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Qu’est-ce qu’un « joint électronique » ?

Joint électronique

Mettre un terme en Une d’un quotidien national suppose qu’on le maîtrise. Le Parisien nous a montré que non. Par soucis d’économie de mot ou de simplification, tout le monde a repris le terme de « joint électronique » pour parler des cigarettes électroniques contenant du e-liquide CBD. Il serait alors bon de savoir ce qu’est vraiment un « joint électronique ».

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Est-ce vraiment un joint ?

Rentrons dans le vif du sujet. Un joint est composé de tabac et de cannabis, le plus souvent sous forme de résine (le shit) ou d’herbe séchée (la fameuse weed, beuh et autre ganja…) contenant pour partie du THC.

Lorsqu’on sait cela, il est difficile de comprendre le parallèle fait avec un e-liquide contenant du CBD. Ni le mode d’administration (pas de combustion pour la cigarette électronique), ni le produit, ni les effets ne sont comparables. On voit bien le parallèle avec le cannabis, mais à ce titre-là, des pulls sont aussi faits en chanvre, des routes, des isolants, des parties de la Bugatti Veyron… Faudra-t-il alors parler de joint automobile, joint isolant, joint vestimentaire ?

Existe-t-il des joints électroniques ?

Au risque de se payer une nouvelle Une du Parisien avec des produits qu’ils ne connaissent pas, oui, on pourrait considérer que des joints électroniques existent. On précisera ici que ce terme n’existe pas dans la langue de Shakespeare, premier prescripteur en sémantique de la fume.

Ce n’est tout d’abord pas un E-njoint, dont l’image a été reprise pour illustrer de nombreux articles sur le CBD (la requête « joint électronique » ne retourne que leur visuel sur Google Images, ceci expliquant sans doute cela). Les E-njoint reprennent le visuel d’un joint conique, mais ne contiennent ni THC, ni CBD, ni cannabis tout court.

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Un e-njoint

Un e-njoint

Il existe en revanche des « vaporettes » et autres e-liquides chargés en THC, et du coup illégaux en France. C’est sans doute ce qui se rapprocherait le plus d’un joint électronique, avec des e-liquides ou des wax qui titrent à 50-60 et jusqu’à 90% de THC. Ces chiffres feront immédiatement peur aux médias français, mais relèvent en réalité d’une consommation très différente de nos joints bleu-blanc-rouge.

Pour l’exemple, les marques les plus connues sont sans doute le Pax Era et les FlavRx, disponibles uniquement pour les consommateurs se trouvant dans un pays ou un Etat américain où le cannabis est légal.

On pourrait également penser aux vaporisateurs, pour concentrés ou herbes séchées, mais leur nom existe déjà 🙂

Comment parler du e-liquide CBD ?

Pourquoi ne pas utiliser le terme de e-cigarette CBD pour désigner les cigarettes électroniques avec e-liquide CBD ? Aussi simple et désigne ce qu’elle est effectivement.

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A bon entendeur !

Aurélien a créé Newsweed en 2015. Particulièrement intéressé par les régulations internationales et les différents marchés du cannabis, il a également une connaissance extensive de la plante et de ses utilisations.

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Ludovic Mendes : « Un assouplissement du cadre réglementaire du CBD doit être bénéfique à tous »

Ludovic Mendes et CBD

Ludovic Mendes est député La République En Marche. Il travaille aujourd’hui notamment sur les sujets du cannabidiol (CBD) et sur la reconnaissance de la possibilité d’une filière chanvre dédiée au bien-être. A l’occasion d’une de ses récentes vidéos, nous lui avons posé quelques questions.

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Bonjour Ludovic. Tu as diffusé il y a peu une vidéo sur tes réseaux sociaux où tu visitais un CBD shop. Qu’y as-tu vu ?

Tout le monde a en mémoire l’ouverture massive de CBD Shop à l’été 2018 puis la fermeture rapide de la majorité d’entre eux dans les mois qui ont suivis. Depuis plusieurs mois maintenant je travaille depuis l’Assemblée Nationale pour obtenir un cadre juridique clair et stable pour la filière CBD / Bien-être. A ce titre je m’attache à rencontrer le maximum d’acteurs de cet écosystème. Il était donc logique d’aller à la rencontre d’un gérant de CBD Shop Messin mais également de sa clientèle. Rentrer dans un CBD Shop c’est aussi, pour beaucoup de gens, découvrir la multitude de produits qu’on peut obtenir avec du chanvre : des produits alimentaires, des cosmétiques, des e-liquides, des huiles et même des confiseries !

Qu’est-ce qui te pousse à travailler spécifiquement sur le sujet du CBD et du chanvre bien-être ?

C’est avant tout une question de liberté individuelle et de liberté d’entreprendre dont il s’agit. Le chanvre est utilisé en France comme dans le monde depuis des siècles pour des usages très variés. La France est leader européen de la culture du chanvre, peu de gens le savent. Pourtant si nous n’adaptons pas notre cadre législatif afin d’y intégrer les nouveaux usages du chanvre, dont le CBD, nous serons dépassés par des pays comme le Canada qui avancent très rapidement en la matière et dont les filières se développent très vite. J’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs du secteur qui sont aujourd’hui contraints de s’expatrier pour pouvoir exercer leur activité alors même que le CBD est légal en France…

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As-tu des personnes dans ton entourage qui en utilisent ?

