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Cannabis au volant

Le Michigan reconnait que le taux de THC dans le sang n’est pas un indicateur fiable pour la conduite sous influence

cannabis et conduite automobile

La question du cannabis sur les routes reste un véritable casse-tête pour les pays et Etats qui l’ont légalisé, comme pour ceux qui ne l’ont pas légalisé d’ailleurs. En effet, les test actuellement disponibles sont peu fiables et, plus largement, les effets du cannabis sur la conduite sont complexes à évaluer.

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Doivent-ils être mesurés en termes de THC dans le sang ? Ce n’est pas l’avis d’une commission du Michigan chargée d’étudier la question. Dans un rapport publié la semaine dernière, celle-ci recommande de ne pas imposer de limites de THC dans le sang.

Une corrélation trop faible

Après deux ans passés à étudier la question, les six membres de l’Impaired Driving Safety Committee nominés par le gouverneur de l’Etat ont conclu que la corrélation entre le taux de THC dans le sang et l’altération de la conduite était trop faible. « Le taux de THC dans le sang est un indicateur de l’exposition mais n’est pas un indicateur fiable de l’altération de conscience de l’individu » écrit le rapport. Pourtant, c’est l’indicateur en vigueur dans les contrôles routiers (les tests salivaires sont toujours confirmés par des analyses sanguines).

La commission avance plusieurs raisons à cette conclusion. Premièrement, lorsque le cannabis est fumé ou vaporisé, les niveaux de THC augmentent rapidement et diminuent tout aussi rapidement : en 10 minutes ils réduisent de moitié. Cette fluctuation est déjà problématique. Deuxièmement, il est possible d’avoir du THC dans le sang sans être sous l’influence des effets du cannabis. En effet, le THC reste environ une semaine dans le sang après la dernière consommation et, chez les consommateurs réguliers, il peut rester plus d’un mois. Le THC reste donc présent dans le sang bien après que ses effets se soient dissipés.

Malgré ces faits, certains Etats américains continuent d’imposer des limites arbitraires de THC dans le sang. C’est le cas du Colorado, du Washington, du Montana, du Nevada et de l’Ohio d’après High Times. Sous les lois actuelles du Michigan, aucun niveau de THC dans le sang n’est toléré mais avec la récente légalisation du cannabis récréatif et celle du cannabis médical en 2008, le précédent gouverneur a jugé bon de se pencher sur la question et a commissionné ce rapport. Il appartient désormais à la législature d’établir de nouvelles règles pour la conduite sous influence d’après les recommandations du rapport.

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En étudiant des simulations, la commission a également fait une découverte intéressante : elle a trouvé que les conducteurs sous influence du cannabis avaient tendance à s’ajuster aux effets subjectifs du cannabis. Ils conduisent donc plus lentement, gardent les distances de sécurité et prennent moins de risques que quand ils sont sobres ce qui n’est typiquement pas le cas des conducteurs sous l’influence de l’alcool. Ces derniers ont tendance à conduire plus vite, plus proche et à prendre plus de risques que quand ils sont sobres. La commission a donc conclu que les conducteurs sous influence du cannabis sont moins dangereux que ceux sous l’influence de l’alcool.

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Cannabis au volant

Canada : nouveau dispositif pour contrôler le taux de THC au volant

Canada un nouveau dispositif pour contrôler le taux de THC dans la salive va être mis en place

Le gouvernement canadien vient d’autoriser l’utilisation d’un nouvel appareil, le Abbot SoToxa, capable de tester le taux de THC dans la salive des usagers de la route. Ce dispositif est le deuxième du genre, puisqu’une autre machine avait été approuvée il y a quelques mois, le Drager DrugTest 5000. La loi sur la conduite sous l’influence de drogues canadienne établit une norme de 2 nanogrammes de THC par millilitre de sang pour une infraction simple, et de 5 nanogrammes par millilitre pour une infraction mixte. La peine encourue pour la première peut aller jusqu’à une amende de 1000 dollars canadiens, et jusqu’à 120 jours de prison en cas de récidive à plus de 5ng/mL.

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Ces mesures pour contrôler une potentielle altération de l’attention due à la prise de cannabis ont été autorisées en décembre 2018 au Canada, même si le gouvernement peine à étendre son utilisation sur le territoire. Certains membres des forces de l’ordre ont des doutes concernant l’intérêt réel de l’outil, puisque la présence de THC dans la salive n’indique pas forcément que l’individu est toujours sous l’effet du stupéfiant. En effet, la vitesse à laquelle le THC disparaît du corps dépend de plusieurs facteurs, comme le poids, le taux de graisse, ou la quantité consommée.

De plus, l’outil est également très sensible à la température extérieure, notamment au froid. Au vu du climat canadien, on peut s’attendre à des perturbations et à des résultats biaisés, facilement contestables par des avocats. La police a donc précisé qu’ils ne l’utiliseraient que dans des environnements à température contrôlée, comme à l’intérieur d’un véhicule de police ou d’une unité mobile à un point de contrôle.

Le dispositif sera donc seulement utilisé pour « confirmer la présomption de la présence de la drogue », selon une déclaration du gouvernement. Cela, « combiné avec d’autres observations faites par le policier, pourra donner lieu à une enquête plus poussée, soit en demandant une évaluation de la reconnaissance de la drogue, soit un échantillon de sang », a indiqué le gouvernement. La prise de sang devra cependant avoir lieu au maximum deux heures après le contrôle de police.

Pourtant, la mesure du taux de THC dans la salive n’est pas un moyen efficace pour déterminer une altération de l’attention réelle, comme indiqué dans une étude de l’Université de Marseille en 2017. Ces résultats ont aussi été confirmés par l’Etat du Michigan, qui avait montré dans une étude récente que les tests sanguins étaient très peu fiables pour la vérification de la sobriété des conducteurs.

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