Etude : les femmes plus vulnérables à l’addiction au cannabis que les hommes

femme cannabis

Un article publié dans Frontiers (dans la partie Neuroscience Comportementale) condense toutes les études sur l’influence des hormones féminines et masculines comme la testostérone, l’œstrogène et la progestérone sur le système endocannabinoïde. La différence biochimique des systèmes endocannabinoïdes féminin et masculin induirait selon l’article une sensibilité différente aux cannabinoïdes exogènes comme les phytocannabinoïdes. Les auteurs en concluent que les réponses biologiques à la consommation de cannabis sont différentes chez les deux sexes.

Génétique, environnement et addiction

Évidemment, l’environnement social joue un rôle crucial dans la prise de drogue à travers des facteurs comme le statut social, la disponibilité de la drogue, l’environnement familial, la consommation de son entourage et la consommation préalable de cigarettes et d’alcool. Certaines psychopathologies peuvent également augmenter le risque de troubles de consommation ou simplement des traits de personnalité comme l’impulsivité, la recherche de sensation etc. Néanmoins, la génétique est également déterminante dans l’apparition de comportements compulsifs et de troubles de la consommation.

Des études estiment que la contribution de la génétique à la consommation de cannabis se situe entre 17 et 67%. Sa contribution à l’addiction au cannabis est encore plus forte puisqu’elle se situe entre 45 et 78%. Aujourd’hui, certaines entreprises proposent même de faire des tests génétiques pour déterminer la compatibilité d’un individu au cannabis. Certaines différences de gènes entre homme et femme pourraient expliquer des différences comportementales vis-à-vis des drogues. Il en va de même pour les hormones. Selon les études citées, les hommes sont quatre fois plus susceptibles d’essayer le cannabis et d’en consommer d’importantes doses. Cela est en partie dû à l’action des stéroïdes qui stimulent les comportements à risque. Les femmes seraient quant à elle « plus vulnérables, à un niveau neurochimique, de développer une addiction au cannabis ».

Le rôle des hormones

A l’origine le fœtus n’est pas sexué, ce sont les hormones qui déterminent son sexe. Elle jouent aussi un rôle crucial dans la puberté et ont ensuite un impact sur une diversité de phénomènes de la vie quotidienne comme les comportements, les émotions mais également les dispositions à l’addiction. Il existe une interaction bilatérale entre les hormones et le système endocannabinoïde et cette interaction impacte les niveaux de dopamine dans le cerveau – le neurotransmetteur du plaisir dans le circuit de la récompense.

Les différences hormonales homme/femme induisent des comportements différents face aux substances stimulant ce circuit cérébral. Les femmes ont par exemple tendance à être plus réceptives et cette réceptivité évolue en fonction de leur cycle hormonal. Dans une étude conduite sur les rats, des sujets femelles ayant subi une ovariectomie ont changé de comportement suite à l’absence de production d’hormones ovariennes : ils étaient moins susceptibles de consommer des substances ou en consommaient moins. Chez les sujets mâles, la prise de stéroïdes externes a stimulé les comportement à risque et modifié le circuit de la récompense ce qui a conduit a la prise de doses plus importantes.

Les effets varient en fonction des cannabinoïdes étudiés, de l’espèce animale et de la durée d’exposition aux hormones. Typiquement chez les femmes, le cycle menstruel est une période de variation intense des hormones qui induit des changements dans la sensibilité aux cannabinoïdes. Une hormone particulièrement impliquée dans la réponse biologique au cannabis semble être l’œstrogène. Des études sur les rats suggèrent que « l’œstrogène affecte le contrôle des mouvements, le comportement social et les entrées sensorielles  – qui sont tous ciblés par la prise de drogue – via une modulation du système endocannabinoïde dont le retour d’information affecte à son tour la production d’œstrogène ».

Cette différence de comportement et de sensibilité face à la prise de substances suggère que les traitements de désintoxication et les stratégies de lutte contre les rechutes devraient être conçues différemment en fonction du sexe. Pour l’instant, la recherche n’en est qu’à ses débuts mais il semble que l’addiction au cannabis, qui touche environ 10% des consommateurs, soit significativement liée aux hormones et à la génétique au-delà de l’environnement social. Une meilleure compréhension de l’influence de ces facteurs pourrait permettre des programmes d’abstinence et de désintoxication plus efficaces.

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