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Etudes

Le cannabis pourrait changer les gènes liés à l’autisme dans le sperme

autisme et cannabis

Selon une petite étude, un gène spécifiquement associé à l’autisme semble subir des changements dans le sperme des hommes qui consomment du cannabis. La mutation génétique s’opère selon un processus appelé méthylation de l’ADN et pourrait éventuellement être transmis aux générations suivantes.

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Publiés dans la revue Epigenetics, les chercheurs précisent que les résultats de cette étude n’établissent pas de lien définitif entre consommation de cannabis et autisme, mais la possibilité de liens supplémentaires et la nécessité d’études urgentes pour les pays qui légalisent l’usage médical et/ou récréatif du cannabis.

Susan Murphy, l’auteure principale et étudiante au doctorat, et ses collègues ont mené des études sur des modèles animaux et humains et ont analysé les différences de sperme entre des hommes consommateurs (par combustion ou ingestion) et non-consommateurs.

Dans des travaux antérieurs, publiés en décembre, les chercheurs ont noté plusieurs changements dans le sperme des hommes qui fument du cannabis. L’étude actuelle s’intéresse à des gènes spécifiques, en particulier à celui appelé Discs-Large Associated Protein 2, ou DLGAP2. Ce gène est impliqué dans la transmission des signaux neuronaux dans le cerveau et est fortement impliqué dans l’autisme, la schizophrénie et les troubles de stress post-traumatique.

« Nous avons identifié une hypométhylation significative au niveau du gène DLGAP2 dans le sperme des hommes ayant consommé du cannabis par rapport au groupe témoin, ainsi que dans le sperme des rats exposés au THC par rapport au groupe témoin, « a déclaré Schrott. » Cet état hypométhylé a également été détecté dans la région du cerveau antérieur de rats nés de pères exposés au THC, soutenant le potentiel d’héritage intergénérationnel d’un modèle modifié de méthylation de l’ADN du sperme.  »

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L’équipe de l’niversité Duke a découvert une différence basée sur le sexe entre la méthylation de l’ADN et l’expression des gènes dans les tissus cérébraux humains. Dans les tissus cérébraux tant masculins que féminins, une méthylation accrue de l’ADN était associée à une diminution de l’activité des gènes. Cette relation était plus forte chez les femmes et semblait moins bien entretenue chez les hommes, bien que la raison en soit inconnue à ce jour. Cette anomalie était notable, le ratio garçons/filles autistes étant de 4:1. Il existe aussi des différences entre les sexes en ce qui concerne les symptômes neurocomportementaux.

« Il est possible que la relation entre la méthylation et l’expression soit modifiée si le changement de méthylation que nous voyons dans le sperme est hérité par la progéniture », a déclaré Murphy. « Quoi qu’il en soit, il est clair que la région de méthylation de l’ADN au sein du gène DLGAP2, modifié en association avec la consommation de cannabis, est fonctionnellement importante dans le cerveau. »

Murphy a expliqué que la taille de l’échantillon de l’étude était petite – elle comprenait 24 hommes, la moitié ayant consommé du cannabis et l’autre non – et ne prenait pas en compte les facteurs confusionnels tels que le régime alimentaire, le sommeil et la pratique du sport, mais que les résultats devraient inciter à poursuivre les recherches.

« Compte tenu de la prévalence croissante du cannabis aux États-Unis et du nombre croissant d’États qui en ont légalisé l’usage, nous avons besoin d’études supplémentaires pour comprendre en quoi cette drogue affecte non seulement les fumeurs, mais aussi leurs enfants à naître », a déclaré M. Murphy. « Il y a une perception que le cannabis est bénin. D’autres études sont nécessaires pour déterminer si c’est vrai. »

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Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Etudes

Des régulations trop fortes du marché légal du cannabis à l’origine de la persistance du marché noir

Régulation du marché noir et cannabis

Selon une étude exploratoire publiée en juillet 2019 et se concentrant sur le Colorado et Washington, les deux premiers Etats américains à avoir légalisé le cannabis, de trop fortes régulations des marchés légaux du cannabis engendreraient une persistance du marché noir après la légalisation.

