Addiction : les consommateurs de cannabis anonymes

groupe de parole

On connaît tous les alcooliques anonymes mais les consommateurs de cannabis anonymes (MA pour Marijuana Anonymous) passent relativement inaperçus. Pourtant, l’organisation a été fondée en 1989 et s’est diffusée aux Etats-Unis. Elle adopte le même modèle que les alcooliques anonymes et vise à lutter contre les problèmes d’addiction au cannabis par la libération de la parole et la reconnaissance de la dépendance.

Un groupe ouvert à tous

L’adhésion est gratuite et ouverte à toute personne qui juge sa consommation de cannabis aliénante et en vient à se considérer comme dépendante. Le groupe précise tout de même des traits caractéristiques de l’addiction au cannabis comme le manque d’intérêt pour les autres choses, l’incapacité à gérer sa vie correctement, la procrastination et l’obsession pour la fumette.

Au travers de 12 questions, l’organisation se propose d’aider les personnes à déterminer si leur relation au cannabis a un caractère malsain. Les questions adressent la consommation de cannabis, par exemple si elle se fait seule ou en groupe, si elle a déterminé votre cercle d’amis, si elle est un moyen pour vous d’éviter de gérer vos problèmes ou vos émotions, si elle vous a causé des problèmes de mémoire, de concentration ou de motivation ou encore si elle a détérioré vos relations avec vos proches.

Le groupe se défend de toute appartenance religieuse bien qu’il soit fait mention de Dieu dans ses 12 étapes vers la guérison. Selon l’organisation, la référence à Dieu désigne une entité spirituelle qui n’est liée à aucune institution séculaire. La notion de spiritualité est toutefois prégnante dans son discours : les 12 étapes sont censées guider vers une forme « d’éveil ».

Un processus en douze étapes

Pour guider ses membres, l’organisation propose un processus de guérison calqué sur le modèle des alcooliques anonymes. Avoir un tuteur est également recommandé. Dans l’esprit, il s’agit d’admettre son impuissance en pratiquant une introspection rigoureuse et de s’en remettre à une force supérieure pour atteindre un éveil spirituel. Il s’agit également de réparer les torts causés aux autres et à soi-même et de faire preuve de volonté pour reprendre sa vie en main.

Chaque étape de la guérison est centrée autour d’un principe qui amène, à terme, vers l’amour et le respect de soi et une vie dans la sobriété. Parmi ces principes : L’honnêteté, l’espoir, le courage, l’intégrité, la volonté, l’humilité, l’amour et le pardon, la justice, la persévérance, l’éveil spirituel et enfin le service.

Une dépendance particulière

Alors que l’absence de structures scientifiques et médicales pour traiter des problèmes d’addiction au cannabis peut devenir un problème au vu de la démocratisation et de la déstigmatisation de sa consommation, des alternatives associatives comme les fumeurs de cannabis anonymes brisent le tabou autour des comportements de dépendance.

Selon les experts, 10 % des consommateurs sont susceptibles de devenir accros. La dépendance au cannabis est particulière en ceci qu’elle n’est pas aussi spectaculaire que la dépendance à d’autres substances : elle n’entraîne pas de manque physique mortel ou de comportements violents. Elle est donc, de fait, beaucoup plus insidieuse et moins reconnue et se traduit souvent par des problèmes de productivité qui pèsent surtout à l’addict lui-même. Le manque se traduit plutôt par de l’anxiété, de l’irritabilité, des rêves étranges ou des problèmes de sommeil, autant de symptômes qui peuvent être imputés à d’autres choses et qui rendent l’addiction au cannabis invisible.

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