique électro à haut battement par minutes, les manifestants roulent joint sur joint, en marchant, assis et même en dansant.  Les riverains sortent sur leur balcon, acclamés par la foule, ils savourent les effluves massifs de THC dégagés par les 2000 personnes. Les commerçants du Boulevard Beaumarchais, sourire aux lèvres, se postent sur le trottoir pour prendre en photo la manifestation la plus originale de l’année. Sauf pour la gérante du pressing  qui subit un véritable aquarium. Pas de chance pour elle, le char a ralenti juste devant sa vitrine. Une ambiance détendue sur le trottoir d’en face, passants et touristes  font des selfies.  La Rue Charles Luizet, à deux pas de l’arrêt de métro Filles du Calvaire, marque un tournant pour toutes les bouches pâteuses et les estomacs réclamant leurs récompenses. Un Supermarché !!! Des lignes entières du défilé bifurquent vers la supérette pour se réapprovisionner.

« P2 pour celui qui a une clope »

Vers 16 h, le soleil vient envelopper le défilé qui se déroule sans incidents. Sur les trottoirs, chaque espace, chaque banc est utilisé pour rouler son pétard, les différents groupes s’y réunissent en attrapant les rescapés un peu perdu. Le speaker tente, sans succès, d’exciter la foule du cortège avec un #parisjuana mais le char électro trouve beaucoup plus d’adeptes. La pénurie de matos se fait sentir, on gratte feuilles et clopes pour profiter de ce moment de liberté, on ne sait pas encore quel sera l’accueil des autorités sur la Place de la République.

L’arrivée à la Place de la République fragmente le cortège. Le char reste bloqué à l’entrée de la place. Les piétons suivent la pancarte des leaders de la marche. Les vendeurs de bouffe mobiles saisissent l’occasion pour se rapprocher des marcheurs de cannabis. Très vite, on entend des ventres sur pattes « c’est combien la brochette ? ».  Le char arrivera finalement à se positionner en face d’un rassemblement au drapeau rouge communiste et à gauche d’un mouvement pro-palestinien.

Aucun débordement n’est à signaler, les forces de polices ont parfaitement encadré cette manifestation pacifique. Le rendez-vous est fixé l’année prochaine, toujours plus nombreux.

Théo Caillart

Crédit Photo : @Ridershow et Légalisation-Douce

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