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Jacques Weber pour la légalisation du cannabis

Jacques Weber est pour une légalisation du cannabis

Jacques Weber, acteur et réalisateur de talent, s’est déclaré en faveur de la légalisation du cannabis dans l’émission « Les Terriens du Dimanche » du 25 février.

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Il en a également profité pour pointer du doigt l’absence du cannabis médical en France en dépit des nombreuses études ayant montré son efficacité.

« D’abord, je voudrais dire qu’il y a des choses qu’on oublie de dire. C’est que dans le milieu hospitalier encore je crois, c’est pas possible, on ne peut pas traiter certains choses avec le cannabis, alors même que tout le monde a constaté que sur certaines maladies graves, c’était un accompagnement qui faisait un bien fou, qui détendait les gens… Mais je crois que la bonne solution c’est de légaliser le cannabis, comme dans beaucoup beaucoup de pays où parait-il ça fonctionne très bien, et moi je pense en effet, ça demande une responsabilité politique extrêmement importante d’accompagnement, c’est très complexe, mais je pense que c’est la bonne et la seule solution. »

Mr Weber, invité de l’émission, répondait à une question posée par Thierry Ardisson dans le cadre du sujet « Cannabis : pourquoi faudrait-il légaliser ? » mené par Natacha Polony.

Cette dernière, après avoir rappelé « l’échec absolu » d’une loi très répressive alors même que le pays est un des plus gros consommateurs de cannabis d’Europe, a présenté un reportage sur Thomas Duchêne, fondateur de Plantasur, l’un des plus gros grossistes en grow shops d’Europe.

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Au terme de ce reportage, Natacha Polony s’est dite elle aussi en faveur d’une légalisation du cannabis avec une filière d’Etat, avec des arguments plutôt véhéments contre le cannabis : « Dieu sait que je ne cautionnerais jamais ça parce que c’est une saloperie qui fait des dégâts énormes. […] C’est pas anodin du tout le cannabis, c’est pas anodin. Ça grille des neurones, ça peut provoquer des dépressions, sur les sujets un tout petit peu fragiles ça amplifie le mal-être, ça peut déclencher des psychoses, des schizophrénies, donc c’est absolument pas festif comme on le fait croire. »

Egalement autour de la table, Franz-Olivier Giesbert ne croit pas à la légalisation du cannabis, tout en précisant qu’il ne croit pas qu’il y ait de solution tout court. Il prédit qu’une légalisation serait une « catastrophe » pour « les banlieues, les quartiers, où ça se passe » et pense qu’il faut d’abord « régler le problème de la jeunesse par l’école, par la formation, par le travail » et « après on peut s’occuper de la drogue ».

Pour Hapsatou Sy, autre animatrice de l’émission, une filière légale du cannabis n’empêcherait pas certains réseaux de coexister et de continuer à vouloir proposer du cannabis moins cher ou à destination des mineurs.

Newsweed vous propose de retrouver ces séquences ci-dessous (pour Jacques Weber, à partir de 9’32.

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https://www.dailymotion.com/video/x6fa9d5

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Quelle efficacité pour le futur « plan stup' » en France ?

Efficacité du plan anti-stups en France

Edito. 4 ministres étaient réunis ce matin à Marseille pour annoncer la mise en place d’un nouveau plan anti-stupéfiants en France. Grande oubliée de cette réunion ? La ministre de la Santé. Le ton était donné, le cannabis n’est qu’un enjeu répressif. Regroupé autour de 6 thèmes principaux et 55 mesures, l’objectif (louable) est de mettre un grand coup au trafic de drogues en France. Mais si 50 ans de prohibition ont échoué, comment faire ? Passer la « vitesse supérieure » nous dit Castaner.

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Pour nous qui croyions fortement à l’efficacité de l’amende Poulliat, dont on nous promettait qu’elle allait permettre de déporter les forces de police sur la lutte contre le trafic, c’est une déconvenue certaine. Elle n’est d’ailleurs toujours pas en application, comme l’expliquait ce matin David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur France Info, qui n’y voit qu’un « outil », à condition de « pouvoir encaisser [et] prélever cette amende ». Dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Nicole Belloubet a précisé plus tard qu’elle le serait courant 2020.

