Cancard : une carte pour protéger les usagers de cannabis médical au Royaume-Uni
Un système de « carte cannabis » pour protéger les usagers médicaux de cannabis a été dévoilé au Royaume-Uni. La Cancard, conçue par des médecins et soutenue par la police, décriminalise techniquement la possession ou la culture de cannabis à des fins médicales.
En cas d’interpellation et de fouille, la Cancard fournit au policier une preuve que la personne en possession de cannabis l’utilise à titre médical. Elle appuie également la décision du policier quant à la manière dont il peut utiliser son pouvoir discrétionnaire.
Bien que le cannabis soit désormais légalement prescrit pour certaines conditions au Royaume-Uni, peu d’ordonnances ont été émises sur le NHS, obligeant les patients à se tourner vers des ordonnances privées très coûteuses, à s’approvisionner au marché noir ou à le cultiver soi-même.
Que permet la Cancard ?
La Cancard permet aux patients de posséder du cannabis avec moins de crainte d’être arrêtés. En cas d’interpellation et de fouille, la Cancard fournit à l’agent des informations clés pour appuyer son pouvoir discrétionnaire.
Le Conseil national des chefs de police (NPCC) et la Fédération de la police ont soutenu la Cancard. Chaque policier recevra un dossier d’information du NPCC lui demandant de faire preuve de discrétion s’il rencontre un consommateur médical de cannabis et suggérant qu’il ne soit pas arrêté.
Le programme est géré par des militants et non par le gouvernement, mais les corps de police demanderont aux agents de respecter ses utilisateurs et leurs intentions médicales.
La culture et la consommation de cannabis en dehors de circonstances médicales spécifiques resteront techniquement illégales. La police britannique recommande déjà de ne plus criminaliser les consommateurs de cannabis et trouver des solutions alternatives.
Jason Harwin, officier principal du NPCC pour les drogues et chef adjoint de la police du Lincolnshire, a déclaré que l’arrestation de patients qui prennent du cannabis en raison de leur état de santé « ne peut pas être acceptable ».
« C’est un réel problème, où le service de police se trouve coincé au milieu d’une situation où les individus devraient légitimement accéder à leurs médicaments prescrits, mais, en raison de l’indisponibilité et du coût, ils ne peuvent pas et donc pour traiter leur maladie comptent sur du cannabis illicite », a-t-il déclaré. « Cela ne peut pas être acceptable et place le service dans une position où nous pourrions criminaliser quelqu’un en raison de sa maladie. »
Comment bénéficier d’une Cancard ?
Pour être éligible au programme, qui est lancé aujourd’hui, les patients doivent obtenir une lettre de leur médecin généraliste prouvant qu’ils ont une maladie pour laquelle du cannabis peut être prescrit et couvert par une prescription privée, après avoir essayé ou discuté d’au moins deux traitements qui ne conviennent pas. Les personnes doivent aussi être dans l’incapacité de se payer une prescription privée (environ 1500£ par mois, 1700€) et être à risque d’être criminalisée, soit par la possession ou la culture de cannabis.
Les maladies évoquées incluent le SSPT, le cancer, l’anxiété, la douleur chronique, les migraines et la maladie de Crohn.
Environ 1,1 million de personnes au Royaume-Uni seraient éligibles.
Une initiative privée
Le programme Cancard a été imaginé par Carly Barton, une patiente atteinte de fibromyalgie qui est éligible à une prescription légale de cannabis médicinal mais qui cultive son propre cannabis en raison du coût des prescriptions privées.
Elle a déclaré : « Nous savons tous que les cas où des patients ont prouvé leur usage médical légitime sont peu susceptibles de se présenter devant les tribunaux, et s’ils le font, ces cas sont systématiquement abandonnés. C’est particulièrement le cas lorsqu’un patient se présente avec une condition pour laquelle il est prescrit à titre privé. Il n’y a actuellement aucun moyen d’identifier ces personnes avant qu’elle soit inquiété et que des ressources publiques aient été gaspillées. »
« La Cancard devrait donner aux patients la tranquillité d’esprit et une confiance en la police qui peut utiliser son pouvoir de discrétion avant même que tout stress ne soit causé aux personnes vulnérables. »
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