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Santé

Le cannabis rend-il fainéant ?

Cannabis et motivation

Plusieurs approches ont été employées pour déterminer si le cannabis affectait la motivation de ses utilisateurs, avec sensiblement la même conclusion à chaque fois. L’usage répété et continu de cannabis rend fainéant. Explications.

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Des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique (UCB) ont donné du THC, le cannabinoïde psychoactif du cannabis, à des rats. Cela les rendait moins susceptible d’effectuer des tâches complexes même pour une grande récompense, la plupart privilégiant une petite tâche malgré un bonus moins grand. L’ajout de CBD ne changeait pas la conclusion du test.

Mason Silveira, qui a mené l’étude, explique : « Peut-être sans surprise, nous avons trouvé que lorsque nous donnons du THC à ces rats, ils deviennent fondamentalement paresseux. Ce qui est intéressant en revanche, c’est que leur capacité à relever des défis complexes n’était pas affectée par le THC. Les rats pouvaient toujours effectuer la tâche, ils ne voulaient simplement pas la faire. »

Fucking rats. Passons maintenant aux humains. Une étude de l’University College of London (UCL) s’est intéressée à l’effet à court terme de la consommation d’un simple joint sur la motivation chez les humains. Les chercheurs ont également testé la motivation de consommateurs addicts au cannabis mais qui n’avaient pas consommé pendant le test, et ont trouvé que leur niveau de motivation n’était pas différent des volontaires du groupe de contrôle (des non-consommateurs n’ayant pas consommé).

« Bien qu’on considère généralement que le cannabis réduise la motivation, c’est la première fois qu’une étude le teste et quantifie de manière fiable en utilisant une taille d’échantillon et une méthodologie appropriée » dit l’auteur de l’étude Dr Will Lawn. « On pensait également que les consommateurs de cannabis de longue date  pourraient avoir des problèmes de motivation même lorsqu’ils n’étaient pas high. Cependant, en comparant des gens dépendants au cannabis avec le groupe de contrôle, les deux n’ayant pas consommé, nous n’avons pas trouvé de différence dans la motivation. Cela suggère provisoirement que la consommation à long-terme de cannabis n’entraîne pas de problèmes résiduels de motivation lorsque les gens n’en consomment pas. Cependant, des études longitudinales sont nécessaires pour fournir des preuves plus concluantes. »

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Les chercheurs demandaient aux participants de l’étude d’appuyer de manière répétée sur un bouton pour gagner de l’argent. Soit 30 fois en 7 secondes pour gagner 50 pennies, soit 100 fois en 21 secondes pour des récompenses allant de 80 pennies à 2£. Les consommateurs de cannabis ne choisissaient l’option difficile que dans 42% des cas, alors que le groupe sous placebo dans 50% des cas.

Concernant l’effet à long-terme du cannabis sur la motivation, une étude californienne, s’appuyant sur un projet de l’Université d’Otago (Nouvelle-Zélande), a suivi 1037 personnes de la naissance à l’âge de 38 ans a montré que les personnes qui fumaient au moins 4 jours par semaine pendant de nombreuses années finissaient dans une classe sociale moins élevée que leurs parents, moins bien payés, moins qualifiés et avec des emplois moins prestigieux que ceux qui ne consommaient pas régulièrement du cannabis. A long-terme, les consommateurs très réguliers vivent plus de difficultés financières, relationnelles et au travail. Conclusion de l’étude par un des chercheurs de l’étude : « Le cannabis est peut-être plus sain que l’alcool pour votre santé, mais pas pour vos finances ».

Ces trois études tendent à prouver qu’un syndrome amotivationnel existe chez les gros consommateurs de cannabis. Ce syndrome a notamment été longuement documenté entre les années 1960 et 1980, chez les consommateurs réguliers de cannabis (consommation quotidienne en grande quantité). Certains pensent cependant que ce syndrome amotivationnel révèle simplement une prédisposition à la dépression ou une réorientation des valeurs plutôt qu’une pathologie induite par le cannabis.

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Santé

Le Paraguay ouvrira les candidatures aux licences de production de cannabis médical en octobre

Cannabis médical au Paraguay

Le Paraguay commencera à accepter les demandes de production de cannabis à des fins médicales et de recherche le mois prochain, selon l’annonce faite par le ministre de la Santé du pays. Julio Mazzolini, ministre de la Santé publique et du Bien-être social, a déclaré qu’une résolution visant à établir les règles applicables aux premières licences commerciales de production de cannabis du pays avait été approuvée par le ministère.

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Des licences pour cinq opérations de culture et de fabrication de cannabis intégrées verticalement seront disponibles. La Direction nationale de la santé (DNVS) acceptera les demandes pour les cinq licences du 1er au 31 octobre. Les candidats devront produire un certificat de bonnes pratiques de fabrication, un plan pour la culture, le transport et la sécurité du cannabis, et un plan séparé pour les exportations le cas échéant. Les entreprises choisies se verront attribuer une licence avant le mois de décembre et devront les mettre en service dans les 24 mois.

Arnaldo Giuzzio, chef du secrétariat anti-drogue du Paraguay (SENAD), a déclaré à la presse que les licences ne seraient disponibles que pour des opérations situées dans le département Central, le plus petit mais le plus peuplé des 17 départements du Paraguay.

Le cannabis médical légalisé en 2017

Le Paraguay a légalisé l’usage médical du cannabis en 2017 et un décret réglementant la distribution de cannabis médical a été approuvé l’année suivante. Les participants admissibles au programme de cannabis médical bénéficient d’un accès gratuit garanti à l’huile de cannabis et à d’autres dérivés.

En vertu de ce décret, les fabricants agréés seront tenus de donner 2% de leur production au ministère de la Santé, une disposition rappelée par Mazzolini lors de la conférence de presse de jeudi. Le ministère distribuera gratuitement les produits aux patients ayant des besoins scientifiques avérés.

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Seuls les patients atteints d’une maladie pour laquelle il existe des preuves scientifiques que le cannabis est un traitement bénéfique sont admissibles au programme national. Jusqu’à présent, l’utilisation de cannabis médical a été approuvée pour le traitement de l’épilepsie réfractaires, de la maladie de Parkinson et des douleurs sévères.

En dehors du programme national, quelques patients qui ont démontré un besoin exceptionnel ont reçu l’autorisation d’importer des produits à base de cannabis à des fins médicales. L’un de ces patients est un adolescent atteint d’une forme rare d’épilepsie sévère, le syndrome de Lennox-Gastaut.

Jeudi dernier, le Sénat du Paraguay a approuvé un projet de loi autorisant la possession et la culture à domicile de cannabis médical par des patients et des soignants qualifiés, sous certaines conditions. Le projet de loi doit également être approuvé par la Chambre des députés du pays avant de devenir loi.

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