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Maladie de la cigarette électronique : le cannabis est-il vraiment en cause ?

Accidents vape au THC

De nombreux accidents liés à la consommations de cigarettes électroniques surviennent actuellement aux Etats-Unis. Les derniers chiffres évoquent au moins 215 personnes intoxiquées dans 25 Etats au 30 août dont un décès dans l’Illinois selon le dernier point du Centers of Disease Control (CDC) vendredi dernier.

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Les rapports indiquent des détresses respiratoires aiguës sévères ressemblant à des pneumonies lipoïdes. Les poumons se remplissent de liquide, sont extrêmement enflammés, et perdent momentanément ou définitivement leur fonction. En Californie, deux patients ont eu besoin d’une ventilation mécanique. Les stéroïdes ont atténué l’inflammation des poumons, mais leur rétablissement a pris plusieurs semaines de soins hospitaliers. Certains patients auront d’ailleurs des lésions pulmonaires permanentes.

La Californie compte 24 cas suspects de réponse pulmonaire hyperinflammatoire, identifiés au départ dans la ville d’Hanford le 14 août, qui faisaient suite à 7 jeunes adultes ayant souffert de détresse respiratoire aiguë soudaine le mois précédent. Le dénominateur commun : chaque personne avait acheté des cartouches de THC au marché noir.

Les accidents ne viennent pas de produits légaux

Aucun cas rapporté n’a été associé avec un produit au cannabis vendu sur les marchés légaux, que ce soit à usage médical ou à usage adulte. La plupart des accidents se produisent d’ailleurs dans des Etats ou des comtés qui n’ont pas légalisé le cannabis : Connecticut, Illinois, Indiana, Iowa, Minnesota, Michigan, Caroline du Nord, New Jersey, Nouveau-Mexique, New York, Pennsylvanie, Texas, Utah et le Wisconsin. Les accidents californiens se sont produits dans le comté de Kings, qui a interdit les magasins de cannabis.

Les autorités américaines cherchent actuellement la source de ces accidents. Plusieurs produits ont été remis par les victimes pour analyse, de plusieurs marques de rue, dont les résultats ne sont pas encore connus.

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Le CDC, qui commence toute juste à rassembler des informations, n’est pas non plus sûr que toutes les intoxications soient liées à un seul contaminant ou à une combinaison de toxines, ni si les victimes souffrent de la même maladie ou de quand les problèmes respiratoires ont réellement commencé.

«Le plus important et qu’il y a tout un tas d’éléments dans les e-cigarettes qui peuvent avoir des implications sur le bon fonctionnement des poumons», a déclaré le Dr Brian King, directeur adjoint du CDC.

Le marché noir ne garantit pas la qualité de ses produits

Les cartouches de e-liquide, avec ou sans cannabinoïdes, existent depuis plusieurs années. Elles sont généralement composées de propylène glycol, de glycérine végétale ou de MCT, des composants jugés sûrs en France, légèrement moins aux Etats-Unis, la FDA ayant proposé d’ajouter le propylène glycol dans sa liste des «constituants nocifs ou potentiellement nocifs des produits du tabac».

On a également vu des analyses remonter des pesticides, des résidus de solvants d’extraction, des métaux lourds ou des cannabinoïdes synthétiques dans les cartouches achetées au marché noir. Mais sans intoxications comme celles de cet été. Et le marché noir n’a pas entendu cet été pour vendre des cartouches au THC. Elles imitent d’ailleurs parfois les marques légales, avec des cartouches venues de Chine, sans contrôle qualité et très facilement trouvables. Quelque chose aurait donc changé ?

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Leafly a enquêté de son côté et parle d’un nouvel agent épaississant utilisé depuis la fin 2018 dans les « usines à cartouche » de Californie, illégales cela va de soi. Le produit est une nouvelle classe d’agents épaississants sans odeur et sans goût, qui proviennent de différentes formulations fabriquées à la fois par des sociétés légales et des sociétés indépendantes, et par des entreprises underground.

« Personne ne sait de quoi est fait ce produit, et les consignes de sécurité du fabricant disent de ne pas l’utiliser à des températures élevées », a déclaré à Leafly, Peter Hackett, propriétaire d’Air Vapor Systems en Californie. La société de Peter Hackett fournit des diluants aux fabricants de cartouches de cannabis à travers le pays. « C’est un gros problème, ce genre d’agent épaississant. Si vous prenez une solution qui épaissit les solutions, que pensez-vous que cela va faire pour vos poumons ? »

Une autre possibilité réside simplement dans un usage incorrect de substances légales, par exemple des agents visqueux utilisés à l’origine en cosmétiques pour diluer le THC dans des baumes ou des lotions à appliqués, mais interdits à l’inhalation ou l’ingestion. Ou des résistances de cigarettes électroniques qui chaufferaient davantage les composés du liquide, qui relâcheraient alors potentiellement des gaz nocifs.

