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Etudes

Les patients se tournent de plus en plus vers le cannabis pour soigner les troubles de l’humeur

troubles de l'humeur cannabis

Les analystes de CB2 Insights ont mené l’enquête sur les principales affections pour lesquelles les patients utilisent du cannabis médical aux Etats-Unis. Leur rapport met en évidence la prédominance des troubles de la santé mentale et de l’humeur et souligne l’absence de reconnaissance de ce genre d’affections dans les programmes de cannabis médical légaux et au sein de la recherche. Les chercheurs appellent à plus de recherche sur le cannabis comme potentiel traitement dans un contexte d’urgence sociale et sanitaire.

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L’étude

Les chercheurs ont sondé 463 patients de 16 cliniques différentes, situées dans 4 Etats américains (Massachusetts, Maine, Connecticut, Delaware), pendant 4 semaines. Ils ont d’abord listé les conditions précises qui ont attiré les patients vers l’utilisation de cannabis médical puis les ont ensuite regrouper par catégories. En tête on trouve donc les troubles de l’humeur (dépression, anxiété, SPT) qui représentent 34.77% des patients, suivis des affections liées à la douleur (33,05%), des troubles du sommeil (15,33%), des troubles physiologiques (12,96%), des troubles de l’appétit et des troubles neurologiques (<5%).

catégories cannabis médical

33 Etats américains et Washington DC ont déjà mis en place un programme de cannabis médical. Cependant, de grandes divergences existent entre ces programmes : certains Etats autorisent presque 40 maladies alors que d’autres n’en autorisent que 8, d’autres encore laissent la décision aux praticiens qui peuvent prescrire du cannabis quand ils le jugent nécessaire. Au total, au moins 70 maladies sont reconnues pour l’utilisation de cannabis médical mais, dans la majorité des cas, les troubles de l’humeur ne le sont pas.

Dans le Massachusetts et le Maine, où résident la majorité des patients interrogés, les docteurs sont autorisés à prescrire du cannabis médical quand ils le jugent nécessaire. Les patients peuvent donc y avoir accès pour soigner des troubles de l’humeur et il semble qu’ils soient nombreux à le faire puisque c’est la première cause de prescription de cannabis médical selon cette étude. D’autres études montrent en revanche que ce sont plutôt les douleurs chroniques qui l’emportent mais peut être est-ce tout simplement à cause du manque d’accès au cannabis pour les troubles de l’humeur.

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Parmi les 26 Etats qui ont établi une liste de maladies, aucun d’entre eux n’incluent les troubles de l’humeur dans leur programme – à l’exception du syndrome de stress post traumatique (24 Etats). Cela suggère que l’utilisation du cannabis pour soigner les troubles de l’humeur n’est pas une priorité chez la recherche et chez les régulateurs, malgré le fait que ce soit une pratique courante chez les patients. Il est en outre possible que le cannabis pâtisse encore de la propagande prohibitionniste qui l’a toujours associé à la psychose.

Les troubles de l’humeur, une urgence sanitaire

Selon le Centre de Contrôle des Maladies américain (CDC), l’usage d’antidépresseurs a augmenté de 65% depuis 1999. selon les chercheurs de CB2 Insights, la propension des médecins à prescrire des antidépresseurs et la dépendance croissante des malades à ces médicaments suggèrent que les troubles de l’humeur devraient être plus reconnus par les autorités gouvernementales. Le CDC a récemment publié une étude selon laquelle dans 25 Etats et au niveau fédéral, le suicide fait maintenant partie des 10 premières causes de décès et contribue directement à faire baisser l’espérance de vie du pays.

En France, on estime que près d’une personne sur cinq, a souffert, souffre ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Le rapport de l’Observatoire National du Suicide publié il y a un an montre qu’il y a en moyenne plus d’un suicidé par heure en France (environ 10 000 par an). Le suicide est devenu la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans dans le monde après les accidents de la route et selon les chiffres de l’OMS, les troubles dépressifs représentent le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial.

Malgré ces chiffres, les troubles de santé mentale sont encore mal compris et mal soignés. Le cannabis pourrait être une alternative possible aux antidépresseurs étant donné qu’il joue effectivement un rôle dans la régulation des humeurs en agissant sur le système endocannabinoïde. La recherche manque sur le sujet mais les patients semblent se tourner de plus en plus vers le cannabis pour soigner ce genre de conditions.

