Canada : Les ventes de cannabis en baisse pour le deuxième mois consécutif
Et si le Canada avait atteint son pic ? En février, les ventes de cannabis ont baissé de 5,9 % par rapport à janvier… alors qu’en janvier, le chiffre d’affaires avait également chuté de 5,6 %, par rapport à décembre. En valeur absolue, le marché du cannabis canadien connaît donc une perte de 16 millions de dollars sur un mois. Il passe de 279 à 263 millions de dollars canadiens, entre janvier et février 2021, selon les derniers chiffres de Statistiques Canada.
Cette deuxième baisse consécutive s’observe dans (presque) toutes les provinces canadiennes. Au Québec, le chiffre d’affaires des magasins de cannabis tombe de 10 % en un mois. En Colombie-Britannique, la province de Vancouver, les ventes baissent de 8,7 %. Un pourcentage quasiment égal à celui de l’Alberta, la riche province d’Edmonton et de Calgary, où la courbe s’affaisse de 8,5 %.
Seul éclaircie dans ce ciel gris : l’Ontario. Dans la province la plus peuplée du pays, les ventes de fleurs, résine ou produits comestibles se stabilisent : seulement 0,7 % de croissance. Mais à Toronto, capitale de la province et plus grande ville canadienne, les ventes de cannabis baissent légèrement, de 1,6 %.
Le marché noir attire, les régulations repoussent
Difficile d’expliquer pourquoi le marché canadien du cannabis est en baisse. On peut tout d’abord partir du principe que le marché s’est affolé avec les différents confinements, liés à la pandémie de covid-19 : les Canadiens restaient à la maison, et avaient tendance à rouler plus de joints que la normale. Les ventes ont donc doublé entre 2019 et 2020. Un an plus tard, le marché retrouve désormais son rythme de croisière. Mais ce n’est pas une explication suffisante.
Les différentes régulations peuvent aussi jouer un rôle. Au Canada, chaque province organise ses ventes comme elle le souhaite. Au Québec et au Nouveau-Brunswick, le monopole de la vente est public. En Ontario, les magasins privés mènent la danse. Et le modèle privé semble attirer plus que le modèle public. La preuve : le Québec (-10 %) et le Nouveau-Brunswick (-9 %) souffrent plus que l’Ontario (+0,7 %).
Les régulations peuvent aussi expliquer la baisse : dans la province de Montréal, le cannabis est interdit au moins de 21 ans, contre 18 ans au niveau fédéral. De plus, le Québec interdit les vaporisateurs et la plupart des produits comestibles, ce qui peut décourager certains.
Enfin, cette baisse s’explique par un marché noir toujours compétitif. En février, quasiment trois ans après la légalisation, les ventes légales dépassaient pour la première fois les ventes illégales. Mais le marché reste toujours très fort. L’illicite attire surtout pour son prix, moins élevé que dans les boutiques : 25 dollars les trois grammes en magasin, 10 dollars auprès d’un dealer, explique une Québécoise au site The Conversation.
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