Un collectif de jeunes tunisiens crée un parti pour la légalisation du cannabis

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Le COLEC est un collectif qui œuvre pour la légalisation du cannabis en Tunisie. Ces jeunes activistes ont enchaîné les actions de promotion et travaillent actuellement sur un projet de loi qu’ils comptent soumettre aux parlementaires tunisiens mais également intégrer à leur programme électoral puisqu’ils se constituent en parti politique pour les prochaines élections législatives.

La jeunesse se mobilise pour la légalisation

« La création du collectif vient d’un constat d’échec de l’approche sécuritaire de la lutte contre la drogue et le cannabis. En effet, cette guerre contre la drogue n’a engendré qu’une augmentation du crime organisé, du nombre de consommateurs ainsi que de la population carcérale (un tiers des prisonniers sont en détention pour consommation de stupéfiant) » peut-on lire sur la page Facebook du collectif. Pour Qais bin Halima, membre du collectif, la légalisation du cannabis, en garantissant le contrôle des canaux de distribution par l’Etat, permettrait de réduire la consommation et le crime organisé tout en rapportant d’énormes bénéfices financiers.
Lors d’une conférence de presse le 23 Février dernier, le collectif a annoncé être en train d’organiser des ateliers avec les députés et représentants des partis au pouvoir pour discuter d’un projet de légalisation de la production et de la consommation de cannabis. Dans l’esprit du collectif, la légalisation serait régulée et supervisée par une institution gouvernementale spécialement conçue à cet effet et sur le modèle des expériences canadienne et uruguayenne.
Aux côtés d’autre organisations, le collectif a fondé un mouvement appelé le Paper Party. Celui-ci compte se présenter aux élections législatives du 6 octobre et prévoit d’inclure la proposition de loi dans son programme électoral. L’organisation est actuellement en train de mobiliser les jeunes tunisiens via les réseaux sociaux et d’établir des bureaux régionaux. Son programme politique et économique est entièrement basé sur l’idée de la légalisation. Un parti similaire a été créé en Allemagne.
Les lois tunisiennes en matière de stupéfiants sont sévères et prévoient des peines de prison pour les consommateurs. Toutefois, en avril 2017, le parlement avait voté une révision de la loi sur les stupéfiants pour réduire les peines encourues par les consommateurs et abolir les peines de prison dans les cas de première infraction. Cette initiative émanait du président tunisien Beji Caid Essebsi qui avait en l’occurrence utilisé son pouvoir d’amnistie pour libérer des consommateurs emprisonnés pour une première infraction.
Il n’existe pas en Tunisie de chiffres officiels concernant la consommation de cannabis. En octobre 2017 cependant, le directeur de la Société Tunisienne des Addictions avait annoncé à la radio qu’environ 400 000 Tunisiens avaient consommé du cannabis en 2017, soit 3,47% de la population totale. Cette proportion semble néanmoins sous-estimée.
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