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Les analystes de CB2 Insights font le choix de travailler avec des données réelles (Real World Data) pour pouvoir mettre en évidence le fossé entre la régulation du cannabis et la pratique réelle des patients et potentiellement orienter la recherche vers ces pratiques. « La RWD pourrait être la clé pour combler les zones d’ombre laissées par les restrictions qui pèsent sur les traditionnels essais cliniques randomisés. Le cannabis ouvre un horizon infini pour la recherche. Cependant, à l’inverse d’autres médications qui sont arrivées sur le marché, la prolifération du cannabis comme médicament a court-circuité la structure des essais cliniques traditionnels ».

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Etudes

Le cannabis pourrait changer les gènes liés à l’autisme dans le sperme

autisme et cannabis

Selon une petite étude, un gène spécifiquement associé à l’autisme semble subir des changements dans le sperme des hommes qui consomment du cannabis. La mutation génétique s’opère selon un processus appelé méthylation de l’ADN et pourrait éventuellement être transmis aux générations suivantes.

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Publiés dans la revue Epigenetics, les chercheurs précisent que les résultats de cette étude n’établissent pas de lien définitif entre consommation de cannabis et autisme, mais la possibilité de liens supplémentaires et la nécessité d’études urgentes pour les pays qui légalisent l’usage médical et/ou récréatif du cannabis.

Susan Murphy, l’auteure principale et étudiante au doctorat, et ses collègues ont mené des études sur des modèles animaux et humains et ont analysé les différences de sperme entre des hommes consommateurs (par combustion ou ingestion) et non-consommateurs.

Dans des travaux antérieurs, publiés en décembre, les chercheurs ont noté plusieurs changements dans le sperme des hommes qui fument du cannabis. L’étude actuelle s’intéresse à des gènes spécifiques, en particulier à celui appelé Discs-Large Associated Protein 2, ou DLGAP2. Ce gène est impliqué dans la transmission des signaux neuronaux dans le cerveau et est fortement impliqué dans l’autisme, la schizophrénie et les troubles de stress post-traumatique.

« Nous avons identifié une hypométhylation significative au niveau du gène DLGAP2 dans le sperme des hommes ayant consommé du cannabis par rapport au groupe témoin, ainsi que dans le sperme des rats exposés au THC par rapport au groupe témoin, « a déclaré Schrott. » Cet état hypométhylé a également été détecté dans la région du cerveau antérieur de rats nés de pères exposés au THC, soutenant le potentiel d’héritage intergénérationnel d’un modèle modifié de méthylation de l’ADN du sperme.  »

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L’équipe de l’niversité Duke a découvert une différence basée sur le sexe entre la méthylation de l’ADN et l’expression des gènes dans les tissus cérébraux humains. Dans les tissus cérébraux tant masculins que féminins, une méthylation accrue de l’ADN était associée à une diminution de l’activité des gènes. Cette relation était plus forte chez les femmes et semblait moins bien entretenue chez les hommes, bien que la raison en soit inconnue à ce jour. Cette anomalie était notable, le ratio garçons/filles autistes étant de 4:1. Il existe aussi des différences entre les sexes en ce qui concerne les symptômes neurocomportementaux.

« Il est possible que la relation entre la méthylation et l’expression soit modifiée si le changement de méthylation que nous voyons dans le sperme est hérité par la progéniture », a déclaré Murphy. « Quoi qu’il en soit, il est clair que la région de méthylation de l’ADN au sein du gène DLGAP2, modifié en association avec la consommation de cannabis, est fonctionnellement importante dans le cerveau. »

Murphy a expliqué que la taille de l’échantillon de l’étude était petite – elle comprenait 24 hommes, la moitié ayant consommé du cannabis et l’autre non – et ne prenait pas en compte les facteurs confusionnels tels que le régime alimentaire, le sommeil et la pratique du sport, mais que les résultats devraient inciter à poursuivre les recherches.

« Compte tenu de la prévalence croissante du cannabis aux États-Unis et du nombre croissant d’États qui en ont légalisé l’usage, nous avons besoin d’études supplémentaires pour comprendre en quoi cette drogue affecte non seulement les fumeurs, mais aussi leurs enfants à naître », a déclaré M. Murphy. « Il y a une perception que le cannabis est bénin. D’autres études sont nécessaires pour déterminer si c’est vrai. »

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