La Corée du Sud en passe d’autoriser des médicaments à base de cannabis

Le ministère de la Sécurité Alimentaire et Pharmaceutique de Corée du Sud a fait savoir, il y a quelques jours, qu’il approuvait le projet de loi selon lequel certains patients, atteints de maladies rares et incurables, pourraient recourir à des médicaments à base de cannabis. En révisant la loi actuelle sur le contrôle des narcotiques, la loi autoriserait l’importation et l’usage de médicaments dérivés du cannabis, déjà approuvés à l’étranger, pour les patients à court d’options.

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Une ouverture attendue

Ce projet de loi, s’il est voté, sera effectif d’ici la fin de l’année. Il est à l’initiative du député Shin Chang-Hyun, représentant du Parti Démocrate, qui a proposé cette loi à l’Assemblée Nationale en janvier dernier et vient d’obtenir le soutien du ministère concerné.

C’est une avancée notable pour la Corée du Sud dont les lois anti-cannabis sont très rigides : absolument tout ce qui a à voir avec le cannabis est interdit, à part les fibres et graines mais sous des conditions très restrictives. L’usage de certaines molécules peut être toléré dans le cadre de recherches académiques. Pourtant, selon Shin Chang-hyun, d’autres drogues comme l’opium, la morphine, la cocaïne ou plus généralement les opioïdes sont autorisées à des fins médicales, ce qui peut sembler paradoxal compte tenu des risques d’addiction élevés et des effets secondaires importants de ces substances.

La loi répond à une demande croissante des patients pour le cannabis médical, particulièrement ces patients pour lesquels les traitements traditionnels sont sans effets et qui se retrouvent privés de traitements alternatifs. Le cas récent d’une mère arrêtée et condamnée pour avoir acheter de l’huile de cannabis à l’étranger, pour son fils atteint d’un cancer cerebral, a contribué à la médiatisation de ces cas désespérés et à la sensibilisation des élus qui, à terme, ont permis de faire bouger les lignes. On a déjà observé un schéma similaire dans des pays européens comme le Royaume Uni par exemple.

Dans les faits, un accès limité

Afin d’importer les médicaments en question, les patients concernés devront obtenir l’accord préalable d’un médecin et du ministère de la Sécurité Alimentaire et Pharmaceutique. Ils auront alors le droit d’importer des médicaments déjà approuvés à l’étranger comme le Sativex, l’Epidiolex, le Marinol et le Canemes. Tout autre substance n’ayant pas été validée par les autorités sanitaires étrangères reste strictement interdite.

L’annonce du ministère de la Sécurité Alimentaire et Pharmaceutique a d’ailleurs eut lieu après que la FDA (Food and Drug Administration) des Etats-Unis ait approuvé, fin Juin, l’Epidiolex à base de cannabidiol. Devant la tendance internationale et la demande croissante des patients, la Corée du Sud s’est, d’une certaine façon, mise à la page.

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