Gaspard Koenig : « Légaliser pleinement pour réguler rigoureusement »
Gaspard Koenig, président du think tank « Génération Libre », explique dans son dernier rapport pourquoi et comment légaliser le cannabis en France.
Monopole d’Etat ou régulation par le marché
Après un rapide état des lieux du cannabis (risques et systèmes légaux en vigueur), le rapport, en partie financé par du crowdfunding, présente deux visions d’une légalisation du cannabis en France : celui que défend Gaspard Koenig, à savoir un marché libre, et celui soutenu de longue date par Francis Caballero, un monopole d’Etat.
Les différences fondamentales entre ces deux modèles de légalisation du cannabis reposent sur les acteurs de la régulation et ses modalités.
Le monopole d’Etat de Caballero fait émerger une « Française du cannabis », seule productrice et distributrice d’un cannabis produit en extérieur. Des licences d’Etat seraient accordées aux producteurs et aux magasins, qui se diviseraient en cannaboutiques et en cannabistrots (consommation autorisée sur place), dissociés des lieux de vente d’alcool et de tabac, et en nombre limité à la manière des pharmacies (X magasins pour Y habitants). Côté autoproduction, la « Française du cannabis » caballerienne n’a pas tranché entre « l’interdiction totale [et] la déclaration de quelques plants avec ou sans paiement d’une redevance ».
Pour Koenig, le marché du cannabis doit bien sûr être encadré mais peut être laissé au secteur privé. Les acteurs de l’industrie pourront eux aussi y entrer en décrochant une licence pour leur activité, avec la nécessité d’autoriser l’entrée de personnes ayant été condamnées précédemment pour des infractions à la législation sur le cannabis si on veut laisser une chance aux acteurs du marché noir de passer de l’autre côté de la barrière à la légalisation. Koenig insiste sur l’importance de laisser le marché décider des produits qui seront vendus, avec des règles sanitaires édictées par l’Etat.
Portée du rapport
Reste à savoir quelle sera la portée d’un rapport dont le sujet peine à trouver des oreilles attentives. Les arguments et les projections avancés par Caballero et Koenig sont certes intéressants, mais sans être réellement novateurs peinent à peser dans un débat qui n’existe pas.
Le point le plus important du rapport est probablement la nécessité d’adapter les modèles de légalisation existants à la situation française. Pour le reste, ce n’est qu’un rapport de plus jeté comme un grain de sable dans l’océan de la prohibition française.
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