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Histoire du cannabis

High Pride : Le combat des LGBTQ+ pour le cannabis médical

Le mois de juin est un mois de fierté. Alors que la France célébrera la gay pride par un défilé le 26 juin, c’est l’occasion de se pencher sur l’histoire du militantisme LGBTQ+ en faveur de l’accès au cannabis médical.

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Des liens historiques

Le cannabis médical ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui sans les communautés LGBTQ+. Lorsque les membres de la communauté LGBTQ+ ont commencé à mourir du VIH/SIDA dans les années 1980, le système de santé et la machine politique américains ont largement fermé les yeux sur l’épidémie qui allait tuer des centaines de milliers de personnes homosexuelles.

En l’absence de soins médicaux, d’empathie nationale et d’options de traitement viables, le cannabis est devenu un outil utile et efficace pour combattre certaines des pires complications et symptômes du VIH/SIDA. La consommation de cannabis permet souvent de stimuler l’appétit des patients, de réduire les nausées et de soulager les douleurs musculaires, quelques-unes des complications les plus courantes de la maladie.

Certaines personnes ont par ailleurs défendu à la fois les malades du SIDA et l’accès au cannabis. L’un des premiers défenseurs de la légalisation du cannabis à usage médical a été Dennis Peron.

Le père du cannabis médical

Dennis Peron, alias le « père du cannabis médical », a consacré sa vie à la défense de l’usage médical du cannabis et à l’adoption de la proposition 215, la première initiative en faveur du cannabis médical en Californie en 1996.

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À la fin des années 1970, Dennis Peron a ouvert le Big Top Pot Supermarket aux deux derniers étages d’une maison victorienne dans le Castro District, où il vendait illégalement du cannabis à des milliers de résidents de San Francisco. La plupart des personnes à qui il vendait de la marijuana appartenaient à la communauté gay et s’automédicamentaient avec du cannabis afin de gérer les symptômes liés au virus.

En 1978, le superviseur de San Francisco, Harvey Milk, qui était le premier homme ouvertement gay à être élu à une fonction publique dans le pays, a contribué à faire passer une proposition qui encourageait les forces de l’ordre locales à cesser d’arrêter et de poursuivre les personnes qui cultivaient, distribuaient et possédaient du cannabis. Cette proposition est considérée comme la première loi de dépénalisation du cannabis adoptée aux Etats-Unis.

Aux urnes, citoyens

Dennis Perron a, lui, d’abord contribué à faire passer la proposition P de San Francisco en 1991, qui autorisait les médecins de la ville à recommander du cannabis à usage médical aux patients. Puis en 1992, avec l’aide de Mary Jane Rathbun, une bénévole de l’hôpital surnommée Brownie Mary parce qu’elle distribuait des brownies infusés au cannabis aux malades du SIDA, et d’autres militants, Peron a créé le San Francisco Cannabis Buyers Club, le premier dispensaire de cannabis médical de l’État.

L’appartement était décoré pour ressembler à un café et des dizaines de malades du sida étaient recrutés pour être filmés en train d’acheter du cannabis au club et en fumer lorsque les médias arrivaient.

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En 1996, Dennis Peron a aidé à lancer l’initiative pour la Proposition 215 (The Compassionate Use Act of 1996) qui était la première initiative permettant légalement aux patients et aux soignants de posséder et de cultiver du cannabis à des fins médicales. À cette époque, le Buyers Club de Peron opérait dans un bâtiment de 3 000 mètres carrés et comptait entre 8 000 et 10 000 clients par semaine. Le dispensaire s’est fait perquisitionner cette année-là, Peron a été arrêté par le gouvernement fédéral à cause du Buyers Club, mais l’initiative a quand même été adoptée avec 55,6 % des voix lors du référendum citoyen cette année-là.

La Proposition 215 débouchera finalement en 2016 sur une seconde initiative, la Proposition 634, qui finira par légaliser le cannabis en Californie et sera mise en place au 1er janvier 2018.

Un usage plus grand dans la communauté

Deux décennies plus tard, la consommation de cannabis au sein de la communauté LGBTQ+ est significativement plus élevée que chez les hétéros.

Ce n’est pas seulement dû au VIH/SIDA, mais aussi à la quantité d’autres troubles mentaux et physiques auxquels la communauté queer est confrontée à un taux plus élevé. Selon les données d’une enquête nationale de 2015 sur la consommation de drogues, les adultes appartenant à des minorités sexuelles sont deux fois plus susceptibles de consommer du cannabis que les adultes hétérosexuels.

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