La seule chose sûre néanmoins est que le marché noir ne fait pas d’analyse sur ses produits.

« Nous avons confiance en nos produits et nous encourageons chacun à faire ses propres tests. C’est toujours le Far West et il reste encore beaucoup de désinformation », a déclaré Disinger, marketing manager de True Terpenes, une entreprise légale de l’Oregon.

« Nous pensons que ces additifs doivent être régulés », explique David Heldreth, Chief Science Officer de True Terpenes. « Malheureusement, il faut que quelqu’un se blesse pour que les gens prennent au sérieux de telles choses. »

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Santé

Le cannabis pourrait changer les gènes liés à l’autisme dans le sperme

autisme et cannabis

Selon une petite étude, un gène spécifiquement associé à l’autisme semble subir des changements dans le sperme des hommes qui consomment du cannabis. La mutation génétique s’opère selon un processus appelé méthylation de l’ADN et pourrait éventuellement être transmis aux générations suivantes.

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Publiés dans la revue Epigenetics, les chercheurs précisent que les résultats de cette étude n’établissent pas de lien définitif entre consommation de cannabis et autisme, mais la possibilité de liens supplémentaires et la nécessité d’études urgentes pour les pays qui légalisent l’usage médical et/ou récréatif du cannabis.

Susan Murphy, l’auteure principale et étudiante au doctorat, et ses collègues ont mené des études sur des modèles animaux et humains et ont analysé les différences de sperme entre des hommes consommateurs (par combustion ou ingestion) et non-consommateurs.

Dans des travaux antérieurs, publiés en décembre, les chercheurs ont noté plusieurs changements dans le sperme des hommes qui fument du cannabis. L’étude actuelle s’intéresse à des gènes spécifiques, en particulier à celui appelé Discs-Large Associated Protein 2, ou DLGAP2. Ce gène est impliqué dans la transmission des signaux neuronaux dans le cerveau et est fortement impliqué dans l’autisme, la schizophrénie et les troubles de stress post-traumatique.

« Nous avons identifié une hypométhylation significative au niveau du gène DLGAP2 dans le sperme des hommes ayant consommé du cannabis par rapport au groupe témoin, ainsi que dans le sperme des rats exposés au THC par rapport au groupe témoin, « a déclaré Schrott. » Cet état hypométhylé a également été détecté dans la région du cerveau antérieur de rats nés de pères exposés au THC, soutenant le potentiel d’héritage intergénérationnel d’un modèle modifié de méthylation de l’ADN du sperme.  »

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L’équipe de l’niversité Duke a découvert une différence basée sur le sexe entre la méthylation de l’ADN et l’expression des gènes dans les tissus cérébraux humains. Dans les tissus cérébraux tant masculins que féminins, une méthylation accrue de l’ADN était associée à une diminution de l’activité des gènes. Cette relation était plus forte chez les femmes et semblait moins bien entretenue chez les hommes, bien que la raison en soit inconnue à ce jour. Cette anomalie était notable, le ratio garçons/filles autistes étant de 4:1. Il existe aussi des différences entre les sexes en ce qui concerne les symptômes neurocomportementaux.

« Il est possible que la relation entre la méthylation et l’expression soit modifiée si le changement de méthylation que nous voyons dans le sperme est hérité par la progéniture », a déclaré Murphy. « Quoi qu’il en soit, il est clair que la région de méthylation de l’ADN au sein du gène DLGAP2, modifié en association avec la consommation de cannabis, est fonctionnellement importante dans le cerveau. »

Murphy a expliqué que la taille de l’échantillon de l’étude était petite – elle comprenait 24 hommes, la moitié ayant consommé du cannabis et l’autre non – et ne prenait pas en compte les facteurs confusionnels tels que le régime alimentaire, le sommeil et la pratique du sport, mais que les résultats devraient inciter à poursuivre les recherches.

« Compte tenu de la prévalence croissante du cannabis aux États-Unis et du nombre croissant d’États qui en ont légalisé l’usage, nous avons besoin d’études supplémentaires pour comprendre en quoi cette drogue affecte non seulement les fumeurs, mais aussi leurs enfants à naître », a déclaré M. Murphy. « Il y a une perception que le cannabis est bénin. D’autres études sont nécessaires pour déterminer si c’est vrai. »

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