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« L’analyse qualitative des données révèle que la réglementation est l’une des principales raisons pour lesquelles les personnes restent sur le marché illicite », peut-on lire dans le papier. « La comparaison des tendances de la criminalité liée au cannabis au Colorado et à Washington montre des résultats mitigés. Alors que les taux d’infractions liées au cannabis dans le Colorado sont restés stables au fil des ans, ceux de Washington ont augmenté de manière spectaculaire après la mise en œuvre d’une réglementation plus stricte. »

Sikang Song, l’étudiant à l’origine de l’étude, souhaitait comprendre pourquoi le marché illégal du cannabis persiste dans les États où le cannabis est légal. Étant donné que les producteurs, les vendeurs et les consommateurs disposent de «canaux légaux» pour produire, commercialiser et obtenir du cannabis, les voies illégales devraient vraisemblablement diminuer. Et c’est d’ailleurs ce qu’il se passe, mais le marché noir persiste plus ou moins fortement selon les Etats.

En 2018, un sondage révélait que 18% du cannabis consommé en Californie provenait encore du marché noir.

Dans son analyse, Sikang Song a cherché à savoir s’il existait un lien entre l’intensité de la réglementation étatique liée au cannabis et l’étendue du marché illégal restant. Tout d’abord, il a passé en revue des articles de presse publiés entre fin 2013 et avril 2019 présentant des entretiens avec des cultivateurs, des vendeurs et des consommateurs partageant les diverses raisons pour lesquelles ils restent sur le marché non réglementé. Il a ensuite examiné si les taux d’arrestation liée au cannabis avaient changé dans les deux premiers États légaux après la mise en place de nouvelles réglementations.

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Selon l’étude, les raisons pour lesquelles la plupart des gens ont déclaré avoir cultivé ou vendu du cannabis illégalement étaient « une réglementation stricte et le coût élevé associé à la conformité ». Parmi les autres raisons de rester sur le marché illégal sont cités les taxes élevées, les fluctuations du marché et le crime organisé.

Song a également constaté que le taux de criminalité de Washington avait augmenté après que l’État eut introduit plus de réglementations. « En 2014 et 2015, les taux de criminalité liés à la marijuana pour 100 000 habitants étaient tous deux d’environ 26 » a-t-il écrit. « Ce nombre a été porté à plus de 28 incidents pour 100 000 habitants en 2016. En 2017, les forces de l’ordre à Washington ont signalé 2 628 infractions liées au cannabis, soit un taux de criminalité annuel de 35,96 par habitant. »

Le Colorado, d’autre part, n’a pas constaté de changement significatif à court ou à long terme de son taux de criminalité lié au cannabis après la mise en œuvre par l’État de nouveaux règlements sur celui-ci.

« Bien que les résultats ne soient pas concluants, les résultats des données de Washington montrent que l’intensité de la réglementation peut être l’un des principaux facteurs qui influencent ou expliquent la persistance des transactions illicites de cannabis après la légalisation », indique l’étude. « Le fait que le marché noir ait continué de croître après la mise en œuvre de réglementations plus complexes et sophistiquées indique au moins une corrélation entre l’intensité de la réglementation et l’augmentation du marché noir dans le cas de Washington. »

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Le fait que des résultats similaires n’aient pas été rapportés au Colorado, poursuit l’étude, suggère « que l’ampleur des activités illicites pourrait être affectée par l’intensité de la réglementation dans certains États ».

En fin de compte, a-t-il ajouté, ces résultats soulèvent des questions sur « les effets néfastes d’une réglementation intensive ».

Selon Song, l’un des objectifs de la légalisation du cannabis est d’éliminer le marché non réglementé. Il est donc important que les législateurs prennent en compte les implications de règles inutilement strictes. Au lieu de cela, ils devraient se concentrer sur la création d’un « marché équitable et accessible permettant la coexistence des grandes et des petites entreprises ».

De notre côté de l’Atlantique, une étude belge a montré que plus la répression était intense, plus le marché illégal du cannabis était attractif. L’étude française CANNALEX concluait également que le marché noir persistait dans certains Etats où le cannabis était légal, mais était surtout destiné à l’export vers les Etats qui n’avaient pas encore franchi le pas. Dans un marché ouvert, les différences de régulations sont aussi des opportunités.

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