Le programme de culture légale néerlandais fustigé par les municipalités qui l’avaient demandé

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Alors que des dizaines de municipalités néerlandaises avaient exprimé leur souhait de participer au programme d’expérimentation de culture légale du cannabis, elles se rétractent une à une face aux demandes impossibles du gouvernement. Ce dernier pourrait finalement avoir du mal à trouver des volontaires. En permettant aux communes de produire du cannabis sur leur territoire, l’expérimentation devait solutionner l’ambiguïté actuelle du système des coffee shops néerlandais qui vendent légalement du cannabis mais se fournissent illégalement sur le marché noir.

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Des demandes impossibles

Les dirigeants des communes ont exprimé leur mécontentement à travers l’Association des Municipalités Néerlandaises (VNG). Une des principales objections faites concerne le fait que l’expérimentation ne sera pas automatiquement maintenue en cas de succès. Il semble incohérent pour les communes de demander aux coffee shops de retourner se fournir au marché noir après 4 ans d’approvisionnement légal. « C’est immoral » s’indigne le maire de Breda, Paul Depla.

Deux autres mesures ont suscité le mécontentement: le fait que tous les coffee shops des villes en question aient obligation de participer à l’expérimentation et la restriction des ventes aux seuls résidents néerlandais. Pour Femke Halsema, la mairesse d’Amsterdam, demander à tous les coffee shops de cesser tout contact avec leurs fournisseurs en même temps et d’un seul coup semble impossible. La ville ne compte pas moins de 166 coffee. Elle est également la capitale historique d’un tourisme cannabique lucratif, le fait de ne pas vendre aux étrangers y semble inconcevable. Cette mesure pose également problème pour des villes frontalières comme Venlo où de nombreux Allemands s’approvisionnent.

Un autre point de friction concerne le nombre limité de variétés disponibles selon le programme, soit 10 à 14 variétés d’herbe et 5 à 10 types de haschisch. En comparaison, la gamme de produits à Amsterdam s’étend au delà de la centaine de variétés. De telles restrictions pourraient conduire les consommateurs à se fournir directement auprès du marché noir et les coffee shops à contourner les réglementations. Elles seraient donc complètement contreproductives et signent d’avance l’échec de l’expérimentation. Les municipalités ont demandé à rencontrer les ministres de la Santé et de la Justice Bruno Bruins et Ferdinand Grapperhaus pour discuter des régulations. Elles ne sont pas les seules à rejeter le programme qui est également critiqué par le Conseil d’État, le plus important organe consultatif du gouvernement.

Amsterdam refuse de participer

La mairesse d’Amsterdam a envoyé une lettre au ministre de la Justice Ferdinand Grapperhaus et au ministre de la Santé Bruno Bruins annonçant que la ville ne participerait pas au programme tel qu’il est conçu actuellement. Elle le considère comme infaisable et « dangereux pour l’ordre public ». Elle demande qu’il soit révisé avec des mesures plus progressives et mitigées qui autoriseraient en l’occurence certains coffee shops à ne pas participer au programme, au moins pour un certain temps, et qui mettrait en place une période de transition pendant laquelle les coffee pourraient écouler leur stock avant de ne se fournir qu’auprès de la commune.

La ville voudrait dans l’idéal participer à l’expérimentation. Elle faisait même partie avec Rotterdam et Utrecht des premières instigatrices du projet. C’est pourquoi elle demande que les réglementations soient ajustées. La ville compte environ un quart des coffees de tout le pays. Pour certains comme Jozias van Aartsen, l’ancien maire d’Amsterdam par intérim en 2017, c’est trop, mais pour d’autres comme le leader du parti les Démocrates 66 « Si ça ne marche pas à Amsterdam ça ne sert à rien ».

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