Cannabis médical en France : quand les régions s’en mêlent

Cannabis médical en régions de France

Si le gouvernement français maintient jusqu’ici une position ferme contre la légalisation du cannabis, ce n’est pas toujours le cas des régions, départements et communes qui l’ont souvent proposée pour dynamiser des régions rurales ou tenter des politiques sociales alternatives.

Des villes et départements aux régions

Des élus locaux français ont déjà proposé que leur département ou leur commune accueillent des projets pilotes de culture et de régulation du cannabis. Dans l’Orne, la question avait été posée par Joaquim Pueyo, député nouvelle gauche qui s’attristait de voir les prospectives d’avenir de jeunes consommateurs alourdies par un casier judiciaire lié au cannabis. A Grenoble, la proposition d’une légalisation expérimentale à l’échelle locale émanait déjà de Jérôme Safar, à l’époque président du groupe Rassemblement de gauche, mais aussi d’Eric Piolle, l’actuel maire de la ville.

D’autres communes envisageaient la culture du cannabis comme un stimulant pour l’économie locale et une source de revenus alternative pour les agriculteurs. A Laas dans la région Centre-Val de Loire, le maire Jacques Pédéhontaa avait demandé à Macron d’autoriser les agriculteurs de sa commune à cultiver du cannabis pour remédier à leur détresse (le taux de suicide dans la commune est de 20% supérieur à la moyenne nationale). Le cas le plus médiatisé était sans doute celui de la Creuse où le député PS Eric Correia avait proposé d’expérimenter la culture du cannabis dans son département en réponse à la demande du Président de « trouver des solutions, y compris extralégales, pour redynamiser la Creuse ».

Nouvelle-Aquitaine

Aujourd’hui, c’est à l’échelle des régions que la mobilisation politique autour du cannabis prend forme. En Nouvelle-Aquitaine, lors de la séance plénière du conseil régional, lundi et mardi, les députés du PS, du groupe écologiste et citoyen EELV, du groupe Generation.s et du groupe Radical de gauche ont présenté une motion dans laquelle il se positionne pour la légalisation du cannabis médical en France.

La motion propose la mise en place d’une filière française du cannabis thérapeutique qui associe les différents secteurs associés et promeut l’agriculture, la recherche, l’innovation, la transition énergétique et la santé. Le document rappelle que de nombreux Etats ont déjà opté pour la légalisation qui, outre la question du droit des patients, apporte également des bénéfices notables en terme de croissance, d’emplois et de développement agricole. Sur ce point, la région réaffirme son soutien au Plan Particulier pour la Creuse, qui fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine et présenté par Correia.

La motion met en avant le droit des patients à accéder à une médecine alternative face aux effets néfastes de la pharmacopée traditionnelle (en particulier ici les opioïdes). Elle précise en l’occurrence que de nombreux malades pratiquent déjà l’auto-médication au cannabis et que l’Etat en quelque sorte manque à son devoir en ne régulant pas le médicament pour la santé et la sécurité des patients. Elle rappelle également les propos de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui avaient nourris de nombreux espoirs de voir enfin un débat sur le cannabis médical s’ouvrir en France. Un comité d’expert a finalement été réuni par l’Agence nationale de la Santé et du Médicament pour discuter de la question.

Avec le zamal, zamal nulle part

Dominique Rivière, conseiller représentant de la Réunion au Conseil Economique, Social et Environnemental de Paris a lancé une pétition en juin de cette année pour ouvrir le débat sur la légalisation et la création d’une filière de cannabis médical sur l’île de la Réunion. Il rappelle que de nombreux Etats du monde ont déjà développé une production de cannabis médical et que la Ligue des droits de l’Homme s’est prononcée en faveur face au constat d’échec des politiques prohibitionnistes. « La plante, qui passe pour résistante aux aléas climatiques (cyclones), est bien acclimatée à la Réunion où son usage, médicinal ou non, est ancien sous le nom de ZAMAL » ajoute-t-il.

Dans les Antilles et aux Caraïbes, la consommation et la production de cannabis sont importantes, bien qu’illégales. Alors que les Caraïbes ont exprimé une volonté de légaliser le cannabis, les Antilles restent dans le carcan français. En Martinique, la sénatrice martiniquaise Catherine Conconne a même défendu avec ferveur l’amende forfaitaire contre les usagers de cannabis.

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