En effet. Je connais beaucoup de personnes qui utilisent des produits au chanvre CBD et ce pour des usages beaucoup plus variés qu’on ne le pense. Un ami qui souffre de problèmes de foie utilise par exemple l’huile de chanvre dans son alimentation car c’est une des rares protéines qu’il supporte bien. D’autres utilisent de l’huile et des infusions CBD pour leur effets relaxant et anti-stress. Je suis moi-même utilisateur de E-liquide au CBD pour ma cigarette électronique, c’est un substitut très intéressant à la nicotine !

Tu es signataire d’une demande d’une mission d’information sur le sujet. La mission d’information a-t-elle été acceptée ? Sur quoi peut-elle déboucher ?

Le principe de cette Mission d’Information a été accepté. Il nous reste maintenant à la mettre sur pied et à l’intégrer dans le calendrier déjà très dense de l’Assemblée Nationale. Cette Mission d’Information doit nous permettre d’auditionner un maximum d’acteurs de la filière CBD (producteurs, extracteurs, retail) mais surtout d’informer nos collègues sur les enjeux. Il y a beaucoup de pédagogie à faire sur cette question. Cela vaut pour l’opinion publique comme pour la classe politique. Il faut par exemple continuellement rappeler que le chanvre bien-être ne comprend que des produits dont la teneur en THC est inférieure à 0.2%. Le chanvre souffre d’une image dégradée en France, souvent caricaturale. Il faut sans relâche expliquer et démontrer que les usages du chanvre sont très variés et bien souvent vertueux. Il faut combattre les clichés qui font que beaucoup de gens pensent trafic et toxicomanie quand on parle de cannabis.

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Les entrepreneurs français font aujourd’hui face à beaucoup de réticences réglementaires. Les pays alentours ont moins de difficulté à travailler sur le sujet et leurs produits sont vendus en magasin en France et sur Internet, voire en livraison à domicile. Quel message leur adresser ?

Je veux leur dire qu’un certain nombre de députés ont conscience de cette réalité. L’Assemblée Nationale n’est pas un bunker hermétique à la vie du pays. La situation de nombreux entrepreneurs du secteur CBD est compliqué. Certains sont même poursuivis en justice pour de motifs parfois incompréhensibles. En France le cannabidiol est légal et sa vente est autorisée. Pourtant l’utilisation de la fleur de chanvre, qui contient l’essentiel du CBD, demeure interdite. Il est autorisé de produire du CBD de synthèse et de le commercialiser mais pas d’utiliser la molécule extraite de la fleur naturelle. C’est comme si l’utilisation et la commercialisation de la gousse de vanille était interdite mais qu’on pouvait continuer à produire et à vendre de la vanilline de synthèse.

La France est le troisième producteur mondial de chanvre, uniquement sur des utilisations industrielles. Les Etats-Unis ont légalisé le chanvre, CBD inclus, en début d’année et la Chine met les bouchées doubles sur la même production. N’y-a-t’il pas un risque que la France perde cette filière de compétitivité ?

Bien entendu ! Nous prenons du retard vis-à-vis de nombreux pays. C’est vrai pour le Canada ou la Chine mais également pour nos plus proches voisins européens comme le Luxembourg, la Belgique ou l’Italie. Le plus rageant est de constater que la législation européenne autorise l’utilisation complète de la fleur de chanvre… Il y a en France de grands savoir-faire en matière de culture du chanvre mais aussi d’extraction. Nous observons depuis plusieurs années une demande grandissante des consommateurs pour les produits issus de l’herboristerie. Ce mouvement témoigne d’une volonté de consommation plus responsable et de la redécouverte des vertus de certaines plantes que nous avions délaissées. Le chanvre n’échappe pas à cette tendance mais le cadre législatif actuel ne permet pas un développement convenable de cette filière.

Les variétés catalogue de chanvre permettent une production consistante mais faible de CBD au vu des profils d’autres variétés. Te semble-t-il possible d’ouvrir ces variétés pour de la production en intérieur, comme c’est le cas en Suisse par exemple ?

C’est en effet une question qui devra être abordée. Si des variétés offrent un meilleur taux de CBD tout en garantissant le respect des normes de concentration en THC il serait absurde de ne pas envisager leur inclusion au catalogue des variétés autorisées à la culture.

Dans un deuxième temps il faudra peut-être également envisager de rehausser le seuil maximum de THC autorisé. Le parlement européen a récemment envisager de passer à 0.3%, c’est un bon début et les efforts doivent se poursuivre pour atteindre à terme un taux autour de 1%.

La Creuse a déjà commencé à mener des expériences sur du chanvre en intérieur. Appuierais-tu de telles expériences en Moselle ?

La Creuse fait aujourd’hui figure de département avant-gardiste sur cette question en grande partie grâce au travail de mon collègue Jean Baptiste Moreau et d’Eric Correia le président du Grand Guéret. Je serai évidemment très favorable à ce que le département de Moselle soit au rendez-vous de la culture du chanvre. Plus globalement nous devons penser la question de manière globale et ne négliger aucun acteur de la filière. Un assouplissement du cadre réglementaire CBD doit demain être bénéfique à tout le monde, du producteur au distributeur. J’aimerais que cette avancée serve les intérêts des agriculteurs et des entrepreneurs français plutôt que de constater l’augmentation de la consommation de produits quasi exclusivement importés de l’étranger.

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