55 mesures donc, et aucun objectif de fixé. Ce sera ainsi plus facile de communiquer sur la réussite de ce plan, qui va à rebrousse-poil de tout un contexte international. Tout le monde connaît évidemment la situation du cannabis en France : pays le plus répressif et premier consommateur de cannabis en Europe.

Alors que l’échec de la répression sur la consommation de drogues est désormais internationalement reconnu, que le Luxembourg va légaliser le cannabis, que les Pays-Bas passent en partie à une production nationale encadrée et régulée, que le Portugal a dépénalisé toutes les drogues en 2001, comme tous nos voisins ensuite, alors même que notre ministre de l’Intérieur était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis, alors que 33 Etats américains ont légalisé le cannabis médical et 11 le cannabis récréatif, que le Canada et l’Uruguay l’ont fait, que le Mexique et l’Afrique du Sud ont déclaré son interdiction inconstitutionnelle et sont en train de légiférer, l’exécutif français n’a finalement qu’un mot à la bouche : répression.

Omo lave plus blanc que blanc

La future répression à l’égard des trafics s’appuiera notamment sur ces 6 grands points :

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  • remplacer l’OCRTIS par l’Ofast, pour « oublier » les nombreuses affaires d’importations illégales de cannabis. Le nouvel organe sera muni de 150 enquêteurs et de 16 antennes territoriales
  • renforcer la remontée d’informations sur l’état du marché, à la fois statistique via la MILDECA (qui a déjà du mal à dissocier chanvre et cannabis) et pragmatique via par exemple des cartographies des points de deal
  • création d’un plan-poucave, pour dénoncer plus facilement le dealer le plus chaud de ta région
  • saisir davantage les biens des mis en examens
  • renforcer la coopération internationale, notamment avec le Benelux. Ce sera peut-être l’occasion de regarder du côté des Pays-Bas et du Luxembourg.
  • et globalement augmenter les budgets dédiés à la lutte contre les trafics

Hormis les innovations techniques et les nouvelles techniques d’enquête, le plan reste sur la même ligne que ces 50 dernières années. La prévention sera adressée via les risques sanitaires et pénaux. Et la prise en charge des addictions évacuée au grand plan 2018-2022 qui ne promettait là aussi rien de nouveau. La lutte contre les stupéfiants coûtait déjà 680 millions d’euros par an en France, sans 1 seul centime de gain. Même Hadopi n’en avait pas rêvé.

Et pourtant, un échec couru d’avance

S’il est aussi typiquement Français de jouer les oiseaux de mauvaise augure, voici ce qui pourrait nous mettre objectivement sur la piste d’un énième échec de politique publiques des drogues en France :

  • La répression échoue depuis 50 ans en France.
  • Christophe Castaner ne croit pas à son plan. Il le disait lui-même il y a tout juste 4 ans à propos du trafic de cannabis : « c’est pas la sanction qui empêche le trafic ».
  • le Mexique, qui a envoyé l’armée contre les cartels et lancé une guerre à la drogue qui a fait plus de 100 000 morts, finit par légaliser.
  • plus un produit est prohibé, plus il est intéressant pour le marché noir. C’est en tout cas la conclusion d’une étude belge sur les trafics en Belgique.
  • les circuits d’acquisition du cannabis ne se limitent plus au four. La mesure 13 du plan propose d’ailleurs d’engager une réflexion « pour améliorer la surveillance du vecteur postal ». Si c’était toutefois la seule…
  • le succès d’une politique de répression ne peut seulement se réjouir d’une hausse des saisies. Ce chiffre ne veut rien dire. Tout au plus il dénote d’un regain d’activité des Douanes. Mais sans savoir ce qui n’est pas saisi, ce chiffre ne sert qu’à se regarder le nombril. 500 tonnes sont consommées chaque année en France. Se féliciter d’en avoir arrêté 100, sans non plus préciser si elles étaient destinées au marché français, n’est que du chiffre. Pas de l’efficacité.
  • si tant est que l’offre se raréfie, et c’est fortement improbable désormais, le seul consommateur en fera les frais : produits plus chers, plus coupés, plus forts, cartouches de THC avec des diluants mortels, cannabinoïdes synthétiques… Mais pas moins disponibles

« La France ne sera pas le terrain de jeu des trafiquants », a conclu le ministre en fin de présentation. Tous ces éléments, et les quelques 50 dernières années dans le monde, nous poussent au contraire à croire que les seuls gagnants de ce plan anti-stups seront bien les trafiquants.

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