Le Québec fait annuler un salon éducatif sur le cannabis
Le Québec aurait-il peur du cannabis, pourtant légal dans la province comme dans tout le Canada ? Le CanFest, le premier salon du cannabis, qui devait se tenir le 28 mai, a été annulé suite à des pressions du ministère québécois de la Santé et des Services sociaux (MSSS).
Après une visite du MSSS sur les lieux du salon de cannabis le 5 mai dernier, ce dernier aurait laissé sous-entendre l’illégalité de l’évènement au Complexe Capitale Hélicoptère (CCH), qui devait accueillir l’exposition et qui a finalement mis un terme au contrat le liant au CanFest.
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Awa Diagne, créatrice de l’événement, ne cache ni sa colère ni sa tristesse.
« Devant ces nouvelles représailles, nous n’avons d’autre choix que de succomber aux menaces et d’annuler le CanFest » nous écrit-elle.
« Évidemment, ce dénouement nous attriste profondément, comme la tenue d’un événement éducatif sur le cannabis était plus que nécessaire au Québec. Une fois de plus, nous serons forcés de nous tourner vers d’autres provinces canadiennes accueillantes pour y produire des projets d’envergure. »
L’événement devait se tenir initialement en mai 2020 mais la pandémie de coronavirus avait mis un frein à la tenue du festival.
« Vous comprendrez que notre lutte est loin d’être terminée et que nous n’entendons pas fermer les yeux sur les préjudices causés par le MSSS. Depuis trop longtemps, ce ministère nuit à l’industrie du cannabis au Québec et agit de manière inappropriée. Il est grand temps que tout ceci cesse et nous nous consolons avec la pensée qu’au moins, le projet du CanFest au Québec servira à exposer au grand jour les nombreuses failles dans l’encadrement du cannabis dans la province. »
Dans ses justifications, le MSSS a fait valoir l’article 52 de la loi québécoise sur le cannabis, qui n’interdit pourtant pas la tenue de festival éducatif, l’équipe du CanFest ayant évidemment fait valider juridiquement l’ensemble de leur dispositif : « Il est interdit d’associer à une installation sportive, culturelle ou sociale, à une installation maintenue par un établissement de santé ou de services sociaux ou à un centre de recherche un nom, un logo, un signe distinctif, un dessin, une image ou un slogan associé au cannabis, à une marque de cannabis, à la Société québécoise du cannabis ou à un producteur de cannabis.
Quiconque contrevient aux dispositions du premier alinéa ou du deuxième alinéa commet une infraction et est passible d’une amende de 5 000 $ à 500 000 $. En cas de récidive, ces montants sont portés au double. »
Le Québec est par ailleurs la seule province avec le Manitoba à interdire l’autoculture de cannabis.
Le CanFest se muera donc en une soirée « sans lien avec le cannabis » et avec l’appui du BlocPot.
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