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Canada : le cannabis légal 80% plus cher que celui du marché noir

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8 mois après la légalisation du cannabis au Canada, les écarts de prix se creusent toujours entre le cannabis légal et le marché noir. Les coûts imposés aux producteurs légaux (licences de production et de conditionnement, personnels, locaux…), se reflètent dans le prix de vente pour les consommateurs. Ces derniers continuent donc de se procurer du cannabis auprès de leur plus fidèle source d’approvisionnement, les dealers.

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Aujourd’hui au Canada, un gramme coûte en moyenne 10.65$ contre 5.93$ sur le marché noir. David Clément, militant dans une association de défenseurs des consommateurs, explique : “les taxes et les redevances créent des prix élevés, puis un manque de concurrence empêche ces prix de baisser lentement. Il faut un demi-milliard [sur cinq ans] pour appliquer les règles et les règlements de la loi sur le cannabis. Par conséquent, pour générer des revenus, ils ont mis en place des redevances et des licences pour les producteurs autorisés”.

Un gramme acheté légalement dans le commerce coûte donc en moyenne 80% plus cher qu’un gramme obtenu illégalement, ce qui explique que le marché noir capte encore 71% de la demande en 2019, même si ce chiffre devrait néanmoins baisser à 37% en 2020.

Ainsi, parmi les raisons avancées pour ne pas acheter leur cannabis dans le commerce malgré la légalisation, les consommateurs indiquent que les prix sont prohibitifs. Jennifer McLeod Macey, vice-présidente chez Ipsos indiquait déjà l’année dernière, concernant la consommation et les modes de procuration du cannabis qu’il ne fallait “vraiment pas s’attendre à des changements après le 17 octobre”.  Elle précise également qu'”un Canadien sur cinq consommait du cannabis alors qu’il était illégal. Ils ne s’inquiétaient donc pas beaucoup de la légalité”.

Les bilans fiscaux liés au commerce du cannabis sont donc loin d’être aussi bons qu’escompté. Même si certaines provinces comme l’Alberta ont annoncé des gains importants et en hausse par rapport à leurs prévisions, ce n’est pas le cas sur tout le territoire canadien. La Colombie Britannique et l’Ontario ont notamment dû revoir leurs estimations à la baisse de plusieurs dizaines de millions de dollars.

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