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Légalisation du cannabis

Fumer ou conduire : faut-il choisir ?

Cannabis et conduite automobile

Deux chercheurs norvégiens ont examiné les probabilités d’avoir un accident de voiture après avoir consommé du cannabis et sont arrivés à une conclusion surprenante.

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L’étude a été publiée dans le journal en ligne Addiction et suggère que le cannabis n’est pas aussi dangereux que ce qu’on pourrait croire quand il s’agit de manier un véhicule motorisé.

Les chercheurs avaient un objectif en tête : analyser à quel degré une consommation intense de cannabis augmente la probabilité d’avoir un accident. Pour ce faire, ils ont examiné deux études séparées.

La première étude répliquait deux méta-analyses publiées précédemment avec l’objectif de corriger les défauts méthodologiques. Cela incluait un groupe d’environ 51 000 personnes, dont 23 000 issues de contrôles routiers, le reste étant des exemples d’intoxication au cannabis, et un second échantillon de plus de 93 000 cas, dont 89 000 de contrôles.

La deuxième étude était une méta-analyse révisée qui a impliqué 28 estimations provenant de 21 études d’observation. Au total, la deuxième étude rassemblait 240 000 personnes.

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Effet du cannabis sur la conduite

Et qu’ont-ils trouvé ?

Déjà que les études précédentes ne prenaient pas en compte les facteurs de confusion connus (l’âge, le genre, etc…) qui peuvent fausser les résultats. En ajustant donc les anciens résultats, les chercheurs ont déterminé que la conduite sous cannabis augmentait les probabilités d’accident d’un facteur de 1,2 à 1,4. En termes simples, il existe une augmentation statistique significative dans des proportions faibles à modérées, ce qui contraste fortement avec les anciennes études. Comparativement, l’alcool augmente la probabilité d’accident par 4.

Cette étude est intéressante pour deux raisons :

  • elle montre que le cannabis affecte bien la conduite, de manière moins forte que l’alcool, mais quand même
  • elle survole 30 ans de statistiques et 240 000 cas réels, ce qui change des études où on prend 18 mecs qu’on fait picoler ou fumer avant de les emmener conduire sur un circuit

Cannabis dans le sang et contrôle sanguin

Le THC reste présent dans le sang jusqu’à 2 jours après la dernière prise de cannabis. Une étude menée en 2015 par la National Highway Traffic Safety Administration (équivalent de notre Prévention Routière) tire une conclusion étonnante : la présence mesurable de THC dans le sang n’est pas forcément corrélée avec les effets du cannabis, contrairement à l’alcool dont le taux relevé dans le sang est révélateur de ses effets (baisse de vigilance, augmentation de la vitesse, etc…). La NHTSA ne mâche d’ailleurs pas ses mots : « à l’heure actuelle, des niveaux de concentration de drogue ne peuvent être assimilés de manière fiable avec un degré spécifique de troubles de la conduite ».

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L’explication repose tout simplement sur le fait que les drogues sont éliminées d’une manière différente de l’alcool, et qu’elles restent plus longtemps dans notre corps, sans pour autant être toujours actives.

Défis des légalisations

Les pays ou Etats qui ont légalisé le cannabis à usage thérapeutique et/ou récréatif sont confrontés à un nouveau défi : réglementer la conduite automobile face à ces nouveaux traitements.

En Europe, certains médicaments avertissent d’ores et déjà des dangers sur la conduite automobile, sans pour autant être pénalisés autant que le cannabis.

En France, il est bien sûr interdit de consommer du cannabis (tout court d’ailleurs) et de conduire ensuite. Des outils d’analyse similaires aux alcootests existent déjà, avec des résultats plus ou moins convaincants.

Là encore, des recherches sont nécessaires pour réglementer la présence de THC à des taux qui protégeront le conducteur et les personnes sur la route tout en ne pouvant plus fermer les yeux sur la consommation de cannabis dans les Etats ou pays où il est légal.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Légalisation du cannabis

Le Maroc sur la piste de la légalisation du cannabis

Légalisation du cannabis au Maroc

Le conseil de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, la région du Nord du Maroc, a approuvé début juillet la réalisation d’une étude sur les opportunités de cultiver du cannabis dans la région.

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Le rapport sera confié à l’Institut scientifique de l’Université Mohammed V à Rabat, pour un coût avoisinant le million de dirhams (90 000€). Le ministère de l’Intérieur doit encore donner son feu vert avant le lancement de l’étude, qui s’attardera notamment sur les propriétés thérapeutiques et pharmacologiques du cannabis.

Selon les estimations de Prohibition Partners, le Maroc pourrait drainer 9 milliards d’euros de revenus de la culture du cannabis en cas de légalisation et de régulation du secteur. Le Maroc n’est bien sûr par le seul pays du continent africain intéressé par le cannabis : le Lesotho a commencé à produire du cannabis médical, tout comme le Zimbabwe. Et l’Afrique du Sud est en train de légaliser le cannabis pour les adultes.

80% de la production du cannabis au Maroc est actuellement destinée à l’export selon les chiffres de 2017. Les 20% restants sont réservés à la consommation locale. Entre 90000 et 140000 familles vivent de la culture et de la commercialisation du cannabis dans le nord du Maroc. La filière emploierait environ 800.000 personnes et représenterait 23% du PIB marocain.

Le chanvre connaît bien sûr d’autres utilisations qui intéressent également le Maroc : dans la construction, notamment l’isolation, pour les cosmétiques, la fabrication d’huiles, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine et animale, les biocarburants ou encore comme matériaux composites en association avec des matières plastiques.

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En 2015, des élus du Parti Authenticité et Modernité (PAM), parti de l’opposition, avaient déposé une proposition de loi pour légaliser le cannabis à usage industriel et thérapeutique. La proposition de loi n’a jamais été mise à l’ordre du jour du Parlement.

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