Au Mexique, la dépénalisation du cannabis pour lutter contre le narcotrafic
Un vent de nouveauté souffle au Mexique depuis ce dimanche 1er juillet avec l’accession à la présidence de Andrés Manuel López Obrador, premier président de gauche du pays. Cet événement pourrait bien faire évoluer le statut légal du cannabis au Mexique puisque le nouveau président prévoit de nommer Olga Sánchez Cordero, ex-ministre de la Cour Suprême favorable à la dépénalisation du cannabis, au poste de ministre de l’intérieur. Sa future accession augure un changement radical de politique.
Nouveau gouvernement, nouvelle politique
La future ministre de l’intérieur a révélé, dans une interview à l’AFP, les mesures qu’elle comptait prendre en matière de sécurité publique, une fois sa nomination effective. Elle soumettra donc au nouveau président un projet de loi concernant la dépénalisation de la culture et de l’usage récréatif du cannabis.
Ce projet s’inscrit dans l’objectif global de lutte contre le trafic de drogue qui ronge le pays. 2017 a été l’année la plus sanglante du 21ème siècle au Mexique avec une expansion importante des cartels et une augmentation des assassinats, enlèvements et disparitions. Ce constat révèle l’inefficacité des précédentes politiques de lutte contre le narcotrafic (présence militaire, durcissement des sanctions) qu’avaient promues Enrique Peña Nieto et Felipe Calderón avant lui.
Olga Sánchez Cordero optera pour des méthodes alternatives qui n’impliquent pas le recours systématique à la force armée et aux services de police (par ailleurs gangrenés par la corruption). Elle déclare elle-même : « nous n’allons pas combattre la violence avec de la violence ». L’objectif de cette nouvelle politique est de développer un circuit légal qui rendrait obsolète le narcotrafic et diminuerait l’influence des cartels sur la jeunesse.
Comment va-t-elle opérer ?
Pour mettre en place sa nouvelle politique elle aura recours à la « justice transitionnelle », une série de mécanismes juridiques spéciaux qui sont accessibles dans le cas de violations systématiques des droits de l’homme dans un pays.
Elle envisage également amnistie et réduction de peines pour les membres de cartel emprisonnés qui collaboreraient pour localiser les disparus ainsi que pour les jeunes mobilisés de force. La dépénalisation ne se limitera pas au cannabis mais pourrait également concerner d’autres plantes afin d’en permettre la culture légale pour le marché des pharmaceutiques légaux.
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